Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

29 mai 2020

La mort de George Floyd, ou quand tuer sous le sceau de la légalité est un plaisir

                             La mort de George Floyd

    ou quand tuer sous le sceau de la légalité est un plaisir

A Alain Mambackou

          Depuis le lundi 25 mai 2020, en France comme partout en Europe - et partout où les Blancs sont majoritaires - aucun journaliste, aucun intellectuel, aucun homme politique n’ose prendre sa plume pour se poser cette question : comment expliquer qu’un homme chargé de l’autorité publique – un policier – soit capable de tuer avec un évident plaisir un autre homme en l’asphyxiant sur la voie publique tout en toisant les cameras qui le filment ?

          Aucun journaliste ou intellectuel blanc ne fera sur cette terre ce travail de réflexion pour la simple raison que la victime est un Noir et le bourreau un Blanc. En France comme dans tous les pays majoritairement blancs, il s’agit d’un fait divers qu’on se racontera entre le fromage et le café ou en mordant à pleine dent dans son hamburger acheté chez Macdo. Il est loin, très loin le temps où d’audacieux blancs mettaient leur notoriété littéraire ou artistique au service d’une cause humaine n’ayant pas la couleur blanche.

A Alain Mambanckou 3

          Et pourtant, il suffit de regarder le film de la mort de l’Américain George Floyd pour ne pas croire à un fait divers ; une expression qui passe dans le langage populaire pour un malheureux accident. Non ! Voir cet homme noir, qu’on imagine aisément d’une stature impressionnante, couché sur le ventre - et donc la face contre terre – les mains menottées dans le dos, fermement maintenu immobile par la force d’un policier pendant que son coéquipier - les mains dans les poches pour prouver la magnificence de sa méthode - l’asphyxie par la force de pression de son genoux et du poids de son corps, est une scène absolument sidérante. Tout un art que le policier blanc qui opérait la mise à mort a tenu à prouver en regardant les cameras qui le filmaient. Il a même un moment sorti les mains de sa poche pour montrer qu’il ne s’en servait pas. Effectivement, au bout de trois ou quatre minutes, il est parvenu à ôter la vie à ce grand nègre sans se servir de ses mains. Quelle prouesse admirable ! Le troisième policier – d’origine asiatique - qui écartait les quelques rares passants qui les approchaient de trop près, était tout à fait admiratif ! Pendant de longues minutes, on voyait qu’il se demandait si son collègue allait y arriver. De toute évidence, au regard de leur impassibilité, de leur tranquillité à agir, ces trois policiers n’étaient pas à leur premier crime par cette méthode d’étouffement. Le corps noir est assurément un jouet pour les policiers dans certains pays.

          Le Site de la radio RTL est absolument ignoble d’employer l’expression «bavure policière» pour qualifier la mise à mort avec délectation que montrent les cameras que fixait le bourreau. Que faut-il à un Blanc pour qualifier de crime la mort d’un Noir qu’on étrangle alors qu’il n’a aucune possibilité de se défendre ? Il suffisait peut-être que la victime soit tout simplement Blanche. George Floyd n’a pas eu cette chance-là. Le jour où, dans un pays majoritairement noir, le corps des Blancs deviendra un jouet entre les mains des policiers, nous verrons bien si les Blancs continueront à se murer dans le silence comme ils le font actuellement.

Raphaël ADJOBI

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28 mai 2020

La ronde des ombres (Philippe N. Ngalla)

                           La ronde des ombres

                                         (Philippe N. Ngalla)

Numérisation_20200528

        Ce premier roman de Philippe Ngalla nous dévoile une société congolaise où les pratiques fétichistes sont intimement liées à celles de la politique. On écarquille les yeux en découvrant de hauts dignitaires plus rompus aux incantations apprises auprès des féticheurs qu’à discourir sur le bien-fondé de la mise en oeuvre d’un projet social galvanisant. 

          Dans ce livre, tous les bureaucrates qui veulent faire carrière dans la politique ont la même qualité : doués du talent d’un épicier, ils sont calculateurs. Leur grand plaisir : faire tomber les adversaires, corrompre pour traîner derrière eux des suiveurs. Ce qu’ils devront faire une fois parvenus au pouvoir n’a aucune importance. Tout le plaisir est le fait de se sentir victorieux. On comprend donc que les fétiches prennent plus de place dans leur vie que les outils économiques, sociaux et culturels à faire valoir. C’est vrai que dans le premier cas, on n’a pas besoin de l’adhésion des populations ; alors que dans le second cas, on est obligé de composer avec elles. Malheureusement pour le président Sylvestre, cette confiance aveugle placée dans les fétiches aboutit à un cauchemar qu’il tentera vainement de comprendre.

          Le fait qu’un individu en proie aux effets négatifs du fétichisme soit l’unique sujet du livre le rend à la fois déroutant et quelque peu monotone, malgré quelques analyses lumineuses. Mais ce qui rend un peu difficile la progression dans la lecture de ce roman, c’est le niveau de langue de l’auteur. En effet, le style trop recherché vous oblige souvent à vous demander ce qui est important à ses yeux : le style – aux nuances multiples et au subjonctif imparfait toujours présent - ou le récit que l’attention finit par perdre régulièrement de vue ? Ce premier roman montre tout de même que Philippe Ngalla est un bon conteur parce qu’il maîtrise l’art de vous tenir en haleine.

Raphaël ADJOBI

Titre : La ronde des ombres, 199 pages.
Auteur : Philippe N. Ngalla
Editeur : Le Lys Bleu

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08 mai 2020

Commémoration de l'abolition de l'esclavage 2020 (Raphaël ADJOBI)

172e anniversaire de l’abolition de l’esclavage

                           10 mai 2020

Commémoration 2020 Raph 001

Cher(e)s adhérentes et adhérents de la France noire

Chers ami(e)s,

          Le respect des mesures sanitaires prises par notre pays explique cette année l’absence d’appel à se retrouver fraternellement dans un même lieu pour commémorer le 172e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Cependant, conscients de l’importance du devoir de ne pas oublier les moments terribles de notre histoire, les membres du bureau de La France noire voudraient honorer avec vous – par le biais de cette vidéo – la mémoire de tous les captifs africains qui, déportés dans les Amériques, sont morts en participant en tant qu’esclaves au développement et au rayonnement du royaume de France puis de la République, et surtout la mémoire de tous ceux qui sont morts dans la quête de la liberté, et donc pour l’abolition de l’esclavage.

          Mais n’oublions jamais que nous honorons également la mémoire de tous les Africains morts durant les siècles de la traite parce que la France – comme les autres puissances d’alors - voulait absolument satisfaire sa volonté et son besoin de s’enrichir en développant ses colonies américaines. Il s’agit de la mémoire de tous les Africains qui sont morts sur les lieux de capture, celle de ceux morts en captivité dans les comptoirs européens du golfe de Guinée, la mémoire de tous ceux qui se sont suicidés pour échapper à la déportation, qui sont morts sur les navires par maltraitance ou par manque de soin, la mémoire de tous ceux qui, à partir de 1807, ont été jetés collectivement à la mer par les négriers qui ne voulaient pas voir leur navire arraisonné et confisqué par l’Angleterre ; l’Angleterre qui avait commencé à faire la police sur l’Atlantique. Oui, à partir du début du XIXe siècle, par groupe de 200 à 500 personnes, des milliers d’Africains ont été engloutis vivants dans l’océan pour le prix d’un navire négrier qu’il fallait sauver !

          Ce moment de partage d’une mémoire commune est aussi l’occasion de ne pas oublier notre jeunesse et l’enseignement qu’elle reçoit sur ce chapitre. Il est important de veiller à la justesse de l’héritage de l’histoire de la traite et de l’esclavage dans les manuels scolaires. Il convient de se montrer vigilant quant aux nombreuses questions et analyses insidieuses tendant à favoriser les interprétations fantaisistes – pour ne pas dire fallacieuses ; des interprétations qui n’ont pour seul but que de dégager les Européens de la responsabilité de la traite et en même temps de vider la commémoration de l’abolition de l’esclavage de son sens fondamental qui est le crime contre l’humanité. Nous ne devons jamais perdre de vue que l’histoire de France nous enseigne que quand une puissance étrangère s’implante sur une terre qui n’est pas la sienne pour procéder à la déportation des populations sur une autre terre étrangère afin que s’accomplisse son projet final personnel, cette puissance est la principale responsable du crime ; même si, dans son entreprise, elle a bénéficié d’une collaboration locale. En d’autres termes, ce sont les Européens qui portaient le projet initial - le développement de l’Amérique - avec une finalité claire – l’enrichissement de leur royaume - qui sont indubitablement les principaux responsables de l’entreprise dont les conséquences sont qualifiées de crime contre l’humanité, et non leurs «collabos» africains. Et c’est ce qui doit être retenu, parce que c’est ce que notre pays a reconnu par la loi dite Taubira de 2001 !

          Notre association, La France noire, saisit aussi l’occasion pour rendre hommage à tous les Français blancs de bonne volonté qui, hier comme aujourd’hui, dans la tradition humaniste de leurs aïeux, tels Olympe de Gouges et l’abbé Grégoire, ont toujours marché aux côtés de leurs frères Noirs pour mener le combat de la reconnaissance de leur dignité humaine ainsi que celui de la reconnaissance de l’héritage africain de la France. C’est ensemble, cher(e)s ami(e)s, que nous construirons la fraternité républicaine, le troisième pilier de notre devise nationale.

Le discours en vidéo : www.lafrancenoire.com

Raphaël ADJOBI

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29 avril 2020

L'audace de Madagascar contre le coronavirus révèle l'incurie des gouvernants africains (Raphaël ADJOBI)

   L’audace de Madagascar contre le coronavirus

       révèle l’incurie des gouvernants africains

   et le chemin restant à parcourir vers l’indépendance                      

Jérôme Munyangi 3

          Le monde retiendra qu’en avril 2020, à la faveur de la pandémie du coronavirus, le président de la République de Madagascar a pris officiellement la décision de s’affranchir des règles contraignantes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en mettant sur le marché local une tisane à base de l’artemisia – une herbe dont le pays est le premier producteur mondial - pour lutter contre ce fléau qui menace son pays. Cette volonté du dirigeant malgache d’agir sans attendre le fameux vaccin promis par les officines européennes a fait l’effet d’une bombe sur le continent et dans la diaspora africaine. En effet, depuis 60 ans, c’est la troisième fois – après Sékou Touré et Laurent Gbagbo - qu’un gouvernant africain francophone, décide de ne pas tenir compte des injonctions venues de l’Europe, brisant ainsi la traditionnelle «relation nord-Sud» ; relation dans laquelle le Nord commande et le Sud obéit. Et cette fois, chose extraordinaire – parce que jamais survenue sur le continent – des dirigeants africains félicitent leur homologue rebelle et lui assurent publiquement leur soutien !

          Cette soudaine manifestation de solidarité de gouvernants africains avec l’un des leurs est en effet un événement absolument inédit dans l’histoire politique de l’Afrique ! Alors qu’ils ont fait preuve d’un mutisme total au moment de la destitution de Laurent Gbagbo par la France à coups de canon en avril 2011, il est heureux de constater que c’est individuellement que des présidents africains félicitent leur homologue qui désobéit à une institution internationale. Bien sûr, il n’y a pas cette fois de conflit institutionnel autour d’une place au sommet de l’État en jeu ; et par conséquent pas d’intérêt particulier de la France menacé. Mais cette ébauche d’une cohésion africaine face à l’unilatéralisme méprisant occidental habituel mérite d’être saluée. 

Médecin au Congo

          Toutefois, devant cette victoire de Madagascar acquise grâce à l’audace de son président, il convient de noter que ce fait révèle de manière notoire l’incurie des chefs d’État africains. Il suffit pour le prouver de rappeler la mémoire de ces nombreux médecins morts dans le silence ou l’indifférence absolue de leurs autorités trop peureuses face à l’arrogance de la France, des ONG européennes et autres organismes mondiaux comme l’ONU, la CPI et l’OMS. Le tort de ces médecins ? Vouloir tout simplement trouver une solution africaine aux maux africains, indépendamment des vaccins, des produits pharmaceutiques européens, chinois et indiens qui tuent plus qu’ils ne soignent ! Ainsi, le docteur Dieudonné Manenga, du Congo-RDC, qui proposait un remède à base de l’artemisia contre le paludisme, a été assassiné à son domicile le 16 septembre 2019. Toujours au Congo-RDC, le gynécologue Gildo Byamungu – compagnon de lutte du Docteur Denis Mukwege, prix Nobel pour son travail auprès des femmes violées - a été assassiné le 14 avril 2017 suite à de nombreuses menaces de mort. Au Gabon, le docteur Donatien Navoungou, inventeur d’une solution contre le sida et le cancer est retrouvé mort dans une chambre d’hôtel le 4 février 2020. Le docteur Debio – tradipraticien sénégalais – est mort pendant sa garde à vue le 8 septembre 2016. Quant au jeune chercheur Jérôme Munyangi – l’homme qui permet aujourd’hui à Madagascar de braver l’Organisation Mondiale de la santé - les autorités d’hier et d’aujourd’hui du Congo-RDC ne peuvent prétendre ignorer son combat contre les firmes pharmaceutiques européennes qui s’opposent violemment aux recherches sur l’artemisia et surtout l’usage de cette plante médicinale dans le traitement du paludisme ! Elles ne peuvent pas ignorer l’existence du documentaire attestant que pour ce combat le jeune médecin congolais a été empoisonné ! Comme le dit le docteur Jérôme Munyangi lui-même, «lorsque vous arrivez à être cité par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cela veut dire que vous avez touché à un point sensible de la santé mondiale». Et il ajoute : «Je suis le seul médecin noir sur qui une académie de savants et de prix Nobel a siégé pour interdire les recherches». Les autorités du Congo-RDC ne peuvent pas ignorer ce chapitre de son histoire ! Le docteur Jérôme Munyangi poursuit en ces termes : «J’ai proposé le protocole à la RDC, au ministre de la santé… Aucune réponse. Après, j’ai adressé le protocole au Conseil scientifique de la RDC… aucune réponse ; alors que dans les médias du pays on vantait les mérites de ce Conseil scientifique. Nous avons écrit au prix Nobel Docteur Denis Mukwege qui, trouvant nos travaux très intéressants, nous a renvoyés auprès du Conseil scientifique congolais. Il n’y a pas eu de suite favorable à ce contact». On croit rêver, n’est-ce pas ? Surtout quand on sait comment finit l’histoire.

                   Non seulement l’Afrique ne protège pas ses enfants

                     mais elle est incapable de reconnaître leur valeur

          Parce qu’il a créé un groupe de 450 chercheurs constituant le «Manifeste du Monde Médical Africain», le jeune médecin congolais est passé à la vitesse supérieure dans la recherche d’un champ d’application de son projet : «Je me suis alors adressé à mes collègues chercheurs pour contacter les autorités sanitaires des 5 pays suivants : la République Centrafricaine, le Burkina, le Ghana, Madagascar, le Rwanda. Nous les avons contactées avec le même courriel et le même protocole… et c’est Madagascar qui a mordu à l’hameçon !» Les choses sont donc bien claires : alors que les Européens ont des espions pour traquer les indésirables, les ennemis de leurs politiques, les pays africains ne disposent pas d’espions pour détecter ne serait-ce que les Noirs «désirables» qui leur permettraient d’accomplir leur indépendance ! Et même quand des talents singuliers leur sont signalés, ils prennent soin de les ignorer pour ne pas déplaire à leur maître blanc qui - grâce à ses armées placées partout sur le continent - veille sur eux afin qu’ils ne s’affranchissent pas de ses lois. On ne pouvait qu’avoir honte pour le président du Congo-RDC, en le voyant en vidéo-conférence féliciter le président malgache ! Il était presque risible. Apparemment, dans son pays, rien ne remonterait de ses populations jusqu’à lui ! Le pauvre homme ! En réalité, lui comme les autres dirigeants africains préfèrent continuer à jouir des miettes que leur accordent les puissances étrangères plutôt que de se lancer dans l’aventure pour se forger leur propre avenir. Or, tout humain qui construit sa vie ou celle de sa nation sur cette base craintive fait preuve d’une absence totale de dignité. Ce qui explique d’ailleurs le peu de considération que les autorités européennes accordent à leurs homologues africains.

          Concluons par cette observation faite par l’Historienne suisse Aline Helg (Plus jamais esclaves ! Édit. La découverte, 2016) à propos des rébellions des esclaves noirs dans les Amériques entre le XVIe et le XIXe siècle. Elle a remarqué que presque toutes les révoltes collectives d’envergure des esclaves noirs se produisaient au moment où il y avait des rapports conflictuels dans les sociétés coloniales ou entre les différents royaumes européens dont dépendaient les colonies. C’est ainsi que profitant des oppositions nées en France entre royalistes et révolutionnaires en 1789, «en août 1791, pour la première fois dans les Amériques, des milliers d’esclaves […] réalisèrent en quelques semaines une partie du scénario tant redouté par les élites depuis le XVIe siècle : la destruction des lieux de travail ainsi que le massacre des colons [à] Saint-Domingue». Evénement qui va pousser la France à abolir l’esclavage une première fois en 1794. Treize ans plus tard, ce scénario avait abouti et avait permis la fondation de Haïti, la première république noire du monde. Cette expérience montre qu’il faut savoir profiter des occasions où le maître laisse apparaître des signes de faiblesse pour s’affranchir du joug de l’esclavage. Aujourd’hui, au moment où les Européens ont fermé leurs frontières et sont occupés à compter leurs morts, il faut savoir faire preuve d’audace. D’ailleurs Aline Helg fait remarquer aussi que les colons des Amériques refusaient d’acheter aux négriers des captifs africains issus de certaines contrées d’Afrique parce qu’ils étaient d’une «insolence incontrôlée». Oui, le Blanc n’a peur que de l’insoumis à qui il finit toujours par accorder de la considération. Mais l’insoumis a besoin de la solidarité des siens.

Raphaël ADJOBI

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25 avril 2020

Humour nègre autour du Coronavirus (Raphaël ADJOBI)

           Humour nègre autour du coronavirus 

Humour nègre 2

La belle trouvaille africaine : En cette année 2020, durant cette longue période de confinement - pour cause de pandémie due au coronavirus - un chercheur malien et son confrère égyptien ont affirmé avoir une piste sérieuse menant à un vaccin contre le racisme. Aux dires du site legorafi.fr, les deux scientifiques ont échangé en direct sur leurs recherches à la télévision malienne et ont évoqué l’Europe comme terrain d’essai de leur traitement contre ce fléau sévissant sur la même aire géographique que le coronavirus. Un large échantillon des supporteurs italiens du football, des intellectuels et des politiques français originaires des pays de l’Est européen et de la méditerranée les intéresseraient beaucoup dans leur travail. Le site Internet précise aussi que «face au début de polémique [suscité par leur champ d’expérimentation], les deux chercheurs ont présenté leurs excuses sur les réseaux sociaux, se dédouanant ainsi de tout racisme en prétextant avoir de nombreux amis blancs».

Le Cameroun fait mieux que Madagascar : Toute l’Afrique a les yeux fixés sur l’insolente Madagascar qui préfère se soigner traditionnellement plutôt que de compter sur la science du gourou des Blancs communément appelé «OMS-de-Bill-et-Melinda-Gates», alors que le miracle nous vient du Cameroun. Le Cameroun, le grand espoir de l’Afrique ! Là-bas, le docteur La Légende et son équipe ont découvert, sur la fesse gauche des poules élevées sous les tropiques, une enzyme qui réagit au virus du coronavirus. Mais, n’étant pas certains des effets secondaires de leur vaccin, le docteur La Légende et son équipe préconisent des essais en Europe où la majorité de la population a la même chair que la poule. A l’heure où nous publions cet article, l’équipe de chercheurs camerounais n’a toujours pas reçu de suite de sa demande auprès des autorités de l’Union européenne ni auprès de l’ONG «OMS-de-Bill-et-Melinda-Gates».

La Côte d’Ivoire, championne d’Afrique de bouffe-la-Merde ? S’il y a un seul pays où les administratifs des douanes ne font pas la différence entre la crotte de chien et le riz ou les boules de mazout qui polluent les plages du golfe de Guinée, c’est la Côte d’Ivoire. Il y a un peu plus d’une décennie, un haut fonctionnaire de la douane a réceptionné des tonnes de déchets toxiques d’un navire en errance sur l’Atlantique. Fier de sa trouvaille, le haut fonctionnaire - qui vit toujours confortablement dans sa belle villa d’Abidjan - a nourri les communes d’Anono et de Bingerville de la merde des chiottes des Blancs qu’il a prise pour une nourriture des dieux. Il a fallu des mois pour désintoxiquer les populations.

En 2019, informé de la présence sur l’Atlantique d’un navire transportant du riz qu’aucun pays africain ne voulait recevoir, un autre haut fonctionnaire des douanes s’écria : «c’est ce qu’il faut à un pays comme le mien». Dénoncés par un jeune activiste qui pense plus à la santé de ses compatriotes qu’à son bonheur personnel, les tonnes de riz toxique furent brûlés. Mais le véreux fonctionnaire eut le temps de vendre 400 tonnes de cette affreuse marchandise sans jamais rien craindre : les morts seront comptabilisés dans le registre de ceux qui ont quitté cette vie à cause du coronavirus.

En avril 2020 : L’OMS-de-Bill-et-Melinda-Gates propose aux Africains des tests du coronavirus aux Africains alors que la France court un peu partout pour bénéficier de cette faveur. Les pays Africains voyant ses gesticulations disent à l’organisme cité plus haut qu’il serait tout de même plus humain que la France et l’Italie, en grande difficulté sanitaire, bénéficient de cet avantage. Eh bien, vous savez quoi ? Seule la Côte d’Ivoire s’est érigée contre cette proposition qu’elle a estimée injuste. Le pays de l’ami de Macron et de Sarkozy doit être servi avant tout le monde ! Le ministère de la santé reçut donc les équipements des tests et entreprit de l’installer dans le quartier populaire d’Abidjan, généralement favorable aux adversaires du pouvoir en place. Surprise : les jeunes détruisirent l’installation. Depuis, on n’a aucune nouvelle de l’OMS-de-Bill-et-Melinda-Gates dans ce pays. Il serait tout de même bon que les jeunes surveillent les hôpitaux où, aux dires de certains, on vaccine tous les nouveau-nés sans savoir de quoi. Mais çà, ça ne nous regarde peut-être pas ! Nous en parlons mais c’est aux Ivoiriens de voir. Nous leur présentons d’avance toutes nos excuses pour en avoir parlé. 

Raphaël ADJOBI

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19 avril 2020

Pourquoi la France de demain sera comme celle d'avant le confinement (Raphaël ADJOBI)

    Pourquoi la France de demain sera comme celle d’avant

                                   le confinement

Demain ne changera pas

          «Rien ne sera comme avant», entend-on dire çà et là ; ou encore, «il y aura un avant et un après le covid-19». A ceux à qui il est arrivé – durant cette période de confinement - de formuler à haute voix l’une ou l’autre de ces deux expressions ou même de les avoir pensées, nous disons ceci : ne confondons pas le travail d’introspection ou de réflexion relatif à notre vie, qui dépend de chacun de nous, et nos rêves d’une société meilleure qui dépendent de ceux qui nous gouvernent. Dans les deux cas, afin que ce qui est désiré ou souhaité ait de fortes chances de se réaliser, il faut commencer par changer notre manière d’agir. En d’autres termes, il faut absolument - individuellement ou collectivement - mettre en œuvre des actions différentes ou intensifier celles que nous menions déjà et que nous estimons convenir à notre objectif.

          Pour ce qui est précisément de l’attente d’une société meilleure, nous sommes certains qu’il n’y aura pas, en France, un «avant» et un «après» le coronavirus. Tout a été préparé pour que tout le monde rentre dans les rangs et que la vie reprenne comme avant. D’ailleurs, à écouter les différentes familles, c’est le retour à la normalité qui domine. Le reste relève du rêve dont peu de personnes sont prêtes à prendre la responsabilité de sa réalisation.

            Tout sera dans la manière dont fonctionnera le pouvoir 

          A la mi-mars, c’est de manière tout à fait verticale que la parole du président de la république nous a contraints au confinement. Et c’est encore de la même manière verticale que le lundi 12 avril cette parole nous a annoncé la progressive reprise de nos activités à partir du lundi 11 mai. Nous savons que dans les traditions mythologiques et chrétienne de l’Europe, c’est à l’homme - par opposition à la femme - qu’appartient le verbe, le logos, le commandement, «le goût vertical de la transcendance, de l’universel» (Olivia Gazalé – Le mythe de la virilité, éd. Robert Laffont, 2017). Malheureusement, les pouvoirs politiques européens sont calqués sur cette verticalité que la France nous inflige de manière singulière – grâce à la Ve République - à longueur de décennies malgré nos protestations : le sommet commande, la base obéit. Ainsi, il n’y a jamais eu de débat entre les représentants des populations et les gouvernants avant l’annonce du confinement et celle de sa sortie progressive.

          A la suite du président de la République, le ministre de l’Education nationale a annoncé au public les mesures ou les dispositions qui seront mises en place pour l’organisation du travail des enseignants et des élèves : petits groupes (?), masques (?) … Disons tout de suite que pour ce qui concerne la réalité des acteurs du terrain – les professeurs – le ministre n’a aucune maîtrise de leurs compétences et de leur inventivité dans les circonstances aussi exceptionnelles que l’entrée et la sortie progressive d’un confinement. A l’annonce du confinement, ce fut la débrouille pour les enseignants, les élèves et les parents. Le ministre avait affirmé avec assurance que les enseignements se feraient à distance via les ordinateurs, sans s’être assuré que toutes les familles de France disposaient de cet outil et le maîtrisaient ni même qu’elles n’avaient pas toutes la capacité de suivre le travail de leur progéniture. Quant au chiffre du nombre d’élèves qui ont pu suivre régulièrement et totalement, partiellement ou pas du tout l’enseignement de leurs professeurs, les données du ministre n’ont absolument rien à voir avec la réalité. C’est même une honte de l’entendre parler de ce qu’il n’a jamais maîtrisé. L’insondable inégalité de traitement que notre système éducatif inflige aux populations est désormais claire et incontestable ! Il est certain que la sortie progressive du confinement se fera aussi dans la débrouille, mais sûrement de façon encore plus douloureuse parce qu’elle étale déjà de manière très éclatante le manque de concertation entre la base et le sommet de la pyramide du pouvoir vertical. Les modalités de cette reprise qui arrivent à compte-goûte sur les ondes par la voix des différents intervenants dont les enseignants ignorent totalement les compétences et les pouvoirs administratifs ne cessent d’alimenter leurs questionnements. Dans tous les cas, les professeurs sont les vrais maîtres de notre enseignement. Les autres ne sont que des administratifs prétentieux.

                   La Ve République : une caricature de la démocratie

Reprise de la normalité 3

          A vrai dire, ce qu’il faut à la France pour sortir de ce mensonge entre le sommet qui croit avoir la maîtrise de toute chose et la base qui court dans tous les sens en interprétant l’écho de la parole verticale qui lui parvient, c’est un rapprochement pour un vrai partage des connaissances et une analyse précise de la réalité du terrain. Avant de donner une parole publique, le ministre doit avoir travaillé avec les enseignants afin d’avoir une idée de ce qui est envisageable. Malheureusement, avant l’annonce du confinement et de la progressive reprise, le ministre de l’Education nationale n’a visiblement pas eu l’idée de travailler avec les enseignants pour proposer des modalités de travail à peu près convenables.

          Cela revient à dire que tant que nos autorités n’auront pas compris qu’elles doivent changer leur méthode de nous diriger, notre société demeurera dans les difficultés qui nous font souffrir et nous poussent à gémir et à descendre dans les rues. Elles n’ont toujours pas compris que nous en avons assez de les voir se comporter comme des bergers et nous traiter comme des moutons dont les mouvements doivent suivre ceux de leur houlette ; des moutons évidemment jugés incapables de penser et d’agir par eux-mêmes. Il faudra sûrement que – dans notre très grande majorité – nous montrions enfin à nos autorités que nous n’avons pas besoin de bergers savants et que nos savoirs sont suffisants pour nous permettre de nous conduire de manière collégiale. Si nous voulons que notre société change, nous devons cesser de moutonner et le faire clairement savoir. Aujourd’hui, le fonctionnement de la Ve république apparaît clairement comme une caricature de la démocratie parce qu’elle repose sur les mouvements de lèvres d’un seul homme : le président de la république ou chacun de ses ministres.

Raphaël ADJOBI

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