Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

25 février 2017

Sophie Astier-Vezon ou le plagiat puis la falsification de "La fabuleuse aventure de la chasse au nègre de Félix Martin"

    Sophie Astier-Vezon ou le plagiat puis la falsification

 de "La fabuleuse aventure de la chasse au nègre de Félix Martin"                                 

Cayyyy

            Au début du mois de février 2017, mon attention a été attirée par un article sur "La chasse au nègre" du sculpteur Félix Martin publié par le site d'une Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles, le CPGE Sciences de Clermont-Ferrand. A ma grande surprise, j'ai découvert que, mis à part le premier paragraphe, c'était une très large partie de mon article publié en juin 2016 qui a été reprise sans aucune mention de mon nom ni de mon blog.

            Parce que l'article n'était pas signé, j'ai adressé une lettre à Madame la Proviseure du lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand lui demandant d'intervenir afin que "la longue partie extraite de mon travail porte de manière claire et nette mon nom ainsi que la source d'où elle est tirée". Pour toute réaction réparatrice, Madame Sophie Astier-Vezon, auteur du site, fait apparaître indistinctement et en très petits caractères au bas du texte le lien du musée La piscine de Roubaix et celui de mon blog précédés de la mention "sources partielles".

            J'ai alors adressé une lettre à ma collègue lui faisant remarquer que sa correction ne permettait à personne de savoir ce qui me revenait. Sa réaction a été des plus surprenantes : elle découpe par des couleurs le texte en quatre parties et me signale par un mot moqueur que celle en beige est ce qui a été repris à mon article. Voici ses propos suivis de ce qu'elle appelle un "travail plus précis et plus scrupuleux ".       

Message du 15/02/17 15:21
> De : "Sophie Astier-Vezon" <sophieastiervezon@gmail.com>
> A : "Raphael ADJOBI" <raphael.adjobi@orange.fr>
> Copie à :
> Objet : Re: Réclamation

            Chaque source possède desormais sa couleur : celle du musée de Roubaix est rouge, celle sur les chiens est verte, la vôtre est beige : il n'y a pas de travail plus précis et plus scrupuleux, au contraire ...! Je ne vois ps ce que l'on pourrait me reprocher. A moins que ce soit la couleur ? La police ? La taille de la police ? Le decor, la taille de la photo qui ne vous convient pas ? L'âge du capitaine ?
Cessez vos injonctions ridicules.
Il faudra vous y faire.
SAV

Repérez simplement les couleurs et les références aux quatre sources mentionnées. Vous lirez mon analyse après.

 

° Voir le texte sur son blog destiné aux élèves du lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand

            Avez-vous bien repéré les quatre sources mentionnées ? A première vue, grâce aux quatre couleurs - et non trois - Madame Sophie Astier-Vezon laisse croire au lecteur que ce texte qu'elle nous présente ici a quatre sources différentes auxquelles l'ont conduite ses recherches personnelles pour aboutir à cet agencement savant. La réalité est tout autre. L'ensemble du texte n'a que deux sources et ne devrait normalement comporter que deux couleurs : la partie en rouge vient du site du musée de Roubaix et tout le reste de mon blog !!

            Oui, tout le reste du texte vient de mon blog ! Les citations qui sont à l'intérieur de la partie qu'elle m'attribue ne sont nullement le fruit de son travail qui lui aurait permis de les placer là ! Ces citations font partie de mon article "La fabuleuse aventure de la chasse au nègre de Félix Martin" publié en juin 2016 (voir ci-dessous les deux citations en rouge et en bleu) ! Tout le monde peut y jeter un coup d'œil dès maintenant pour apprécier l'usurpation du travail de l'autre que fait Madame Sophie Astier-Vezon.

Convenons donc tous que, par cette composition du texte en quatre couleurs, Madame sophie Astier-Vezon nie avoir trouvé et lu les deux citations dans mon texte sur mon blog ! Et c'est cette négation de la réalité qui la condamne.

            Pour confondre davantage Madame Sophie Astier-vezon, faisons-lui remarquer que chacune des citations qu'elle prétend avoir insérée dans la partie qu'elle m'attribue commence par une phrase introductive construite par moi. Regardez le texte qu'elle propose pour vérifier que je dis vrai. Posons-lui donc cette question : Si les citations viennent de son travail personnel, où sont passées celles annoncées par mes phrases introductives que l'on retrouve sur son site ? Ces éléments devront être versés au débat si toutefois elle persiste à nier son forfait.       

            Avez-vous noté à la fin du texte la petite observation à l'adresse de ceux qui, comme moi, n'auraient pas remarqué le travail laborieux qu'elle a fourni pour arriver à ce résultat qu'elle propose à ses élèves ? J'ai honte pour le lycée Blaise Pascal de Clermond-Ferrand, pour sa proviseur qui m'a assuré par une lettre avoir fait le nécessaire pour amener son enseignante à la raison. J'ai honte pour les élèves de cet établissement d'avoir pour professeur une personne manquant de probité intellectuelle et moralement peu scrupuleuse dans sa conduite. Par ailleurs, il convient de dire à Madame Sophie Astier-Vezon que dans un "travail plus précis et plus scrupuleux", quand on compose un nouveau texte en reprenant les différentes parties d'un premier, on signale toujours les parties omises par des crochets avec des points de suspension - [...] - ou tout au moins par trois points de suspension. Ce n'est pas ce qu'elle a fait (voir la longueur entre la partie reprise et l'original ci-dessous).

            Pourquoi je rends public ce forfait : il est impensable qu'une professeure de lettres mise devant la gravité de son acte persiste à mutiler l'œuvre de l'offensé tout en se disant irréprochable.   

Raphaël ADJOBI

 

 ° Lire l'article sur mon blog

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22 février 2017

Les Français noirs dans l'océan Indien (Une conférence de La France noire)

            Les Français noirs dans l'océan Indien

       (Une conférence de Luis-Nourredine PITA pour La France noire)

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            Le mardi 21 février 2016 à 18h30, une conférence ayant pour thème "Les Français noirs dans l'océan Indien"  a rassemblé un peu plus d'une quarantaine de personnes à la Halle aux grains de Joigny. Le conférencier, Luis-Nourredine Pita,  était arrivé de Murcie, en Espagne, pour la circonstance.

            Jovinien de naissance, Luis-Nourredine PITA - vice-président de La France noire - a fait une très grande partie de sa carrière d'enseignant à La Réunion. Conseiller pédagogique pour l'éducation nationale, il a sillonné les archipels de l'océan Indien - les Seychelles, les Comores et les Mascareignes (La Réunion, Maurice et Rodrigues) - ainsi que l'Afrique du Sud, le Mozambique et la Tanzanie.

            Le conférencier a d'abord replacé l'histoire de ces archipels dans les luttes de possession et d'influence des puissances européennes ; principalement anglaises et françaises. Il a ensuite insisté sur l'évolution du statut des populations de cette région qui sont certainement les plus métissées au monde parce qu'elles sont l'émanation de trois influences : africaine, indienne et chinoise.

            En effet, si ces populations n'ont pas connu la traite négrière vers les Amériques, elles ont connu le statut d'esclave* et, après les abolitions, celui d'indigène appliqué à toutes les colonies françaises. Le code de l'indigénat faisait des "nouveaux citoyens" français une catégorie à part vouée au rôle de sujet. L'indigène ou le sujet français devait par son travail mériter l'accès au titre de citoyen exclusivement réservé à la population de la métropole.

            Le conférencier a ensuite abordé la question de l'indépendance des Comores en juillet 1975 après le référendum de 1974. Détaché de Madagascar depuis 1946 avec le statut de Territoire d'outre-mer (Tom), la France va profiter du référendum de 1974 pour amputer cet archipel d'une de ses quatre îles : Mayotte. Si la consultation a montré que l'ensemble de l'archipel des Comores a voté à plus de 96% pour l'indépendance, les voix de Mayotte comptabilisées séparément étaient favorables pour le maintien dans le giron de la France. On pense que c'est la marine Française qui a poussé l'Elysée à annexer purement et simplement Mayotte en se fondant sur son vote favorable à la France. Situation stratégique dans la région oblige ! Depuis, un conflit politique oppose le gouvernement comorien et les autorités françaises. L'Assemblée générale des Nations-Unis - par plus de vingt résolutions - ainsi que l'Union Africaine condamnent cette partition des Comores faite par la France.

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            Il apparaît aujourd'hui que l'île de Mayotte se trouve sur une voie d'acculturation accélérée, une marche forcée vers les lois de la République française. L'autorité des juges musulmans qui géraient les conflits sociaux n'est plus reconnue. Non seulement les liens de parenté avec les populations des îles sœurs de Comores et particulièrement avec celles d'Anjouan sont niés par la France, mais les populations sont contraintes d'aligner leur nom et prénom (souvent à rallonge) sur le modèle français. Les traditionnelles relations commerciales avec l'Afrique, Madagascar, et les autres îles des Comores subissent désormais des taxes afin d'obliger Mayotte à ne commercer qu'avec la France et plus largement avec la communauté européenne.

            Le public de la Halle aux grains de Joigny a été très sensible au drame humain que pose la séparation administrative et juridique de Mayotte de ses îles sœurs des Comores. Une séquence d'environ 10 minutes du documentaire "Mayotte, où va la République"* a été projetée pour illustrer ce drame humain que le pouvoir métropolitain couvre de son silence. Au XIXe siècle, le partage de l'Afrique entre les grandes puissances européennes avait séparé des familles, des villages, des royaumes et causé des traumatismes qui agitent encore ce continent. Nous pensions que cette erreur ne se reproduirait plus. Eh bien, nous avions tort. L'histoire se répète à Mayotte.

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            Monsieur Bernard Moraine, maire de Joigny, ainsi que Madame Françoise Roure, conseillère départementale, nous ont fait le plaisir d'honorer de leur présence cette première conférence de La France noire. Nous avons été également sensibles à la présence de Madame Célia Davaine, directrice du collège Saint-Jacques, ainsi que celle de Madame Blandine Vassaux, directrice de l'école Sainte-Thérèse, de Monsieur Claude Josselin, Adjoint au maire chargé des associations patriotiques.

Le président de La France noire   

             Raphaël ADJOBI

* L'affaire de l'esclave Furcy, Mohammed Aïssaoui, édit. Gallimard

* Un film de Frédéric Lambolez et Jean-Marie Pernelle, Enquête prod. août 2008       

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12 février 2017

Trop noire pour le RITZ (par Raphaël ADJOBI)

                Trop noire pour le RITZ

                                        (par Raphaël ADJOBI)

            En juin 2016, le  RITZ Paris, cet Hôtel-restaurant de grand luxe, a ouvert à nouveau ses portes après plusieurs années de fermeture pour travaux. Au moment de la reprise des services, des formations qualifiantes ont été proposées aux employés avec à la clef une cérémonie de remise de diplôme. On comptait alors 46 récipiendaires dont 33 valets et femmes de chambre et 13 gouvernants et gouvernantes.

            Sur la photo des heureux élus, une chose attire immédiatement l'attention : dans cette France où il y a une foule innombrable de femmes de chambre à la peau basanée dans les Hôtels - au point de laisser croire qu'elles sont naturellement destinées à ce métier - on ne compte aucun représentant de cette catégorie de personnes. En clair, même dans les tâches subalternes, quand on monte dans les lieux de luxe on préfère présenter des têtes blanches plutôt que noires.

Raphaël ADJOBI     

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05 février 2017

Le village des esclaves insoumis ou comment les esclaves obtenaient leur liberté avant les abolitions (Raphaël ADJOBI)

       "Le village des esclaves insoumis"

           ou comment les esclaves obtenaient leur liberté

                                   avant les abolitions

                                        (par raphaël ADJOBI)

Le grand marais lugubre

Le 3 février 2017, J'avais commencé cet article pour l'exposition de l'association La France noire, après la lecture d'une grande partie du livre de l'historienne Aline Helg (Plus jamais esclaves, Editions la Découverte, 2016). Le lendemain, le 4 février, la chaîne de télévision ARTE publie un documentaire (Le village des esclaves insoumis) confirmant ma découverte sur Internet des villages sur pilotis en Afrique pour échapper aux négriers ; découverte confirmée par ma lecture du livre d'Aline Helg qui assure que cette pratique était poursuivie par les esclaves noirs dans les Amériques. La diffusion du documentaire de ARTE, qui anticipe mon projet en montrant des villages d'esclaves fugitifs dans un immense territoire marécageux aux Etats-unis, m'oblige à publier une partie de mon travail destiné à l'exposition de La France noire prévue pour le 10 mai 2017 à Joigny (89300 Yonne).

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Les manuels scolaires nous parlent toujours des abolitions de l'esclavage ; en d'autres termes, il y est toujours question des dates officielles auxquelles les esclaves ont recouvré leur liberté dans les Amériques et les îles des Caraïbes. Pourtant, dans de nombreuses colonies des royaumes européens d'alors, des milliers, sinon des millions d'esclaves ont obtenu, à travers les siècles, leur liberté par des moyens très divers :

Le marronnage (la fuite) : Fuir - en Afrique pour échapper aux négriers - est devenu "marronner" dans les Amériques pour échapper aux mauvais traitements ou aux dures conditions de travail. Le marronnage était certes une voie risquée mais possible vers la liberté. Et ce sera de loin la stratégie la plus utilisée pour échapper, à court ou à long terme, à une condition jugée intolérable et qui ne laisse pas espérer de changement. Au fur et à mesure que la colonisation progressait le long des côtes continentales et sur les îles des Caraïbes, les Africains débarqués dans les ports ne perdaient pas leur espoir de fuite et de liberté. Ils cherchèrent à s'enfuir dans les montagnes, les forêts et les zones marécageuses.

1. Le petit marronnage : il ne dure souvent qu'une nuit ou quelques jours, le temps pour l'esclave de rendre visite à un parent (les enfants étaient séparés de leurs parents à 8 ou 9 ans) ou d'échapper à quelques travaux pour se reposer. Le petit marronnage est souvent sévèrement puni, quelques rares fois toléré par certains maîtres.

2. Le grand marronnage : C'est un vrai projet d'échapper à l'esclavage que le fugitif met à exécution. Il peut être individuel ou collectif. C'est ainsi que de nombreuses sociétés de Noirs libres se sont formées plus ou moins loin des plantations des Blancs. Il arrivait que les troupes coloniales soient lancées contre eux ; ceux qui étaient capturés étaient exécutés de façon cruelle pour servir d'exemple ou flagellés sur la place publique.

"Le grand marronnage fut largement utilisé par les esclaves pour contester leur asservissement et affirmer leur liberté. Pour s'en rendre compte aujourd'hui, il suffit d'examiner attentivement la carte ethnique des Amériques en ce début du XXIe siècle : elle est marquée par l'existence de communautés, voire de sociétés, dont les ancêtres furent des groupes d'Africains qui, entre les XVIe et XIXe siècles, s'enfuirent et parvinrent à s'établir durablement, parfois en se mêlant aux Amérindiens non colonisés dans les vastes frontières des Amériques au cours des vagues successives de la traite négrière. Situées dans les régions frontières d'accès longtemps difficile, ces communautés marronnes mirent en place un système de troc et de défense grâce auquel elles parvinrent à subsister. [...] si nulle part le marronnage ne put mettre fin à l'institution de l'esclavage, il l'a considérablement affaiblie. [...] Certaines de ces communautés furent reconnues comme autonomes et leurs esclaves fugitifs déclarés libres par les autorités coloniales esclavagistes incapables de les soumettre, ce qui représentait une énorme victoire contre l'esclavage" (Aline Helg, Plus jamais esclaves, éditions La Découverte, 2016, p.65-66).

° Accès au documentaire d'ARTE

° 2è image : le village de Ganvié au Bénin.

Raphaël ADJOBI

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01 février 2017

Tropique de la violence (Nathacha Appanah)

                                Tropique de la violence

                                                 (Nathacha Appanah)

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            Mayotte, est-ce la France ? En lisant ce roman, tout lecteur a lieu de croire qu’il découvre les us et coutumes  d’un autre monde plutôt que ceux d’un territoire que la France a fait sien depuis 1974. Ce roman aurait pu s’intituler La nausée, tant les images font remonter dans le cœur du lecteur des sentiments écœurants.

Avec Tropique de la violence, Nathacha Appanah nous introduit au centre de la brûlante manifestation des dégâts que la France a causés par l’institution de frontières et de visas au sein d’un ensemble géographique, culturel, linguistique et religieux vieux de plusieurs siècles : l'archipel des Comores dont Mayotte n’est qu’une pièce. Cela rappelle le partage de l’Afrique entre les Européens au XIXe siècle sans aucune considération des liens familiaux, des communautés villageoises ou des royaumes existants.          

            Tropique de la violence se présente en grande partie comme un documentaire ou un travail de "micro trottoir" - micro tendu à des inconnus pour recueillir leurs témoignages sur un événement. Mais l'ensemble est emmené par une belle histoire d'amour qui lui confère un charme captivant. C'est l’histoire d’une adoption ratée qui entraîne un adolescent dans une descente aux enfers dévoilant au lecteur les cruelles réalités de l’île. Ne serait-ce pas l’adoption ratée de Mayotte par la France ? Cela en a tout l’air. Car au-delà de la belle histoire d'amour qui vole en éclats, ce qui retient l'attention c'est la critique sans concession d’une politique nationale construite autour des ONG avec « des sages-femmes, des infirmiers, de jeunes entrepreneurs, des instituteurs, tous des jeunes [...], tous blancs […], des théories plein la bouche et pas une once de courage dans les mains. Refaire le monde en faisant griller du poulet sur les plages, aller danser en boîte, tirer un coup vite fait, prendre des bains de minuit, se réveiller à midi au son du muezzin, aller plonger dans le plus beau lagon du monde, profiter au maximun en sachant qu’ici n’est qu’un passage dans [leurs] carrières. Bientôt, dans un an, deux ans, trois au grand maximun, [ils] rentreraient les poches enflées de [leurs] primes, les mains toujours dans le dos et la bouche toujours remplie de grandes théories » !

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            Voilà la face visible de Mayotte pour les Français de l'hexagone ou de la métropole. Quant à la face cachée de cette île que la France tente désespérément d'isoler du reste de ses sœurs de l'archipel contre l’avis de l’ONU et de l’UA (Union Africaine), c’est son statut du plus grand cimetière marin de l’Océan indien, où l’on ramasse régulièrement des nourrissons sur les plages sans que cela fasse la Une des journaux. Tout cela fait de Tropique de la violence un récit d’une force extraordinaire qui fait osciller le lecteur entre l’espoir d'une vie meilleure et la peur obsédante de la mort. Caribou Mayotte ! (Bienvenue à Mayotte !).

Raphaël ADJOBI

Titre : Tropique de la violence, 175 pages

Auteur : Nathacha Appanah

Editeur : Gallimard, 2016

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