Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

18 juin 2015

L'Afrique noire et les Libanais

                        L'Afrique noire et les Libanais

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            Dans les années 60 et 70 à Abidjan, dans la communauté des Blancs que côtoyaient les Noirs, il y avait un groupe assez singulier qui retenait l'attention de tous : les Libanais et les Syriens. Des Blancs dont les manières étaient moins policées que celles des Français. Gros ou grassouillets pour la plupart et parlant fort comme les Noirs, ils étaient à la fois hautains et méprisants mais prêts à faire la courbette auprès de n'importe quel petit chef de service pour obtenir ce qu'ils voulaient pour la bonne marche de leurs affaires.   

            Vivant généralement loin des Français, ils prospéraient sur le terrain des Ivoiriens, c'est-à-dire dans le commerce populaire : magasins d'étoffes, épiceries, quincailleries... Aussi, leur univers ne se limitait pas, contrairement à celui des Français, aux grandes villes comme Abidjan, Bouaké et Yamoussoukro. Pour les Ivoiriens, c'étaient des Blancs qui n'étaient pas des Blancs ; même s'ils délaissaient parfois les camionnettes et roulaient dans de belles voitures comme les autres Blancs. Et dans ce domaine particulier, ils se distinguaient par leur goût pour les Honda et les Toyota alors que les Français roulaient en Renault et Peugeot.

            Force est de constater que les Ivoiriens ne se trompaient pas : les Libanais et les Syriens ne sont pas des Européens mais des Orientaux, des Arabes. Chrétiens ou musulmans, ce sont des peuples aux mœurs très éloignées de celles des Européens, s'agissant surtout de la manière dont ils considèrent la femme. Alors qu'en Europe et en Afrique des combats sont menés pour hisser celle-ci sur le même piédestal que l'homme sur le plan des droits civiques et de la considération publique, ces peuples véhiculent encore des habitudes d'un autre âge dans un monde hyper modernisé. Ces dernières années, l'indignation provoquée par le comportement des Libanais à l'égard des femmes noires a atteint un degré qui mérite qu'on s'y arrête. 

                           Derrière les murs des maisons libanaises,

                            la maltraitance des domestiques noires 

            Depuis que la communauté libanaise a commencé à s'étoffer dans leur pays, la manière particulière de gérer son personnel féminin n'a cessé d'intriguer les Ivoiriens. S'il n'était pas rare de voir les jeunes femmes noires promener des bébés libanais, il était presqu'impossible de les voir seules en ville ou chez elles. En d'autres termes, travailler chez un Libanais veut dire être à sa disposition dès les premières heures du jour jusque tard dans la nuit. Ces jeunes femmes n'ont donc jamais la possibilité de mener une vie familiale loin des murs du foyer libanais. Il faut accompagner le maître et la maîtresse dans tous leurs déplacements pour s'occuper de leur progéniture. Il faut les suivre à la plage et parfois même faire le voyage avec eux au Liban. Ce qui laisse imaginer la vie de prisonnières qu'elles doivent mener loin de leur pays d'origine.

            Cependant, c'est depuis ces deux ou trois dernières années que, grâce aux réseaux sociaux, les yeux des Ivoiriens comme ceux de tous les Noirs d'Afrique ont commencé à pénétrer dans ces foyers libanais où évoluent quotidiennement les jeunes femmes noires qui leur servent de domestiques. C'est donc depuis peu que les Libanais suscitent l'indignation générale chez les Africains parce que le phénomène d'emprisonnement et de maltraitance qu'ils infligent aux femmes noires n'est plus un secret pour personne. Cette indignation est d'autant plus grande que les auteurs de ces violences jouissent d'une totale impunité dans leur pays et ne suscitent aucune réaction officielle dans les états africains. 

            En effet, les témoignages et les images de violence à l'encontre des femmes noires qui circulent sur les réseaux sociaux sont indignes d'un peuple quelque peu civilisé avec un gouvernement et des tribunaux comme le Liban. Comment peut-on accepter qu'un homme frappe une femme et la dénude publiquement sans soulever l'indignation dans son pays ? Comment des êtres humains peuvent-ils enchaîner une femme, la dénuder et s'amuser à lui brûler le sexe avec un briquet sans provoquer une condamnation officielle ? Comment accepter qu'un homme vive impuni après avoir jeté une jeune femme par la fenêtre du troisième ou quatrième étage d'un immeuble ? Comment peut-on supporter que des hommes maltraitent des femmes au point de les rendre folles au sens propre ? Comment peut-on accepter qu’une fois cet objectif atteint ils les renvoient vivre errantes et dénudées dans leur pays d’origine ?

            Tous ceux qui ont vu ces images ont crié « trop, c'est trop ! » Il est donc temps qu'une action énergique soit menée ; une action retentissante qui interpelle ce peuple aux mœurs singulières se situant à la marge de l'humanité. A force de vivre dans un pays qui n'a jamais connu autre chose que la guerre, les Libanais auraient-ils tous perdu la raison ? Non, il ne faut pas leur chercher des excuses. Il est temps que les Africains s'organisent pour mener partout dans leurs pays des actions en réponse à ces personnes odieuses qui bafouent allègrement la dignité des femmes noires. Il est temps qu'ils exigent de leurs gouvernants des actions diplomatiques auprès des autorités libanaises – s’il en existe dans un pays constamment en ruine – pour que soient sanctionnées ces pratiques barbares et pour qu'elles cessent définitivement. S'il faut menacer leurs intérêts partout en Afrique pour les obliger à retrouver une conduite plus humaine, les Noirs ne doivent pas hésiter à le faire. 

           ° Image illustrative : lynchage d'une jeune femme en Inde 

Raphaël ADJOBI   

Posté par St_Ralph à 21:23 - Actualités Monde - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

  • Je dis BOYCOTT

    Ils ont bâti des fortunes en vendant des fringues d’un jour, difformes et mal coupées. Leurs chaussures sitôt achetées sitôt jetées prouvent leur bonne qualité. On accourt pour les enterrements, et les soirées du lendemain, ah ! On aime s’habiller. Eux n’aiment pas se mélanger, ils restent entre eux. Pire qu’une mafia ! Si mafia il y a. Il y en a beaucoup qui ferment les yeux et traficotent avec eux tout ce qui peuvent se monnayer. En ce moment c’est l’or qui les intéresse. Les noirs le revendent alors ils sont preneurs.
    Ça vous bouscule un peu quand on est là à voir ça.
    Leur boutiques ouvrent et ferment tous les six mois, on a l’impression de vivre une partie de la chaise musicale. Qui est le propriétaire ? C’est lui, ce n’est pas lui, on ne sait pas, qui est qui ! Les femmes noires travaillent dans leur boutique, mais rarement derrière leurs caisses. Ils ont en général leur femmes et leur fratrie avec eux, ce qui ne peut empêcher que d’autres affaires se négocient () à l’arrière des boutiques. En sommes ce ne sont que des artisans de la profitation.
    Depuis quelques temps les chinois misent aussi sur la population, un vrai RISK (le jeu), je prends ça et tu gardes ça. Nous voilà encerclés.
    Celui qui dit que mon peuple est raciste, je lui répondrais.
    Mais voyons ! Mon peuple attend godot !

    Posté par kinzy, 19 juin 2015 à 04:12
  • Je crois, chère Kinzy, que la seule façon de régler le problème avec ces individus, c'est d'accepter d'être qualifié de raciste. Ce sont ceux qui ferment les yeux et font des "affaires" avec eux qu'il conviendra de réveiller d'abord.

    Posté par St-Ralph, 19 juin 2015 à 18:35
  • Bonjour. Il y a t'il une pétition qui circule contre cette horreur? Contacter l'association OJAL. merci.

    Posté par Victoria Reilliu, 21 juin 2015 à 14:28
  • Bonjour Victoria. Non, il n'existe pas de pétition. Cependant, plusieurs jeunes femmes africaines ont manifesté leur indignation devant cette violence gratuite et impunie.
    Pourquoi l'association OJAL ne lancerait-elle pas cette pétition ? Il serait bon que des pétitions parviennent aux différentes ambassades libanaises en Europe et en Afrique. Si les femmes s'organisent pour mettre les Libanais au pas en Afrique, elles changeront bien des choses.

    Posté par St-Ralph, 21 juin 2015 à 18:36
  • Merci, je n'oublierai cette histoire, pour l'honneur de mes soeurs

    Posté par Un Éthiopien, 22 juin 2015 à 07:35
  • C'est une image prise en Inde en 2007 et pas en côte d'ivoire c'est des étudiants indien qui battent des femmes et vous trouvez les images sur le site :
    http://news.ifeng.com/history/gaoqing/detail_2014_03/29/35264154_0.shtml#p=2
    Et de grâce arrêter vos mensonges et vérifier les informations avant de les publié.

    Posté par Youl, 07 mars 2016 à 17:21
  • Merci Youl pour les liens et pour l'information concernant l'image illustrative.
    Quant aux faits dont je parle, ils concernent précisément les libanais. Merci de démontrer que les Indiens traitent les femmes de la même façon que les Libanais. Je ne dis nulle part que les événements dont je parle se déroulent en Côte d'Ivoire. Relis le texte. Heureusement d'ailleurs. Si les Libanais pouvaient se permettre des actions de ce type chez les Africains sans connaître de représailles, les fautifs seraient les Africains eux-mêmes.

    Posté par St-Ralph, 07 mars 2016 à 19:16
  • Là est notre plus gros problème : la conscience de ce que nous sommes par rapport aux autres peuples. Les orientaux sont des barbares et des rascistes . Quand je pense que nous les avons recueilli à cause de la guerre dans leur pays. Ma tante est encore vivante et pourrait encore témoigner . Elle a allait donner le sein a des nourrissons de qques semaines , à la mission protestante de Dabou, en Côte d'Ivoire. Et c'était le cas de femmes dans de nombreux villages Ebrié. Elles n'ont jamais reçu de remerciement ni de reconnaissance de la part de ces personnes. Je me souviens que dans mon enfance, des libanais avaient tué un jeune ivoirien assez populaire. Ils n'ont même pas été inquiétés. Tellement ils savent corromprent . Tout ce que tu. Inès de décrire se passe en Côte d'Ivoire même. Mais personne ne s'indigne. Voilà pourquoi, nous ne sommes pas considérés. Cela pose vraiment question.

    Posté par Atto, 27 juin 2017 à 00:56
  • Je pense qu'il faut les chasser. Certes une pétition. Mais je pense q

    Posté par Atto, 27 juin 2017 à 01:02
  • Cher Atto, tu ce que tu dis prouve notre inconscience devant la réalité du monde que nous sommes pas capables de maîtriser afin de l'orienter en notre faveur. Les autres font ce qu'ils veulent de nous et nous sommes heureux d'accepter cela.

    Posté par St-Ralph, 02 juillet 2017 à 23:22

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