Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

31 mars 2011

Laurent Gbagbo perd la Côte d'Ivoire

  Laurent Gbagbo perd la Côte d'Ivoire

 

J’ai rédigé l’article ci-dessous hier soir après vingt heures. J’étais alors loin de croire que ce que j’écrivais à propos de la conquête de l’ouest et la prise de San Pedro allait être le sujet d’actualité de ce jeudi 31 mars. France Inter a, en effet, annoncé ce matin la prise de San Pedro par les Rebelles. Je vous livre mon texte sans aucune modification.  

 

Election_en_C            Il était difficile de penser qu'en si peu de temps Laurent Gbagbo braderait le capital confiance que des millions d'Ivoiriens ont placé en lui en soutenant les institutions du pays contre les forces étrangères et leur missionnaire Alassane Ouattara. Fin politique, il s'est en quelques jours révélé un piètre combattant attendant l'ennemi terré dans son palais d'Abidjan.

 

            « Ils ont la montre, nous avons le temps », scandait Blé Goudé lors du dernier rassemblement des patriotes sur les bords de la lagune Ebrié à Abidjan les 27et 28 mars. En peu de temps, ce sont les partisans de Laurent Gbagbo qui ont commencé à regarder leur montre. Mais est-ce que cela vaut encore la peine ? N'est-ce pas du temps perdu ? Pire, n’est-il pas déjà trop tard ? Ce sont désormais les rebelles qui prennent bien leur temps. Tout est devenu si facile pour eux qu'ils n'y croient pas eux-mêmes. Alors ils se méfient.

 

            Laurent Gbagbo est en train de perdre le pouvoir et la confiance des Ivoiriens - une double perte donc - pour ne pas avoir eu l'intelligence militaire d'endiguer immédiatement les premières attaques des rebelles dans l'ouest du pays. C'est à croire qu'il n'y a toujours pas d'armée en Côte d'ivoire pour veiller au moins sur les limites de la zone loyaliste. Occupés à contrôler les combats de rue d'Abidjan, Laurent Gbagbo et ses soldats ont complètement oublié le reste de la Côte d'Ivoire libre.

 

            La stratégie des soldats d'Alassane Ouattara est simple : se faire convoyer par l'ONUCI vers les différentes villes de l'intérieur afin d'en prendre possession en surgissant comme par enchantement. Au milieu du mois de mars, c'est un convoi de l'ONUCI que les jeunes de Bonoua (à 60 km à l'Est d'Abidjan) ont empêché de pénétrer dans leur ville en se couchant sur la route nationale qui la traverse. Sans cette vigilance, l'ONUCI aurait laissé armes et rebelles dans un coin de la ville. Et un beau matin, ces derniers auraient surgi et déclaré la ville entre leurs mains.

 

            Si cette stratégie se poursuit, c'est parce que le pouvoir militaire a fait preuve de faiblesse en se montrant attentiste. Car au départ, les rebelles semblaient plutôt privilégier le combat à long terme. Aussi visaient-ils la prise de tout l'ouest du pays jusqu'au port de San Pedro afin d'avoir accès au deuxième port du pays dans le cas où les forces s'équilibreraient et où un nouveau cessez-le-feu mettrait fin aux combats. Imaginez donc les rebelles tenant le nord et l'ouest du pays. La portion restant à Laurent Gbagbo serait réduite à si peu de chose qu'il serait ridicule qu'il persistât à se maintenir au pouvoir au nom de la légitimité constitutionnelle. D'autre part, le vieux projet burkinabé d'avoir un accès à la mer serait accompli. Chasser Laurent Gbagbo du pouvoir serait même devenu chose inutile. A défaut d'avoir toute la Côte d'Ivoire, les Burkinabé et leur émissaire Alassane Dramane Ouattara auraient un port et plus de la moitié des ressources agricoles et minières du pays.

 

            Mais voilà que devant leur percée, seul le silence leur répond. Apparemment, aux armes des rebelles Laurent Gbagbo ne compte n'opposer que les prières et le patriotisme des sudistes qui l'ont sauvé du coup d'état français de 2004. Devant donc le silence, les rebelles semblent désormais avoir chosi la guérilla urbaine plutôt que la conquête de l'ouest ou peut-être les deux à la fois. En s'installant dans les villes, ils n'offrent plus un front unique aux armes des loyalistes. Cette technique rendra à ceux-ci la tâche difficile quand il faudra reprendre les villes occupées. Ou ils hésiteront à tuer les leurs pour déloger quelques rebelles ou ils attaqueront et le carnage sera si grand que prétextant l’aide humanitaire, les forces de l’ONU (ONUCI), celles de la France (Licorne) et celles de la CEDEAO interviendront pour remettre par la force le pouvoir à Alassane Ouattara.

 

Raphaël ADJOBI 

Posté par St_Ralph à 11:04 - Actualités ivoiro-françaises - Commentaires [4] - Permalien [#]

30 mars 2011

Mon premier Salon du livre

                           Mon premier Salon du livre

 

Salon_du_livre_            Ce sont des obligations professionnelles qui m'ont contraint à choisir le lundi 21 mars, dernier jour de l'exposition, pour me rendre au Salon du livre. C'était aussi le jour des professionnels. Malheureusement, j'ai très vite appris à mes dépens qu'un professeur de français n'est pas considéré comme un professionnel du livre. A vrai dire, ce n'était point là le sens de la formule. Il fallait comprendre  « journée des professionnels de l'édition ». Ouf ! Je n'étais pas loin d'être très vexé. J'ai donc attendu 13 heures pour accéder au salon comme tous les « non professionnels ».

 

            Le côté déplaisant de ce salon c'est qu'il avait quelque chose d'une foire aux puces avec les multiples cortèges des établissements primaires et collèges de Paris et de ses environs. Pendant que les plus petits avaient le nez dans les piles de livres à la recherche de je ne sais quel objet rare, - ce qu'on apprécie - les adolescents se pavanaient nonchalamment dans les allées ou s'installaient dans un coin pour déguster le sandwich qu'ils avaient pris soin d'emporter pour ne pas mourir de faim. On le sait bien, la lecture n'a jamais rempli le ventre. Que chaque adulte tire ses conclusions quant au profit qu'un tel public peut faire de cette visite. Il me semble que les bibliothèques suffisent aux besoins de la jeunesse d'un certain âge.

 

            Il y a cependant une chose qui retient agréablement l'attention dès que l'on pénètre dans l'enceinte du salon : c'est la magnificence des lieux, disons la beauté du décor. Tout invite à un moment de plaisir des yeux et fait naître en vous l'espoir d'une belle rencontre. Mais les stands des grands éditeurs tenus par de jeunes étudiantes ne sont guère engageants. En pareille occasion, le visiteur rêve d'approcher des spécialistes et non des intérimaires retenus pour se faire un peu d'argent de poche ou pour arrondir leur fin de mois.

Salon_du_livre_2_ 

            La belle découverte que je fis ce jour-là fut le stand du bassin du Congo. Un grand et beau stand agréablement décoré. Henri Lopes, qui fait aujourd'hui figure d'ancien, y tenait une conférence avec quelques éditeurs africains. Arrivé aux dernières minutes du débat avec le public, je me suis contenté de quelques images à défaut d'informations sur les éditions africaines et les jeunes écrivains. Une chose est sûre : les écrivains congolais ont honorablement gagné leurs galons de groupe littéraire dans le monde de la littérature. En d'autres termes, on peut aujourd'hui parler de littérature congolaise comme l'on parle de littérature française ou anglaise. C'est véritablement un univers géographique suffisamment riche en production littéraire pour qu'on la singularise dans ce que l'on nomme communément la littérature africaine. Ceux qui pensent à la nécessité d'un salon du livre sur les terres congolaises ont raison de souhaiter cette expérience qui serait un moyen d'ancrer les écrivains dans le milieu social qui est la source première de leur inspiration. Il faut éviter de faire de la littérature congolaise une littérature étrangère écrite et éditée à l'étranger pour le public européen et la diaspora africaine.Serge_diantantu_

 

            Après quelques photos donc, je quitte le stand du bassin du Congo. Et c'est à quelques pas de là que je vais trouver mon bonheur de lecteur de l'histoire des Noirs. Zut ! je n'ai pas retenu le nom du stand. Qu'importe ! Mon bonheur est total. Je fais là la connaissance de deux auteurs de bandes dessinées historiques : Serge Diantantu qui publie Mémoire de L'esclavage et Roland Monpierre qui consacre son dernier album à La légion Saint-Georges. Deux ouvrages édités par Caraïbéditions. J'échange longuement avec eux et obtiens deux dédicaces illustrées.

 

            La bande dessinée au service de l'histoire des Noirs ! Une belle idée qu'il faudra creuser davantage. Ce peut être une façon moins austère de mettre l'histoire des Noirs à la portée des adolescents et même des moins jeunes.Roland_Monpierre_

 

            Mon premier Salon du livre fut donc un moment bien agréable. L'après-midi que j'y ai passé m'a vite fait oublier ma longue et inutile attente du matin. Mon seul regret : avoir manqué le rendez-vous du samedi avec mes amis blogueurs. Si le Salon du livre est un moment de rencontre entre auteurs et lecteurs, c'est assurément un grand plaisir d'y rencontrer également ceux qui ont la même passion que nous : la lecture.

 

Raphaël ADJOBI

Posté par St_Ralph à 15:00 - Arts, culture et société - Commentaires [6] - Permalien [#]

20 mars 2011

Côte d'Ivoire postélectorale : l'U.A. n'est pas garçon !

                     Côte d'Ivoire postélectorale :

                          l'U.A n'est pas garçon !*

 

Union_Afric            En proposant comme solution à la crise postélectorale en Côte d'Ivoire le retour à la case "départ" avec un gouvernement d'union présidé par Alassane Dramane Ouattara, l'U.A vient non seulement de démontrer son manque de courage à prendre ses responsabilités vis à vis de l'Union Européenne mais aussi qu'elle persiste à contribuer à la déstabilisation de ce pays. Un acte à double conséquence que l'histoire ne manquera pas de rappeler à la conscience des Africains comme la preuve qu'ils sont leurs propres bourreaux.

 

            Certes, le rôle du panel des chefs d'Etats africains chargés de proposer une solution définitive à la crise était délicat à plus d'un titre. D'abord, à la suite de Sarkozy et d'Obama, ils ont plongé comme des moutons dans le précipice ouvert par les deux hommes. Ensuite, ils sont allés jusqu'à sonner la charge guerrière contre la Côte d'Ivoire avant que Sarkozy ne leur dise de recourir finalement au dialogue vainement proposé au départ par Laurent Gbagbo. Comment pouvaient-ils après cela se renier ? Enfin, dans la constitution du panel chargé de trouver le remède salvateur, il a manqué à l'U.A la sagesse de ne pas y inclure des hommes impliqués de près ou de loin dans la crise. Oui, il a manqué aux chefs d'Etats Africains cette intelligence qui leur aurait permis de prendre le risque de ne considérer que l'analyse des résultats des élections pour se prononcer comme des juges impartiaux. Au regard de tous ces manquements, comment ce panel pouvait-il avoir l'apparence d'un groupe de sages volant au secours d'un pays en grande difficulté, d'un pays frère ? Non, le panel n'avait pas la carrure du sage et était donc condamné à se fourvoyer.

 

            Malgré tous ces manquements, les cinq chefs d'Etat Africain chargés de proposer une solution définitive auraient pu réussir s'ils s'étaient fixé un objectif clair comme la recherche de la vérité sur les résultats du deuxième tour des élections. Oui, ils seraient sortis de l'impasse dans laquelle les a engagés leurs prises de position hasardeuses s'ils s'étaient limités uniquement à la consultation des documents pour dire qui des deux candidats a gagné, et si le Conseil Constitutionnel a favorisé ou non Laurent Gbagbo au détriment d'Alassane Ouattara. Au lieu de cela, ils ont cherché des remèdes sans avoir pris le temps de savoir où se situe le mal ou encore si le malade souffre d'une maladie imaginaire. S'ils s'étaient fixé pour objectif de juger le vrai du faux, ils auraient agi en sages et auraient reconnu avoir été trompés ou auraient confondu Laurent Gbagbo et le Conseil Constitutionnel. La terre entière aurait alors salué leur probité et leur impartialité et ils auraient par leur acte permis à l'Afrique de faire un grand pas vers l'indépendance morale et politique.

 

            Comme diraient les Ivoiriens, l'U.A n'est pas garçon ! Incapable de prendre ses responsabilités, elle a préféré renvoyer les Ivoiriens à la case "départ" avec un gouvernement d'union et un pays coupé en deux. Incapable de dire qui a gagné les élections avec les preuves à l'appui, elle remet la Côte d'Ivoire dans l'exacte situation dans laquelle elle se trouve depuis 2002. L’absence d’éléments électoraux clairs justifiant sa décision fait apparaître celle-ci comme la simple confirmation de sa position initiale. Rien de plus ! Adieu espoir ! Adieu paix ! Adieu la Côte d'Ivoire réunie ! Tout ça pour ça ! J'espère que l'U.A ne s'attend pas à ce que les Ivoiriens lui disent merci. On peut franchement se demander si les dirigeants africains se montreront un jour dignes de leurs populations qui attendent un peu plus d'audace de leur part. Question : sur quelle base se fonde l'U.A pour confier la présidence de la République à Alassane Ouattara plutôt qu'à Laurent Gbagbo ? Le premier fanfaronne en claironnant que le fait de lui confier la formation de ce gouvernement est la reconnaissance de sa victoire. Le pauvre ! S'il avait gagné, personne ne l'obligerait à former un gouvernement d'union. Se dire vainqueur et être obligé d'accepter de composer un gouvernement hétéroclite qui vous empêchera de travailler, c'est reconnaître qu'il n'y a pas eu d'élection présidentielle. Huit ans de cohabitation désastreuse, ça suffit !

 

                        Dernière solution : la guerre ?

 

            Au moment où certains cherchaient des solutions diplomatiques, les rebelles d'Alassane Ouattara avaient décidé de violer le cessez le feu qui avait coupé la Côte d'ivoire en deux et d'attaquer la zone sud loyaliste. Pas un seul journal européen n'a condamné cette violation. Pas un ! Par contre on ne cesse d'annoncer ça et là leur victoire "à mains nues" - comme dit notre ami blogueur Delugio - contre l'armée de Laurent Gbagbo. L'ONU et les ONG n'ont toujours pas enregistré un seul mort dans les villes attaqués par les rebelles. Les saints hommes !

 

            Fin politique, Laurent Gbagbo a le défaut d'être attentiste quand ses ennemis sortent les armes. C'est maintenant qu'il doit montrer à ceux qui ont choisi de le combattre par le feu qu'ils ont de fortes chances de périr par le feu. Je ne cesse de me demander pourquoi il n'a pas profité de la violation du cessez le feu pour lancer une contre offensive de très grande envergure pour montrer à l'ennemi un peu de la force de son armée. Cette passivité fait raconter à ses ennemis sur les ondes des radios françaises qu'il n'a pas d'armée (dixit l'ambassadeur d'Alassane Ouattara à Paris).

 

            Certes, déjà L'Onuci convoie les rebelles dans Abidjan comme de simples voyageurs en danger en terre étrangère qu'il convient de protéger leur permettant ainsi de rejoindre leurs bases où ils détiennent leurs armes. C'est ainsi que les rebelles sont en mesure d'attaquer ou de saccager des sites stratégiques dans la capitales. Certes, la France et l'ONU seront toujours du côté des rebelles. Mais il convient de ne pas oublier que la lutte continue et que si elle change de terrain, il faut y aller sans tarder au risque d'être débordé et laisser les civils se faire la guerre à la place des professionnels.

 

*Dans le parler populaire ivoirien, « être garçon » c’est avoir du cran, être audacieux, « être cap » comme disent les jeunes en France et ailleurs en Afrique.           

             

 

Raphaël ADJOBI

Posté par St_Ralph à 19:16 - Actualités ivoiro-françaises - Commentaires [5] - Permalien [#]

06 mars 2011

Une année chez les Français (un roman de Fouad Laroui)

                        Une année chez les Français

                                 (Un roman de Fouad Laroui)                              

 

Chez_les_Fran_ais_0006_crop            Ne vous attendez pas à trouver sous ce titre une version africaine des Lettres persanes de Montesquieu. Non, Fouad Laroui ne place pas ici la société française sous le regard inquisiteur ou critique de l’étranger venu d’Afrique. Sous ce titre trompeur se cache en réalité l’histoire d’un petit garçon marocain amoureux de lectures qui, grâce à une bourse, entre au lycée français de Casablanca. Un boursier de la République française, on en prend soin forcément ! Mais, pour le bonheur du lecteur, la présence sans interruption à l’internat du petit Mehdi va déranger le « bon ordre de l’univers français ».

 

Au début des indépendances, les Africains qui avaient la chance de faire leurs études parmi les Français étaient généralement remarqués surtout pour la manière admirable dont ils maniaient la langue française. N’ayant auparavant jamais côtoyé d’autres milieux français que le monde des livres, donc la langue littéraire ou soutenue, ils ne savaient s’exprimer que par imitation des ouvrages lus. C’est le cas du jeune Mehdi qui, dans son village natal avait pour consigne familiale de ne s’exprimer que dans la langue de la Comtesse de Ségur, même quand ses parents s’adressaient à lui dans la langue dialectale. Et lorsqu’il entre au lycée français de Casablanca, - que le parler populaire a baptisé « Le lycée des français » - il  va confronter le talent acquis grâce à cette expérience à la réalité du terrain où s’entrechoquent argot, langage familier et expressions populaires de tout genre. Un cocktail hilarant magnifiquement servi par Fouad Laroui. Un vrai régal !

 

            Le monde des adultes que côtoie Mehdi est en effet très varié en personnalités. Une série de portraits pittoresques qui sont pour l’enfant un véritable laboratoire où il trouve les éléments nécessaires à la vérification de ses connaissances ou plutôt des images livresques qui constituent son savoir. Des essais drôles parce que souvent malheureux. On lit ce livre en ayant constamment en tête l’exacte vérification de l’expression « un chien dans un jeu de quilles ».

 

            Mais rassurez-vous. Si on rit beaucoup en lisant ce livre, Mehdi n’est jamais ridicule. Il reste un enfant attentif, désireux d’apprendre et de faire bon usage de la belle langue française, mais aussi un enfant capable de mentir. Si les premiers chapitres du livre – les cinq premiers sont organisés dans un mouvement cyclique - expliquent la raison de sa présence et son intégration au « lycée des français », les derniers chapitres le présentent dans un univers insolite parce qu’il a été capable de mentir comme tous les enfants savent le faire quand ils veulent se tirer d’affaire.       

   

Quel plaisir de retrouver, en lisant ce livre, son âme d’enfant ; une âme vagabonde qui fait et défait le monde à souhait, surtout quand elle a le malheur de se trouver dans des situations inextricables. Ce livre est une véritable fontaine de fraîcheur sans doute liée à la candeur du personnage de Mehdi. L’usage constant du style indirect libre permet d’entrer dans sa conscience, d’y lire ses doutes et les solutions qu’il imagine pour résoudre les énigmes qui se forment comme des nœuds dans la chaîne de ses savoirs. Pauvre petit, se dit-on ! Pourtant, on ne peut s’empêcher de rire aux larmes.

 

Raphaël ADJOBI

 

Titre : Une année chez les Français (304 pages)

Auteur : Fouad Laroui

Editeur : Julliard, 2010

Posté par St_Ralph à 19:51 - Littérature : romans - Commentaires [5] - Permalien [#]