Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

13 mai 2014

Commémoration de l'abolition de l'esclavage 2014 : de Villers-Cotterêts à Paris

Commémoration de l'abolition de l'esclavage 2014 :

                     de Villers-Cotterêts à Paris          

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            De Villers-Cotterêts à Paris, place du général Catroux, la commémoration de l'abolition de l'esclavage a tourné autour de la figure historique du général Alexandre Dumas qui, peu à peu, fait surface dans l'Histoire de France. 

            A Villers-Cotterêts, c'est sous la pluie qu'a débuté à 11h la cérémonie devant l'ancienne résidence de la famille du général Dumas. C'est Claude Ribbe, le nouveau président de l'association Les Amis d'Alexandre Dumas qui, le premier, s'est adressé au public. L'écrivain n'a pas manqué de rappeler le parcours du valeureux général mort à 46 ans, oublié de la France, dans cette petite ville de Picardie. Oublié parce qu'en 1802, la mise en place de l'arrêté consulaire de Bonaparte avait rayé les nègres de l'armée, les excluant par la même occasion de tout hommage de la nation. Puis Claude Ribbe a souligné les efforts de son fils - l'écrivain Alexandre Dumas - pour venger, par son oeuvre, ce père qu'il vénérait mais qui ne l'a pas vu grandir.

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            Puis l'orateur s'est attardé sur l'attitude antirépublicaine du maire de Villers-Cotterêts qui a refusé de prendre part à la cérémonie qu'il assimilait à de la repentance. Aux yeux de Claude Ribbe et de l'assistance qui l'a fortement applaudi, le maire s'est totalement déshonoré. Il a rappelé que toutes les personnes présentes n'avaient rien à se reprocher  parce que personne, dans l'assistance, n'est coupable du crime de l'esclavage. De toute évidence, seul le maire qui parle de repentance à quelque chose à se reprocher. Il a été également rappelé que la commémoration de l'abolition de l'esclavage est nécessaire parce qu'elle nous ramène aux origines du racisme qui fait tant de mal dans notre pays. Se soustraire à cette cérémonie équivaut donc à une faute, comme le soulignera le Premier ministre à Paris, quelques heures plus tard. 

            Puis l'ancien maire de la ville a pris la parole pour rappeler le sens de la commémoration de l'abolition de l'esclavage avant de dénoncer l'absence de son successeur qui prône par son attitude une idéologie pour son parti. Il a lancé un appel à "regarder notre histoire en face pour la dépasser sans rien effacer". Selon lui, ce sont les mémoires réconciliées qui construiront la France. 

            Puis deux jeunes sont passés devant l'assistance pour lire un poème. Leur prestation a été suivie par l'intervention du président de la ligue des droits de l'homme qui a justifié la présence de son mouvement par l'affront fait à la souffrance humaine par le maire FN. 

            Malgré la pluie, la cérémonie de Villers-Cotterêts fut une belle fête populaire avec un public plus nombreux qu'à Paris où il fallait être officiellement invité. 

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                                       Paris, une cérémonie pour les officiels

            La cérémonie de Paris, à la place du général Catroux (17e) a débuté à 18 h en présence du Premier ministre, du ministre de la justice et du ministre des Outremers. Etaient également présentes, Mme le maire de Paris (Anne Hidalgo) et Mme le maire du 17e arrondissement (Brigitte Kuster). Cette dernière nous a d'ailleurs remis en mémoire le fait que derrière l'esclavage dont on commémore l'abolition, il y a bien le racisme et la discrimination qui perdurent. 

            A son tour, comme à Villers-Cotterêts, Claude Ribbe a rappelé que nul n'est coupable des crimes du passé. Et comme pour faire écho aux propos de ceux qui voyaient dans le rapt des filles du Nigéria la permanence de l'esclavage en Afrique, il a tenu à dissiper tout amalgame en rappelant que l'on ne peut mettre sur le même pied d'égalité ce crime de bandits de grand chemin et le crime d'Etat, légalisé et codifié qu'était l'esclavage outre-Atlantique. Mise au point absolument nécessaire pour ceux qui ont tendance à s'appuyer sur les crimes des individus pour pardonner ceux des Etats. 

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            Puis Claude Ribbe a rappelé au premier ministre quelques attentes des Noirs de France : la mise en place d'un véritable plan de lutte contre le racisme, la création d'un centre de culture du monde Noir et l'introduction de l'histoire des Noirs dans notre enseignement ; en d'autres termes, apprendre à nos enfants l'Histoire de la France sans rien leur cacher. 

            Mme Anne Hidalgo, nouveau maire de la ville de Paris a dit pour sa part que commémorer l'abolition de l'esclavage, c'est commémorer la mémoire des femmes et des hommes d'Afrique qui ont été déportés, assassinés, des femmes et des hommes morts dans les comptoirs, au fond des Océans. C'est également, selon elle, commémorer la mémoire de ceux qui se sont levés pour revendiquer leur liberté.

            Quant au premier ministre, il a d'abord dénoncé l'outrage du maire de Villers-Cotterêts avant de dire que la traite Atlantique a déshonoré l'Europe. "Notre histoire connaît des pages de gloire et des pages sombres", et la Shoa comme l'abolition de l'esclavage des Noirs doivent bénéficier de la même attention et des mêmes soutiens de la part de la république,  a-t-il tenu à préciser. 

            On ose espérer que de commémoration à commémoration, les attentes des Noirs de France seront satisfaites. Chose nécessaire pour que leurs compatriotes blancs prennent non seulement réellement conscience de leur contribution à l'Histoire de notre pays mais aussi qu'ils leur témoignent la reconnaissance dont ils ont besoin pour avancer d'un pas plus assuré dans la société française. On ose aussi espérer que la diaspora africaine s'impliquera davantage dans cette commémoration annuelle au lieu de la laisser aux seuls descendants d'esclaves. L'abolition de l'esclavage est l'affaire des Africains, des Noirs enlevés d'Afrique et des Européens. C'est assurément notre mémoire commune que notre pays veut commémorer chaque 10 mai.

Raphaël ADJOBI

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11 avril 2014

Appel aux Afro-descendnats et à la diaspora africaine : 10 mai, commémoration de l'abolition de l'esclavage !

           Appel aux Afro-descendants et à la diaspora africaine

  10 mai : commémoration de l'abolition de l'esclavage

           Nous devons nous approprier notre Histoire de France

                                    pour libérer l'Afrique !

           

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Chaque jour nous subissons le mépris de nos compatriotes blancs.

            Parce que nous sommes à leurs yeux des étrangers qui viennent manger leur pain, ne descendent-ils pas régulièrement dans les rues pour crier "sus aux immigrés" et exprimer leur peur du "remplacement de la population" blanche ?

            Chaque jour, nos concitoyens blancs nous jettent à la figure  cette question : "de quelle origine êtes-vous ?" Et cela pour mieux nous signifier que nous ne sommes pas des leurs.

            Les politiques de leur côté nous prêtent des sentiments et même des propos que nous n'avons jamais tenus. Quand nous parlons de reconnaissance, ils proclament qu'ils sont contre la repentance ; et cela pour mieux dresser nos compatriotes blancs contre nous et justifier par la même occasion leurs mesures racistes à notre égard. 

            Et pourtant, comme le reconnaissent de nombreux penseurs ou philosophes, l’idée que l’homme doit être reconnu, respecté par ses pairs pour vivre en société et se réaliser pleinement devrait être au centre des préoccupations de ceux qui nous gouvernent.

            La définition de la justice sociale ne peut en effet se limiter à la question des droits. 

            Nos dirigeants devraient aller plus loin en veillant à diagnostiquer tous les maux qui nous empêchent de nous réaliser pleinement et nous minent intérieurement parce qu'ils dégradent la reconnaissance en humiliation ou exclusion.   

               Nous devons célébrer et enseigner la France noire

            Devant le mépris des politiques et des officiels de l'Etat qui se mue peu à peu en sournoise exclusion - pouvant aboutir à un racisme décomplexé et généralisé - une impérieuse nécessité s'impose à nous, Afro-descendants et diaspora africaine : 

            nous devons nous approprier résolument notre Histoire française afin de mieux nous ancrer dans le tissu social de notre pays ! Commençons donc par faire de la commémoration de l'abolition de l'esclavage célébrée chaque 10 mai une fête nationale. Que chacun se sente concerné au point de ne jamais manquer d'être présent à ce jour de souvenir. 

            Nous devons, pour cela, répondre à l'appel des différents comités d'organisation qui seront installés dans les villes, les départements et les régions de France. Répondre à cet appel s'impose à chacun comme un devoir moral, un devoir mémoriel. 

            Une réponse massive à cet appel à nous inscrire fièrement dans le calendrier des commémorations nationales témoignera de notre réelle volonté de déchirer le voile de notre invisibilité et nous présenter en Français à part entière. Cet élément rassembleur sera un premier pas vers des actions fortes susceptibles d'ébranler la conscience de nos dirigeants et celle de nos compatriotes blancs. Il nous faudra passer par là pour que leurs yeux s'ouvrent et qu'enfin leurs oreilles entendent le cri de notre indignation et de notre douleur trop longtemps contenues.

            L'Etat français blanc a toujours refusé des réparations aux descendants d'esclaves et de colonisés, les empêchant ainsi de partir d'un bon pied dans la course à la réalisation de soi. Aussi, sans aucune forme de réparation de l'esclavage, qu'il a pourtant reconnu être un crime contre l'humanité, notre pays demeure une république inégale et injuste !  

            Que propose l'Etat pour l'éducation de nos enfants ? Quels sont les héros noirs qui peuvent faire leur fierté et les aider à se construire ? Sous leurs yeux ne se découvrent que des manuels vidés de l'histoire des Noirs, de l'histoire de leurs ancêtres que l'on veut toujours réduire au tableau sombre de la pauvreté du Tiers-monde. 

            L'Education Nationale a le devoir d'introduire les pages de notre histoire dans les manuels d'enseignement afin de rendre nos enfants fiers de la contribution de leurs ancêtres à la grandeur de la France. 

            Ce n'est pas par les slogans misérabilistes qui valorisent les Blancs et infériorisent les Noirs  que l'on peut lutter contre le racisme ; bien au contraire, c'est le meilleur moyen de l'entretenir. Que disparaissent donc de nos écoles ces images et ces actions qui tendent à faire des Noirs des éternels assistés. L'Education Nationale doit s'interdire ce jeu de dégradation et d'exclusion. 

            Quelle insulte et quel ignoble procédé d'exclusion que de toujours parler d'intégration aux enfants et aux jeunes gens nés comme leurs compatriotes blancs sur cette terre de France, soumis aux mêmes contingences ou contraintes politiques et sociales, recevant les mêmes enseignements, partageant les mêmes habitudes culturelles ! Que l'Education nationale et les gouvernants cessent de manier les lieux communs exclusifs et qu'ils agissent en vrais républicains soucieux du bien-être de tous les citoyens français et non en porte-voix de la communauté blanche française.

 Nous devons libérer l'Afrique pour changer l'image du Noir français

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            Nous devons - Afro-descendants et diaspora africaine - nous jeter résolument dans les débats de société touchant aussi bien la politique intérieure qu'extérieure. Nous n'avons pas le droit de rester muets et inactifs quand l'avenir de nos enfants est menacé ou quand nos parents sont victimes de la politique étrangère prédatrice de notre pays en terre africaine. 

            Nous avons le devoir - concernant l'Afrique, terre de nos ancêtres et de nos parents - de rester vigilants afin de ne pas financer les armes destinées à les appauvrir ou les assassiner.

            Nous ne devons pas permettre que nos impôts financent des guerres qui assassinent notre passé. Quand l'armée française va bombarder les pays africains, nous pleurons nos parents qui en meurent. Est-ce parce que nous profitons des produits de cette chasse que nous ne réagissons jamais ? Plutôt que de nous plonger dans une bêtifiante inertie, cet état de fait devrait nous révolter et nous mener à l’action. 

            Nous devons nous montrer capables de manifester notre désaccord ou notre opposition aux crimes commis en Afrique au nom d’idéaux trompeurs qui cachent des actes de prédation. Rappelons-nous que c’est grâce au combat populaire qu’aux Etats-Unis d’Amérique et en Afrique du Sud les limites du respect et de la considération ont été honorées par les communautés blanches.

            Il nous faut donc sans délai quitter cette inertie qui nous caractérise si fortement sur cette terre de France. Comprenons donc tous qu'en nous appropriant notre Histoire de France, nous nous montrerons forts pour défendre l'Afrique.

            Nous ne pouvons accepter que la France lance, comme une déclaration de guerre, que son avenir est en Afrique. Afin de faire échouer ce funeste projet qui nous implique tous, nous devons nous convaincre que la liberté de l'Afrique est entre les mains des Afro-descendants et de la diaspora africaine. Combattre l'action prédatrice de notre pays en Afrique doit donc être pour chacun de nous un idéal d'humanité et de justice. 

            Il y va aussi de la reconnaissance et du respect que nous attendons de nos compatriotes blancs. Les actes de la France qui humilient quotidiennement les pays africains, le rôle de troisième homme qu'elle joue constamment dans tous les conflits contribuent à la dégradation de notre image aux yeux de nos compatriotes. Combattre la politique étrangère de la France, faite d'incessantes humiliations et de criantes injustices contre la terre de nos parents et de nos ancêtres, s'avère donc un combat pour notre propre dignité. Ne pas mener ce combat, c'est renoncer à notre propre fierté et à notre soif de reconnaissance parmi nos concitoyens blancs.    

Raphaël ADJOBI        Rejoignnez la France noire

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30 mars 2013

France : les industries agroalimentaires empoisonnent les Antillais au sucre !

                   France : les industries agroalimentaires

                       empoisonnent les Antillais au sucre !  

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            Le mercredi 27 mars, les radios françaises annoncent que les boissons rafraîchissantes et les produits laitiers destinés aux départements d'Outre-mer contiennent deux fois plus de sucre. Elles expliquent que c'est, pour les industriels, une manière habile de rendre les Antillais dépendants de leurs produits sans se soucier de l'obésité que cet état de chose provoque chez cette population. Quant à l'industrie agroalimentaire, elle prétend qu'elle n'a fait que s'adapter au goût des Antillais qui, selon elle, aiment manger et boire très sucré. 

            Après les plats cuisinés à la viande de cheval à la place de la viande de boeuf, voilà donc l'empoissonnement de consommateurs français au sucre. Dans le premier cas, il s'agissait d'une simple tromperie sur la marchandise, donc un délit, et dans le deuxième cas une atteinte à la santé d'autrui, donc un crime. Et puisque ce crime vise une catégorie de la population, on peut même parler d'acte ségrégationniste, raciste ; même si dans l'affaire, quelques Blancs ont certainement consommé ces produits. Quelques sacrifiés. 

            Durant de nombreuses années, en France métropolitaine, les associations n'ont cessé de dénoncer l'ajout d'alcool et de produits spéciaux aux boissons qui ont la préférence des jeunes. Elles savaient que les fabricants rusaient ainsi afin de les rendre progressivement dépendants des boissons hautement alcoolisées quand ils seront adultes. Une campagne  a vite été menée pour prévenir les familles ; et l'état a tiré l'oreille aux industriels. Les distributeurs automatiques de sodas et de barres chocolatées ont donc disparu des collèges et de bon nombre de lycées en prévention de l'obésité et de l'addiction à l'alcool.

            De toute évidence cette campagne de santé auprès des familles et les lois imposées aux établissements scolaires et aux industries agroalimentaires n'ont pas été jugées applicables aux Antilles. Pire, devant l'impunité, les industriels ont choisi le sucre plutôt que l'alcool européen - le rhum est indétrônable aux Antilles - pour poursuivre leur sale besogne là-bas. Et pendant que les Antillais, perfusés au sucre grossissaient comme des immenses ballons - multipliant les maladies cardiovasculaires et le diabète - de nombreux métropolitains cherchaient l'explication de ce phénomène dans la proximité de leurs moeurs alimentaires avec celles des Américains.

            A vrai dire, les causes profondes de cette propension à l'obésité des Antillais - surtout des Antillaises - étaient connues depuis 2011. Des particuliers avaient révélé la teneur excessive de sucre dans le pain et les croissants et avaient jeté un doute sur la formation des boulangers. A quel crime les poussait-on ? Très vite, on s'était rendu compte que les produits alimentaires venus de France avaient une teneur en sucre deux fois supérieure à ceux consommés en métropole. Le député de la Guadeloupe, Victorin Lurel - aujourd'hui ministre - avait alors proposé une loi pour ramener ce taux au même niveau que dans l'hexagone. Mais comme à Paris rien n'est urgent quand il s'agit des Antilles, il a fallu attendre la crise de la viande de cheval à la place de la viande de boeuf pour qu'en mars 2013 les chaînes nationales reconnaissent enfin que les criminels ne sont point les Américains mais bien les industriels français. 

Raphaël ADJOBI 

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13 septembre 2012

La grande déprime des médias français

          La grande déprime des médias français

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             ou

   La grande déprime

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24 mai 2012

France : la fin du pouvoir des incultes

Pauvrecon0013           Lire sur 

Mes pages politiques

      F R A N C E 

 La fin du pouvoir

     des incultes  

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17 mai 2012

Vacherie Sarkozienne

              A lire sur Mes pages politiques

                        Vacherie sarkozienne  

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28 février 2012

Les Afro-Français et la tentation du vote Front National ; la position du MAF

     Les Afro-français et la tentation du vote FN

                                 La position du MAF* 

numérisation0007            Depuis le début de l'année 2012, exaspérés par le mutisme des candidats à la présidentielle sur les questions qui les touchent de près, les Afro-Africains semblent gagnés par une fièvre de sympathie pour le Front national (FN). Les témoignages qui fusaient çà et là ont fini par ébranler quelque peu les esprits au point de menacer l'efficacité d'un éventuel appel au vote unitaire que le MAF compte proposer à ses membres. 

            Visiblement, les Afro-Africains n'apprécient guère de voir leur sort assimilé à celui des immigrés de tous les horizons. En couvrant leurs préoccupations d'un mutisme coupable ou en les confondant avec d'autres, les hommes politiques ont laissé le champ libre aux vieux démons de la France qui surgissent à chaque échéance électorale de grande envergure. Partout, il n'est plus question que d'immigrés et de civilisation supérieure. Une façon très claire de clamer le péril de la maison France-gauloise-blanche. Les ennemis, ce sont tous les autres qui ne sont ni Blancs, ni gaulois ; donc les Afro-Français. Devant l'amplification de cette atmosphère malsaine, seule la voix de François Bayrou a tonné pour dire clairement qu'il y a des limites que l'on ne saurait franchir en cette terre de France sans conséquence grave. Les autres se sont contenté de murmurer du bout des lèvres quelques sons inaudibles. 

            D’autre part, la politique africaine de la France étant complètement exclue du débat des présidentielles – ce qui occulte par voie de conséquence les manquements dont la France s’est rendue coupable en Côte d’Ivoire et en Libye –, de nombreux Afro-français se souviennent que Marine Le Pen a été la seule responsable politique à dénoncer, dès les premières heures, l’acharnement des Européens sur Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi. Le premier est en prison dans l'indifférence générale des autres partis politiques. Ils n'oublient pas que leurs parents, grands-parents et arrière-grands-parents sont victimes de la politique de leur pays. Ils n'oublient pas que leurs impôts entretiennent des armées qui tuent leur passé. 

            Voilà donc les motivations d'une sympathie assez singulière qui pourrait menacer la belle cohésion que tente d'instaurer le jeune Mouvement des Africains-Français pour peser dans le choix du futur président. Pour éviter la dispersion des voix de ses membres, le MAF a décidé
de décortiquer, semaine après semaine, le programme des différents candidats afin de ne retenir que celui qui défend le mieux ses intérêts. En réalité, il semble que cette longue consultation, qui a commencé le 11 février dernier par le programme du FN, a pour seul but de dissuader les Noirs de France à apporter leur vote à Marine Le Pen. Pour le MAF, il ne faut en aucun cas laisser croire que le Front National détient la solution des Noirs en France.

                           Le programme antichrétien du FN        

            Voter pour Marine Le Pen et son programme, clame le MAF, c’est accepter que les enfants des immigrés n’aient plus la nationalité française ; pour être Français, il faudra être de parents français. C’est ce que l’on appelle le droit du sang par opposition au droit du sol. A première vue, cela n'est pas une mesure dramatique. Mais ceci entraînant cela, le programme stipule qu'un enfant d’immigré n’aura plus le droit à la scolarisation en France. D’autre part, un malade immigré n’aura pas le droit de bénéficier des soins dans les mêmes conditions qu’un Français. Le FN estime même nécessaire de libérer les logements à loyer modérés (HLM) occupés par les immigrés pour loger les Blancs. Un programme que le MAF juge antichrétien dans un pays qui se dit attaché aux valeurs chrétiennes. 

            Si le MAF continue l’analyse des différents programmes des candidat avant d’arrêter de manière définitive le choix du candidat pour lequel les membres devront voter tous « d’une même voix » (comme le dit le mot de ralliement), tout porte à croire que François Hollande a les faveurs du Mouvement malgré ses prises de positions malheureuses à l’égard de Laurent Gbagbo. Il faut reconnaître que le parti socialiste français et l’Internationale Socialiste ont brillé par leur absence dans la défense du camarade Laurent Gbagbo, quand ils ne lui ont pas jeté la pierre. Il n'est pas dit non plus que le parti socialiste répondra aux attentes du MAF, ni qu'il fera plus de places aux minorités dans sa sphère politique. Mais le Mouvement laisse croire que l'aventure mérite d'être tentée avec François Hollande. De même que l'on a tout intérêt à choisir son adversaire quand on le peut, il est judicieux de choisir comme coéquipier celui qui a une inclination naturelle à nous écouter. 

                 Le MAF en congrès le 14 Avril 2012. Et après ?   

            Pour réussir son opération de positionnement dans le débat avec les partis politiques et le futur pouvoir de notre pays, Calixthe Beyala, le fer de lance du  MAF, mise sur un grand succès du premier congrès national du Mouvement qui aura lieu le 14 avril 2012, à 13 heures, au Palais des Congrès de Paris. De toute évidence, ce congrès est de la plus haute importance. Il témoignera publiquement de la capacité de mobilisation du Mouvement. Mais il sera surtout le premier signe de sa visibilité dans le paysage politique français.           

            La présidente du Mouvement qui se plaît à critiquer les marches de protestation ou de soutien, prend paradoxalement conscience qu'un congrès rassembleur est une façon à la fois de faire du bruit et montrer sa force. C'est aussi une façon de signifier aux autres que l'on existe et que l'on a des préoccupations à faire connaître ou à défendre. Elle sait, comme de nombreux membres du MAF, qu'il ne faut en aucun cas rater ce rendez-vous en se retrouvant en petit comité le 14 avril 2012. Une maigre assistance serait le signe d'un échec qui effacerait le Mouvement non seulement de l'esprit des candidats mais encore de la scène politique à laquelle il veut accéder. 

            Certes, le Mouvement a des faiblesses très criantes. D'abord, il y a une réelle absence de définition claire du MAF. Tantôt on parle de lobby qui ne saurait se permettre de faire descendre ses membres dans les rues pour crier son indignation à la manière d'un quelconque groupe de soutien ; tantôt le Mouvement est présenté comme un parti politique. Si tel est le cas, alors Calixthe Beyala doit savoir qu'appeler à manifester ou à apporter son soutien à des mouvements de protestation n'est pas incompatible avec les desseins d'un parti politique. Que doit être le MAF ? Un mouvement de salon (sans les moyens financiers d'un lobby) ou un mouvement populaire capable d'exprimer publiquement son humeur devant les événements qui portent atteinte à ses valeurs ? Il faudra choisir au plus vite !   

            D'autre part, le MAF n'existe que par le nombre de ses adhérents. Rien d'autre ! Dans la pratique, nous n'avons pas connaissance de l'existence d'un bureau national provisoire. Il n'existe pas de section ou de représentation du Mouvement à l'intérieur du pays, mis à part à Lille. Tous ceux qui ont plaidé pour la création de différentes sections dans les grandes villes afin de rapprocher le Mouvement et ses instructions de ses membres ont vu ce projet écarté par Calixthe Beyala. Aussi, il est impossible aux adhérents ne vivant pas à Paris ou à Lille de se connaître et de tenir des réunions loin des yeux de sa présidente. Il est à craindre que l'absence de contact entre les membres et le manque d'action n'éteignent les ardeurs des premières heures de la naissance du Mouvement. La tentation du vote FN ne s'expliquerait-elle pas aussi par ce manque d'activité et d'implication directe des membres du MAF au sein de leur Mouvement ? Cela demande réflexion. 

            Cette remarque nous mène à la dernière grande faiblesse du MAF : la communication ! Il existe bien un site du Mouvement. Mais il ne semble pas destiné à communiquer avec les adhérents : pas de compte rendu des réunions parisiennes ; les questions posées par ce biais restent sans réponse (je l'ai testé !) ; les membres qui n'assistent pas aux réunions parisiennes avec Calixthe Beyala demeurent dans l'ignorance totale de ce qui se dit et se fait au sommet du MAF. Les SMS laconiques ne peuvent en aucun cas constituer le seul moyen de communication. A qui la faute si l'adhérent qui ne connaît pas de section locale n'est pas informé des actions et des prises de position de son mouvement ?     

            Enfin, combien sommes-nous ? Combien d'adhérents le Mouvement compte-t-il dans les grandes villes ? Personne ne le sait. Ni sur le site du MAF ni par les SMS les adhérents ne sont tenus au courant de leur importance en chiffres ! Faut-il attendre que les journaux et les chaînes de télévision le leur apprennent ? 

            Beaucoup de choses restent à faire. Mieux, tout reste à faire pour que le MAF - qui a fait naître tant d'espoir - ait des chances de poursuivre cette aventure au-delà du congrès du mois d'avril 2012. Il ne faut donc pas désespérer malgré ses manquements et son excessive centralisation qui le prive d'une base dynamique. Le fer de la lance du chasseur a beau briller, si le manche n'est pas solidement tenu par le bras du chasseur, et si celui-ci n'a pas les pieds suffisamment agiles pour le porter, la proie ne vivra que des frayeurs inutiles. Le MAF doit donc veiller à construire ses bases afin d'exister non pas seulement par son porte-parole mais par l'ensemble de ses membres actifs. Quand ceux-ci seront dans la capacité de mener des actions partout en France où les valeurs qu'ils défendent seront menacées, alors l'aventure se poursuivra. Il ne faut pas que l'on puisse dire demain : un seul être quitte le MAF et le Mouvement est réduit à rien !

            Le temps viendra où, en famille (politique), il faudra trouver les idées pour structurer et dynamiser le Mouvement. Mais pour l'heure, il est urgent de réussir ce premier congrès. Chacun doit se sentir concerné et faire le déplacement afin d'assurer son succès. Une présence massive des Africains-Français pourrait ébranler certains esprits politiques et faire évoluer les choses dans le sens de nos convictions. Il faut y penser sérieusement !   

*MAF : Mouvement des Africains-Français

Raphaël ADJOBI

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30 octobre 2011

La liberté perdue des médias français

          La liberté perdue des médias français

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                Les pages politiques de Raphaël

Sarkozy à Cheval 0001

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24 septembre 2011

Les Africains-Français à la recherche d'une plateforme de combat pour l'avenir

         Les Africains-Français à la recherche

  d’une plateforme de combat pour l’avenir 

DSCF0689            Le 10 septembre 2011 s’est tenue à Paris, rue Gobaut, l’avant-dernière réunion du « Mouvement des Africains-Français ». Prévue à 15 h, elle n’a débuté qu’à 16 h. La ponctualité serait donc à surveiller afin d’encourager la participation de ceux venant des provinces. Une cinquantaine de personnes avaient fait le déplacement ; ce qui est réjouissant. 

            La réunion a débuté par une introduction de la maîtresse des lieux : Calixthe Beyala, qui a mis sa notoriété au service du mouvement comme fer de lance. Elle reviendra quelque temps plus tard pour un brillant et provoquant exposé sur l’attitude des Africains en général face à l’évolution du monde.                                                                        

            Mais pourquoi donc les Africains sont-ils des ardents partisans de l’inertie ? Pourquoi rien ne les réveille en masse et ne les met en mouvement ? Rien que la peur ne peut expliquer cette attitude, clame Calixthe Beyala. L’Africain vit avec la peur au ventre ! Il n’y a plus d’hommes en Afrique, lance-t-elle. Un homme doit veiller sur sa femme et ses enfants et leur procurer de quoi manger, de quoi se vêtir. C’est pourquoi le "petit Blanc" prend les armes pour aller en Afrique chercher ce qui manque aux siens. Et c'est la même raison qui fait dire à Barak Obama que «  le rôle d’un président, c’est de veiller à ce que son pays ne soit pas en manque des ressources qui lui sont nécessaires ».*    

            Pendant ce temps, que fait l’homme africain ? Vautré dans sa suffisance, il ne cesse de discourir sur les autres, le ton toujours sentencieux. Prompt à invoquer des prétextes fallacieux, à en inventer si nécessaire, pour ne pas se battre. A vrai dire, c’est la peur de prendre ses responsabilités qui le mine et l’empêche de jouer son rôle de protecteur et de pourvoyeur des besoins de sa famille. N’est-ce pas ainsi que  nous sommes également, nous, Africains-Français ? Trop de prétextes nous empêchent de nous engager dans la défense de la cause noire. 

            Et comme le fera remarquer un intervenant avec beaucoup de justesse, les Africains-Français sont dans une situation délicate : nous profitons des fruits de la chasse du "petit Blanc" qui va bombarder les pays africains et nous pleurons en même temps nos parents qui en meurent. Plutôt que de nous plonger dans une bêtifiante inertie, cet état de fait devrait nous révolter et nous mener à l’action. Malheureusement, des millions d’Africains-Français n’ont jamais été capables de paralyser momentanément un secteur quelconque de notre pays afin de montrer leur désaccord ou leur opposition aux crimes commis en Afrique au nom d’idéaux trompeurs qui cachent des actes de prédation. On oublie que c’est à ce prix qu’aux Etats-Unis d’Amérique et en Afrique du Sud les lignes du respect et de la considération ont été repoussées par les Noirs.                 

            Certes, dans l’immédiat, - avant décembre 2011 -  le MAF a le souci de faire en sorte que presque tous les Afro-Français en âge de voter s’inscrivent sur les listes électorales pour participer aux élections de 2012. Et il compte bien faire du chiffre des adhésions une arme de négociation avec les partis politiques pour défendre ses valeurs vis-à-vis de l’Afrique. Mais, à plus long terme, le mouvement envisage la mise en place d’une plateforme de propositions en vue de la valorisation de l’Afro-Français. Au regard de ce qui est dit plus haut, cet objectif s’impose comme une absolue nécessité. 

            En effet, comme le disait si bien Calixthe Beyala, qu’attendons-nous pour favoriser par des actes concrets la naissance d’une élite Afro-Française capable de défendre nos intérêts et jouer un rôle prépondérant dans le paysage politique de notre pays ? Comment les Noirs peuvent-ils accéder au pouvoir en France s’ils ne constituent pas une force visible qui mérite respect et considération ? Il convient de travailler de concert pour que cet objectif soit un jour  atteint. Déjà, le mouvement songe à la création d’une cellule enseignante pour se pencher sur la question de la formation des Afro-descendants dans notre système éducatif. On constate par ailleurs qu’il n’y a que les Africains qui n’ont pas une « Maison de la culture » en France ! Comment les valeurs que nous véhiculons et que nous défendons peuvent-elles être prises en compte ou respectées si personne ne les voit, si personne ne les connaît ? Là aussi, tout doit être mis en œuvre pour qu’une maison de la culture africaine voie rapidement le jour. 

            Enfin, dans le domaine de l’éducation publique – même si cela ne peut être un élément à inscrire au nombre des objectifs à atteindre – on peut retenir la pertinente intervention de notre ami nantais qui nous conseille de mener un combat contre l’exclusion liée à l’insidieuse question souvent posée aux Noirs par les Blancs : « De quel pays es-tu ? » Puisque la question n’est jamais posée aux Français blancs d’origine hongroise, polonaise, italienne, espagnole, … il serait juste que les Afro-Français refusent leur exclusion de la France en disant qu’ils sont originaires de la Côte d’Ivoire, du Congo, du Cameroun, du Mali… Être Africain-Français c’est déjà beaucoup et cela doit être la seule réponse à délivrer désormais. Sur ce chapitre, ceux qui ont l'habitude de lire mes commentaires ça et là savent que c’est un combat que je mène depuis de nombreuses années.   

           DSCF0688 En moins de trois mois d’existence, le MAF apparaît comme le seul mouvement à totaliser en un temps record le plus grand nombre d’adhérents. Mais pour que sa présence sur l’échiquier politique de notre pays soit remarquée de façon durable, il lui faut asseoir une plateforme de projets suffisamment étoffés et réalisables (donc réalistes) qui offre à ses adhérents des raisons d’être fiers pour poursuivre le combat et se défendre contre les questions de leurs détracteurs. Cette plateforme pourra aussi s’avérer un outil précieux pour convaincre ceux qui hésitent encore à rejoindre notre mouvement. 

*Propos attribué à Barak Obama lu dans le courrier d’un  ami Internaute. 

Raphaël ADJOBI

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25 juin 2011

Les faiblesses des médias français révélées par l'affaire Dominique Strauss-Kahn

               Les faiblesses des médias  français révélées

                      par l'affaire Dominique Strauss-Kahn

 

DSK aux USA 03Je vous donne à lire ici un excellent article d'Emmanuelle ANIZON, publié dans la revue Télérama du 25 mai 2011, dans lequel elle montre une presse française pleine de tabous et des secrets, incapable de mener des enquêtes hors des canaux officiels ; une presse française qui reprend les mêmes credo que les politiques quand il s'agit des moeurs sexuelles. Quand les médias se joignent presqu'unanimement aux hommes politiques pour juger qu'abuser d'une femme étrangère dans un hôtel où l'on est de passage relève de la vie privée, on se dit que quelque chose ne tourne pas rond dans l'esprit des journalistes français. Comment peut-on confondre adultère et viol ou tentative de viol ? Chez tous, la raison s’efface devant la longue amitié, la haute stature sociale et politique d’un français. Par ailleurs, l'article nous découvre le passé de Dominique Strauss-Kahn ; un passé fait de rumeurs persistantes puis de vérités non dénoncées ou étouffées. Un passé où cet homme apparaît comme un prédateur qui, en France, inspirait une véritable peur dans les milieux journalistiques féminins. Un article long, très long, mais riche, très riche ! Vous n'aurez pas besoin de lire un autre texte sur le sujet après avoir lu celui-ci parce qu'il est la somme et l'analyse de tout ce qui a été écrit. Dans les crochets sont placées mes brèves réflexions personnelles.   

 

        L'affaire DSK fera-t-elle évoluer les médias ?

La presse française savait que l'ex-président du FMI avait un "problème". Elle n'a pas enquêté. Doit-elle se remettre en cause ? Les rédactions s'interrogent.

                 Un article d'Emmanuelle ANIZON

 

            Quand il a été accusé par la femme de chambre, on a entendu « C'est un complot », « Ce n'est pas son style », ou encore « C'est un troussement de domestique » (Jean-François Khan) et puis, « Il n'y a pas mort d'homme » (Jack Lang). Quand il a été exhibé, non rasé, abattu, menotté dans le dos, au regard avide des médias, on a aussi entendu « Le pauvre », « Trop dur », « Aucun respect de la présomption d'innocence », « justice de barbares ». Robert Badinter, Elisabeth Guigou... [On n'a jamais lu ou entendu de tels propos quand Simone et Laurent Gbagbo ont été exhibés et livrés aux molestations des partisans de son adversaire]. Quand il a été incarcéré dans une prison sordide, il y a eu : « Mais il n'y a pas de cellule VIP ? Pas de traitement particulier ? » Quand enfin les médias américains ont attaqué leurs confrères français sur le thème : « Mais vous saviez qu'il avait un comportement sexuel étrange ? Vous n'avez pas enquêté ? », ils se sont entendu répondre : « Ce n'est pas notre job. »

            On pourrait encore, cruellement, égrener les exemples. Le choc DSK, dimanche 15 mai 2011, a d'abord été un choc de cultures : deux justices, deux mondes journalistiques et, à travers eux, deux visions de la société. D’un côté – on caricature un peu -, une Amérique puritaine, légaliste et égalitariste permettant à une parfaite incarnation du prolétariat mondial – une femme de ménage noire immigrée – d’attaquer en justice un des hommes les plus puissants de la planète. De l’autre – on caricature toujours -, une France latine, jouisseuse et machiste, respectueuses des puissants, avec ses réflexes de castes, ses connivences de classes, ses rapports incestueux entre journalistes et politiques… Le choc a fait mal. Immédiatement, la « bande grégaire et endogame des mâles blancs bourgeois » français, comme nous le souffle joliment le professeur de civilisation américaine à l’université de Nanterre François Cusset, est monté sur ses ergots pour défendre un des siens. BHL, l’autre star à initiales, a donné le ton en écrivant dès le lundi matin, sur son site, puis sur celui du Point, une « Défense de Dominique Strauss-Kahn », cet « ami de vingt-cinq ans ». Où l’on peut lire, entre autres : « J’en veux au juge américain qui, en le livrant à la foule des chasseurs d’images qui attendaient devant le commissariat de Harlem, a fait semblant de penser qu’il était un justiciable comme un autre » [C’est à peine croyable qu’un intellectuel français demande à ce que tout le monde ne soit pas traité de la même façon devant la justice !] , « à cette presse tabloïde new-yorkaise, honte de la profession », « à tous ceux qui accueillent avec complaisance le témoignage de cette autre femme, française celle-là, qui prétend avoir été victime d’une tentative de viol du même genre », etc. Certes, il n’a pas dit qu’il en voulait à la femme de chambre. Face à ce brillant réquisitoire, les médias américains ont répliqué violemment, comme cet éditorialiste de la National Review : « Je suis fier de vivre dans un pays dans lequel une femme de chambre peut faire débarquer un dirigeant international d’un avion en partance pour Paris. Si ce genre de chose est impossible en France, eh bien, honte à la France et à Lévy. » Le New York Time, en une, a même brocardé le "code of silence" des médias français, hérité des secrets d’alcôve de la royauté, s’étonnant par exemple « qu’il n’y ait eu aucune investigation journalistique quand M. Sarkozy a nommé Frédéric Mitterrand ministre de la Culture, alors qu’il avait écrit des mémoires décrivant en détail comment il avait payé pour coucher avec de "garçons" en Thaïlande ».

 

            On s’est invectivé, on a discuté. Les Latins sont venus se défendre dans les médias anglo-saxons, et vice versa. Au fil des jours, le débat a évolué. Dans les rédactions et les cafés, on s’est interrogé : Qu’avait-on su qu’on aurait dû dire ? Faut-il enquêter sur la vie privée ? [Mais forcer une étrangère à avoir avec vous une relation sexuelle alors que vous êtes de passage dans un hôtel relève-t-il encore de la vie privée ? Je dis NON !] Et si oui, où mettre le curseur ? Où finit la drague, où commence le harcèlement ? A partir de quand un comportement privé a-t-il un impact sur la sphère publique ? Est-ce qu’un comportement sexuel « hors norme » a une conséquence sur la capacité à gouverner, comme le pensent les Américains ? Que révèle cette affaire DSK de nos manquements démocratiques ?

 

  « Les filles ne portent pas plainte car on vit dans un pays

     Horriblement macho où les puissants sont protégés »

                     Sylvie pierre-Brossolette, Le Point.

 

Nafissatou Diallo 0004            Sur DSK, tout le monde a dit « on savait ». Mais on savait quoi ? Dans les rédactions, on savait par exemple que le politique multipliait auprès des consoeurs les remarques lourdes, textos insistants, gestes appuyés, rendez-vous pièges… à tel point que certaines journalistes n’allaient plus interviewer DSK seules. Et que l’une d’entre elles aurait parlé de tentative de viol sans porter plainte. Aurait-il fallu alors enquêter ? Ce n’est pas dans la tradition française [Quel aveu terrifiant sur l’esprit français !], comme l’a vérifié Lucie (nous l’appellerons ainsi), jeune et jolie journaliste dans un quotidien du Val-d’Oise. En 2003, DSK lui donne rendez-vous pour une interview au bar d’un hôtel luxueux du 8è arrondissement de Paris, le Royal Monceau. Elle est intimidée, face à l’ancien ministre de l’Economie. Mais sur place, pas moyen de poser une question : DSK, devant son Perrier (dans lequel il rince sa lentille), ne lui parle que de sa beauté. Les chambres ne sont pas loin, juste au-dessus. Elle refuse de comprendre. Voyant qu’il ne se passera rien, il se lève et s’en va, coupant court à l’entretien. « Il ne s’est rien passé de grave, raconte-t-elle. Mais la grossièreté, le sentiment d’impunité tranquille… on se sent désarmée. » Lucie a raconté à sa rédaction. En a même ri. Parce que, dans le pays de la gaudriole, il faut en rire. Il y a tellement d’histoires de cul entre politiques et journalistes. Lucie n’a jamais rien écrit sur le sujet. Parce que ça ne se fait pas, que tout ça n’est pas grave. « Ce n’était pas un crime », comme on a si souvent entendu dire ces derniers jours. [C’est la même réalité concernant les propos racistes des hommes politiques] il lui est juste resté ce petit malaise qui explique qu’aujourd’hui encore ces journalistes, pour certaines connues et écrivant en ce moment sur l’affaire, ne veulent pas qu’on les cite, gênées. « Je comprends qu’une fille ne porte pas plainte, même pour quelque chose de grave, remarque Lucie, qui travaille aujourd’hui dans un quotidien national. La société ne nous protégerait pas, nous pointerait du doigt, notre carrière sera barrée. » [C’est le même raisonnement que font les Noirs de France] Sylvie Pierre-Brossolette, directrice adjointe de la rédaction du Point, le journal qui publiait lundi la tribune enthousiasmante de BHL, résumait jeudi sur France Inter la situation : « Les filles ne portent pas plainte parce qu’on vit dans un pays horriblement macho, où la police a plutôt tendance à étouffer les affaires, les puissants sont protégés. » [Les Noirs ne peuvent que se réjouir de lire que ce qu’ils dénoncent depuis toujours soit reconnu comme une réalité par les femmes] Sans plainte, on ne peut pas écrire. Trop risqué. « On a cherché, pourtant, affirme un ex-journaliste de Libé, mais on n’a jamais trouvé de vraies preuves ».

 

            Pendant toutes ces années, les médias se sont donc contentés d'un adjectif, "séducteur", et ont tourné autour du pot. A l'image de cet échange, paru dans L'Express en 2006 : à Dominique Strauss-kahn, l'hebdomadaire demande : "vous avez la réputation d'être un séducteur [mot très flatteur pour les hommes], craignez-vous le pouvoir de la rumeur dans la vie publique ?" Il répond : "Ce n'est pas une arme que j'utiliserai." A Anne Sinclair, le journaliste souffle un "souffrez-vous de la réputation de séducteur de votre mari ?" Elle rétorque : "Non, j'en suis plutôt fière ! [Voilà une femme qui confond séduire - synonyme de courir après les femmes pour les faire tomber en faute - et plaire qui veut dire susciter à la fois l'admiration et l'envie] C'est important de séduire pour un homme politique [Elle confond "séduire un public" et "séduire une femme"]. Tant que je le séduis et qu'il me séduit, cela me suffit. Je sais bien que, dans une campagne, les attaques ne se situent pas toutes à des niveaux stratosphériques, mais je suis un peu blindée sur le pouvoir de la rumeur". Elle a couru la rumeur. A la radio, Laurent Gerra finissait invariablement ses imitations de Dominique Strauss-Kahn par "I want to fuck" ; Stéphane Guillon appelait toutes les femmes de la station à se planquer à l'arrivée du patron du FMI. Le public riait (Note de l'auteur : Stéphane Guillon a fini par être viré). En 2006, le livre Sexus politicus brise le tabou, raconte dans un chapitre consacré à DSK sa vie de partouzeur, ses indélicatesses avec les journalistes et l'histoire de Tristane Banon, la jeune journaliste-romancière qui affirme avoir subi une tentative de viol en 2002, lors d'une interview de DSK. Le livre est un best-seller, vendu à deux cent mille lecteurs, traduit dans plusieurs langues... Bizarrement, rien ne bouge. Lorsque Dominique Strauss-Kahn est nommé à la présidence du FMI, en 2007, le journaliste de Libération Jean Quatremer, spécialistes des institutions internationales, écrit dans son blog : "Le seul vrai problème de Strauss-Kahn est son rapport aux femmes. Trop pressant, il frôle souvent le harcèlement. Un travers connu des médias, mais dont personne ne parle (on est en France). Or, le FMI est une institution internationale où les moeurs sont anglo-saxonnes. Un geste déplacé, une allusion trop précise, et c'est la curée médiatique." Le, blog fera à peine quelques vaguelettes. Lorsqu’en 2008 un journal américain révèle que Dominique Strauss-Kahn est soupçonné d’avoir abusé de sa position pour obtenir, au sein du FMI, les faveurs d’une subordonnée – ce que l’institution interdit -, le scandale éclate. Anne Sinclair monte au créneau pour défendre son mari, le FMI étouffe ce qui est présenté finalement comme un banal adultère. Et tout le monde (Français et Américains d’ailleurs) se fiche bien de ce que ladite subordonnée écrira, dans une lettre adressée au board du FMI : « M. Dominique Strauss-Kahn a un vrai problème, qui le rend inapte à diriger une institution où les femmes travaillent sous ses ordres. » Là encore, l’affaire se tasse. Et quand la candidature de DSK à la présidence de la République française se précise, la presse de gauche, ravie de son brillant champion, soutient sa campagne… et retient son souffle.

 

            Dimanche, la violence de la claque a surpris tout le monde. L’affaire délie les langues. Dans les médias, on évoque déjà d’autres histoires, d’autres témoignages mettant en cause l’ex-patron du FMI… Mais ensuite ? Juste avant la présidentielle, l’affaire DSK va-t-elle ouvrir une nouvelle ère pour les médias français ? Chacun va-t-il aller débusquer sous ses tapis les petites histoires jusque là tues de mœurs, de tromperies et cure de « désintox » ? [Il ne faudra tout de même pas confondre adultère et agression sexuelle ou tout autre forme de pratique sexuelle qui conduit généralement le commun des français devant les tribunaux] Verra-t-on d’autres Bill Clinton, Gary Hart ou Eliot Spitzer fauchés en pleine ascension politique ? Les rédactions s’interrogent. Libération a même publié une page sur ces questionnements et ces déchirements internes. Conclusion : « Au vu de la vigueur des échanges depuis trois jours, on peut dire qu’il existe à Libé autant de points de vue que de journalistes, ou presque. » Ambiguïté, tortillements… Globalement, les journalistes français refusent de tomber dans la pudibonderie et l’hypocrisie à l’américaine, craignent les dérives et s’accrochent à l’article 9 du Code civil : « Chacun a droit au respect de sa vie privée. » Nicolas Demorand écrit que Libération « continuera à respecter la vie privée des politiques [En d’autres termes, si ce qui est arrivé aux Etats-Unis se produisait en France, on ne devrait pas en faire cas]. C’est un principe démocratique hypocrite aux yeux de certains, mais fondamental. Imparfait mais nécessaire [Pour les hommes ou pour les femmes ?]. Mettre ce principe au rancart conduirait à favoriser à court, très court terme, la victoire du « buzz » et du « trash » au nom de l’information de qualité ». Le Canard enchaîné explique que « L’information s’arrête à la chambre à coucher »… Edwy Plenel de Médiapart dit la même chose à la télé. Philippe Martinat, du Parisien, aussi : « Si la vie privée n’influe pas sur la vie publique, on n’a pas à en parler. » Jean Lesueur, directeur de la rédaction de France 24, n’est pas du tout d’accord : « Quand Pompidou part rencontrer Brejnev, alors que tout le monde sait qu’il est malade et très diminué par sa maladie ? Quand les médias racontent que François Mitterrand voit Kadhafi alors qu’il passe des vacances en Libye, avec sa fille Mazarine ? » Et va plus loin : « Et quand un dirigeant a des comportements qu’il n’assume pas et qui pourraient servir à du chantage ? »

 

            En 2007, Béatrice Vallaeys, directrice adjointe de la rédaction de Libération, avait commandé un portrait de « DSK, président du FMI » à sa correspondante aux Etats-Unis, en lui disant : « Vas-y avec le photographe, pas seule. » A l’époque, rien n’avait transparu de cette conversation dans l’article. Aujourd’hui ? « Je lui dirais d’y aller, mais de raconter l’attitude de DSK dans son papier. Enfin… je crois. »

 

Emmanuelle ANIZON

Posté par St_Ralph à 12:03 - Actualités françaises - Commentaires [4] - Permalien [#]