Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

11 janvier 2015

Je refuse d'être Charlie ou pourquoi la totale liberté d'expression est une illusion

                                 Je refuse d'être Charlie

ou pourquoi la totale liberté d'expression est une illusion

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            Avant d'affirmer bêtement « je suis Charlie » à l'unisson avec le troupeau français, il serait bon que vous preniez le temps de découvrir par vous-même le vrai visage de Charlie Hebdo dont le siège a subi l'attentat meurtrier du 7 janvier 2015. Manifester de la compassion à l'égard des morts, condamner ouvertement et fermement cette mise à mort calculée ne doit pas vous empêcher de savoir qui est Charlie à qui on vous demande de vous identifier.

            Pour ma part, même si je suis solidaire de mes compatriotes dans la douleur, je refuse de prendre la place de Charlie pour mener son combat imbécile qui consiste à entretenir la division sociale par d'incessantes stigmatisations. Je refuse d'être Charlie parce que je refuse d'être un raciste et un islamophobe. Si demain Marine Le Pen était assassinée pour ses idées racistes, je dénoncerai le crime parce que tout le monde a le droit d'exister avec les idéaux qu'il défend. Mais que l'on ne vienne pas me demander de me mettre à sa place pour assumer et défendre son idéal. Les racistes mangent avec les racistes. Je ne veux pas être des leurs. Si demain je tombe au front dans mon combat contre l'impérialisme français en Afrique, ne demandez pas aux impérialistes français de se substituer à moi pour mener mon combat anti-impérialiste. Qu'ils me Plaignent s'ils veulent ; mais qu'ils laissent à mes compatriotes et amis anti-impérialistes le soin de mener mon combat. Nous avons le devoir de reconnaître à chaque individu le droit d'avoir des idées différentes des nôtres ; mais on ne doit pas nous mettre dans l'obligation d'approuver, sous le coup de l'émotion, celles que nous ne partageons pas. Et pire, embrasser des idéaux contraires aux nôtres.

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            Quant aux enseignants qui profitent de l'innocence des enfants pour les pousser dans cette mare aux relents nauséabonds en leur demandant d'affirmer qu'ils sont Charlie, je les mets en garde contre le reproche qui leur sera fait demain. Qu'ils imaginent ces êtres découvrant dans dix ou quinze ans les caricatures racistes et islamophobes de Charlie Hebdo auxquelles le professeur d'école ou de collège les a obligés à s'identifier. Le ressentiment pourrait être violent et leur image transformée en épouvantail !           

            Se contenter de dire qu' à travers le journal satirique Charlie Hebdo c'est la liberté d'expression qui est attaquée et qu'il faut la défendre, c'est nier que ce sont les multiples frustrations engendrées par nos comportements et nos politiques ici et ailleurs qui poussent certains à ces actes extrêmes que nous réprouvons. Se contenter de dire que c'est la liberté d'expression qui est attaquée et qu'il faut la défendre, c'est se boucher les yeux et refuser de se poser des questions, c'est embrasser nos certitudes habituelles au lieu de chercher à comprendre si ce qui nous arrive n'a pas une cause plus profonde. C’est ne voir jamais plus loin que le bout de son nez. C’est croire que quand on a bien mangé et bien bu, tout le monde devrait être content. 

            On ne tue pas avec une telle sauvagerie pour une caricature blessante. Seul un fou peut commettre un tel acte ; à moins de considérer celui-ci sous l’angle d’un fanatisme exacerbé comme aux temps du catholicisme outrancier de la France où l’on vouait au bûcher des êtres simplement soupçonnés de faute moindre que des caricatures. Cette tuerie calculée et minutieusement préparée ne peut être l’œuvre d’un fou. Seule la vengeance ou l'implacable animosité peut l’expliquer. Cette preuve nous est donnée par le comportement des Français suite à l'attentat contre le siège du journal satirique français. Que voyons-nous depuis ? Des Français se vengent en attaquant des mosquées ! De nombreuses mosquées ont été lapidées, saccagées, mitraillées. Ces Français ont-ils agi ainsi parce qu'ils sont contre la liberté de culte en France ? Non ! Ils exprimaient une vengeance et une animosité. Il nous faut donc nous poser la question de savoir ce qui dans notre comportement a pu et peut nourrir ces sentiments chez l'autre. Et c’est ce que j’ai fait dans un précédent article.

           Un dessin peut-il être raciste ou islamophobe ? 

            Puisqu’il s’agit de parler ici de la liberté d’expression, il convient de retenir que de même que l’on ne fait pas toujours ce que l’on veut, nous devons apprendre à ne pas toujours dire ce que nous voulons. La liberté, ce n’est pas seulement agir et s’exprimer selon sa volonté ; c’est aussi savoir fixer des limites à ses actes et à ses mots. Tous les jours, les enseignants apprennent aux élèves - ces citoyens de demain - que dans les actes comme dans les mots, notre liberté s’arrête là où commence celle des autres. Quand l’autre dit que mon acte ou ma parole le blesse, je dois avoir l’intelligence de comprendre que j’ai franchi les limites de ma liberté d’expression ou d’agir. Est-ce que ridiculiser l’autre, l’humilier constamment est nécessaire à ma liberté ? Est-ce que ma vie n’aurait pas de sens si je n’entreprends jamais de stigmatiser l’autre, de le décrier par mes écrits, mes paroles et mes œuvres artistiques, par tous les moyens d’expression dont je dispose ? Et puis posons-nous cette autre question : est-ce qu’une parole ou un texte cesse d’être raciste parce que l’un ou l’autre est exprimé sous la forme d’un dessin ? Non ! Les enseignants qui, soudain, demandent aux élèves de défendre la liberté d'expression qui blesse et stigmatise se fourvoient dangereusement.   

            Toute liberté a une limite. Et selon les lieux et les époques, les limites des libertés diffèrent et fluctuent au gré de la morale, des institutions, des pratiques ordinaires, des pouvoirs et des caprices des gouvernants. La totale liberté d’expression est une illusion, un rêve semblable à un effet d’optique insaisissable parce qu’aux contours changeants et fuyants. Tous nos gouvernants qui nous parlent de liberté d’expression nous bercent d’illusions. Partout dans le monde nous sommes libres mais gouvernées ; c’est-à-dire qu’il y a toujours une volonté qui président ou prescrit des lois à notre liberté. Ne nous laissons pas bercer par l'illusoire liberté d'expression qui nous rendrait semblable à l’âne qui suit la carotte au bout du bâton de celui qui est sur son dos. La totale liberté d'expression que nous voulons atteindre fuit constamment devant nos yeux ; et toujours selon la volonté de nos gouvernants et des circonstances.

            Ainsi, la France octroie la liberté de dire et de faire à certains mais l'interdit à d'autres. De nombreux individus soudainement privés d'antenne ou affectées à d'autres fonctions - quand ils ne les perdent pas - ne me contrediront pas. On n'a pas le droit de dire ce que l'on veut sur les radios et les télévisions françaises. On peut même être interdit de spectacle public. Il y a des instances qui veillent à ce que ne s'exprime que ce que nos autorités tolèrent. En 2010, en Côte d'Ivoire, la liberté d'expression du conseil constitutionnel de ce pays a été contestée par la France qui a remplacé le président désigné par cette institution par l'homme qu'elle préfère. Combien de Français ont crié au scandale ? Il me plaît de signaler ici l'entrée dans l'espace européen qui est interdite à l'ancien ministre malien de la culture, Aminata Traoré, et à son compatriote le député Omar Mariko parce qu’ils soutiennent des idées qui ne sont pas favorables à la politique étrangère de la France en Afrique. Convenons donc que le spectacle des gouvernants d’hier et d’aujourd’hui manifestant pour défendre la liberté d’expression n’est rien d’autre qu’une fourberie.

°Une vidéo sur la liberté d'expression en france : https://www.facebook.com/video.php?v=780733235341250&pnref=story  

Raphaël ADJOBI

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13 mai 2014

Commémoration de l'abolition de l'esclavage 2014 : de Villers-Cotterêts à Paris

Commémoration de l'abolition de l'esclavage 2014 :

                     de Villers-Cotterêts à Paris          

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            De Villers-Cotterêts à Paris, place du général Catroux, la commémoration de l'abolition de l'esclavage a tourné autour de la figure historique du général Alexandre Dumas qui, peu à peu, fait surface dans l'Histoire de France. 

            A Villers-Cotterêts, c'est sous la pluie qu'a débuté à 11h la cérémonie devant l'ancienne résidence de la famille du général Dumas. C'est Claude Ribbe, le nouveau président de l'association Les Amis d'Alexandre Dumas qui, le premier, s'est adressé au public. L'écrivain n'a pas manqué de rappeler le parcours du valeureux général mort à 46 ans, oublié de la France, dans cette petite ville de Picardie. Oublié parce qu'en 1802, la mise en place de l'arrêté consulaire de Bonaparte avait rayé les nègres de l'armée, les excluant par la même occasion de tout hommage de la nation. Puis Claude Ribbe a souligné les efforts de son fils - l'écrivain Alexandre Dumas - pour venger, par son oeuvre, ce père qu'il vénérait mais qui ne l'a pas vu grandir.

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            Puis l'orateur s'est attardé sur l'attitude antirépublicaine du maire de Villers-Cotterêts qui a refusé de prendre part à la cérémonie qu'il assimilait à de la repentance. Aux yeux de Claude Ribbe et de l'assistance qui l'a fortement applaudi, le maire s'est totalement déshonoré. Il a rappelé que toutes les personnes présentes n'avaient rien à se reprocher  parce que personne, dans l'assistance, n'est coupable du crime de l'esclavage. De toute évidence, seul le maire qui parle de repentance à quelque chose à se reprocher. Il a été également rappelé que la commémoration de l'abolition de l'esclavage est nécessaire parce qu'elle nous ramène aux origines du racisme qui fait tant de mal dans notre pays. Se soustraire à cette cérémonie équivaut donc à une faute, comme le soulignera le Premier ministre à Paris, quelques heures plus tard. 

            Puis l'ancien maire de la ville a pris la parole pour rappeler le sens de la commémoration de l'abolition de l'esclavage avant de dénoncer l'absence de son successeur qui prône par son attitude une idéologie pour son parti. Il a lancé un appel à "regarder notre histoire en face pour la dépasser sans rien effacer". Selon lui, ce sont les mémoires réconciliées qui construiront la France. 

            Puis deux jeunes sont passés devant l'assistance pour lire un poème. Leur prestation a été suivie par l'intervention du président de la ligue des droits de l'homme qui a justifié la présence de son mouvement par l'affront fait à la souffrance humaine par le maire FN. 

            Malgré la pluie, la cérémonie de Villers-Cotterêts fut une belle fête populaire avec un public plus nombreux qu'à Paris où il fallait être officiellement invité. 

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                                       Paris, une cérémonie pour les officiels

            La cérémonie de Paris, à la place du général Catroux (17e) a débuté à 18 h en présence du Premier ministre, du ministre de la justice et du ministre des Outremers. Etaient également présentes, Mme le maire de Paris (Anne Hidalgo) et Mme le maire du 17e arrondissement (Brigitte Kuster). Cette dernière nous a d'ailleurs remis en mémoire le fait que derrière l'esclavage dont on commémore l'abolition, il y a bien le racisme et la discrimination qui perdurent. 

            A son tour, comme à Villers-Cotterêts, Claude Ribbe a rappelé que nul n'est coupable des crimes du passé. Et comme pour faire écho aux propos de ceux qui voyaient dans le rapt des filles du Nigéria la permanence de l'esclavage en Afrique, il a tenu à dissiper tout amalgame en rappelant que l'on ne peut mettre sur le même pied d'égalité ce crime de bandits de grand chemin et le crime d'Etat, légalisé et codifié qu'était l'esclavage outre-Atlantique. Mise au point absolument nécessaire pour ceux qui ont tendance à s'appuyer sur les crimes des individus pour pardonner ceux des Etats. 

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            Puis Claude Ribbe a rappelé au premier ministre quelques attentes des Noirs de France : la mise en place d'un véritable plan de lutte contre le racisme, la création d'un centre de culture du monde Noir et l'introduction de l'histoire des Noirs dans notre enseignement ; en d'autres termes, apprendre à nos enfants l'Histoire de la France sans rien leur cacher. 

            Mme Anne Hidalgo, nouveau maire de la ville de Paris a dit pour sa part que commémorer l'abolition de l'esclavage, c'est commémorer la mémoire des femmes et des hommes d'Afrique qui ont été déportés, assassinés, des femmes et des hommes morts dans les comptoirs, au fond des Océans. C'est également, selon elle, commémorer la mémoire de ceux qui se sont levés pour revendiquer leur liberté.

            Quant au premier ministre, il a d'abord dénoncé l'outrage du maire de Villers-Cotterêts avant de dire que la traite Atlantique a déshonoré l'Europe. "Notre histoire connaît des pages de gloire et des pages sombres", et la Shoa comme l'abolition de l'esclavage des Noirs doivent bénéficier de la même attention et des mêmes soutiens de la part de la république,  a-t-il tenu à préciser. 

            On ose espérer que de commémoration à commémoration, les attentes des Noirs de France seront satisfaites. Chose nécessaire pour que leurs compatriotes blancs prennent non seulement réellement conscience de leur contribution à l'Histoire de notre pays mais aussi qu'ils leur témoignent la reconnaissance dont ils ont besoin pour avancer d'un pas plus assuré dans la société française. On ose aussi espérer que la diaspora africaine s'impliquera davantage dans cette commémoration annuelle au lieu de la laisser aux seuls descendants d'esclaves. L'abolition de l'esclavage est l'affaire des Africains, des Noirs enlevés d'Afrique et des Européens. C'est assurément notre mémoire commune que notre pays veut commémorer chaque 10 mai.

Raphaël ADJOBI

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11 avril 2014

Appel aux Afro-descendnats et à la diaspora africaine : 10 mai, commémoration de l'abolition de l'esclavage !

           Appel aux Afro-descendants et à la diaspora africaine

  10 mai : commémoration de l'abolition de l'esclavage

           Nous devons nous approprier notre Histoire de France

                                    pour libérer l'Afrique !

           

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Chaque jour nous subissons le mépris de nos compatriotes blancs.

            Parce que nous sommes à leurs yeux des étrangers qui viennent manger leur pain, ne descendent-ils pas régulièrement dans les rues pour crier "sus aux immigrés" et exprimer leur peur du "remplacement de la population" blanche ?

            Chaque jour, nos concitoyens blancs nous jettent à la figure  cette question : "de quelle origine êtes-vous ?" Et cela pour mieux nous signifier que nous ne sommes pas des leurs.

            Les politiques de leur côté nous prêtent des sentiments et même des propos que nous n'avons jamais tenus. Quand nous parlons de reconnaissance, ils proclament qu'ils sont contre la repentance ; et cela pour mieux dresser nos compatriotes blancs contre nous et justifier par la même occasion leurs mesures racistes à notre égard. 

            Et pourtant, comme le reconnaissent de nombreux penseurs ou philosophes, l’idée que l’homme doit être reconnu, respecté par ses pairs pour vivre en société et se réaliser pleinement devrait être au centre des préoccupations de ceux qui nous gouvernent.

            La définition de la justice sociale ne peut en effet se limiter à la question des droits. 

            Nos dirigeants devraient aller plus loin en veillant à diagnostiquer tous les maux qui nous empêchent de nous réaliser pleinement et nous minent intérieurement parce qu'ils dégradent la reconnaissance en humiliation ou exclusion.   

               Nous devons célébrer et enseigner la France noire

            Devant le mépris des politiques et des officiels de l'Etat qui se mue peu à peu en sournoise exclusion - pouvant aboutir à un racisme décomplexé et généralisé - une impérieuse nécessité s'impose à nous, Afro-descendants et diaspora africaine : 

            nous devons nous approprier résolument notre Histoire française afin de mieux nous ancrer dans le tissu social de notre pays ! Commençons donc par faire de la commémoration de l'abolition de l'esclavage célébrée chaque 10 mai une fête nationale. Que chacun se sente concerné au point de ne jamais manquer d'être présent à ce jour de souvenir. 

            Nous devons, pour cela, répondre à l'appel des différents comités d'organisation qui seront installés dans les villes, les départements et les régions de France. Répondre à cet appel s'impose à chacun comme un devoir moral, un devoir mémoriel. 

            Une réponse massive à cet appel à nous inscrire fièrement dans le calendrier des commémorations nationales témoignera de notre réelle volonté de déchirer le voile de notre invisibilité et nous présenter en Français à part entière. Cet élément rassembleur sera un premier pas vers des actions fortes susceptibles d'ébranler la conscience de nos dirigeants et celle de nos compatriotes blancs. Il nous faudra passer par là pour que leurs yeux s'ouvrent et qu'enfin leurs oreilles entendent le cri de notre indignation et de notre douleur trop longtemps contenues.

            L'Etat français blanc a toujours refusé des réparations aux descendants d'esclaves et de colonisés, les empêchant ainsi de partir d'un bon pied dans la course à la réalisation de soi. Aussi, sans aucune forme de réparation de l'esclavage, qu'il a pourtant reconnu être un crime contre l'humanité, notre pays demeure une république inégale et injuste !  

            Que propose l'Etat pour l'éducation de nos enfants ? Quels sont les héros noirs qui peuvent faire leur fierté et les aider à se construire ? Sous leurs yeux ne se découvrent que des manuels vidés de l'histoire des Noirs, de l'histoire de leurs ancêtres que l'on veut toujours réduire au tableau sombre de la pauvreté du Tiers-monde. 

            L'Education Nationale a le devoir d'introduire les pages de notre histoire dans les manuels d'enseignement afin de rendre nos enfants fiers de la contribution de leurs ancêtres à la grandeur de la France. 

            Ce n'est pas par les slogans misérabilistes qui valorisent les Blancs et infériorisent les Noirs  que l'on peut lutter contre le racisme ; bien au contraire, c'est le meilleur moyen de l'entretenir. Que disparaissent donc de nos écoles ces images et ces actions qui tendent à faire des Noirs des éternels assistés. L'Education Nationale doit s'interdire ce jeu de dégradation et d'exclusion. 

            Quelle insulte et quel ignoble procédé d'exclusion que de toujours parler d'intégration aux enfants et aux jeunes gens nés comme leurs compatriotes blancs sur cette terre de France, soumis aux mêmes contingences ou contraintes politiques et sociales, recevant les mêmes enseignements, partageant les mêmes habitudes culturelles ! Que l'Education nationale et les gouvernants cessent de manier les lieux communs exclusifs et qu'ils agissent en vrais républicains soucieux du bien-être de tous les citoyens français et non en porte-voix de la communauté blanche française.

 Nous devons libérer l'Afrique pour changer l'image du Noir français

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            Nous devons - Afro-descendants et diaspora africaine - nous jeter résolument dans les débats de société touchant aussi bien la politique intérieure qu'extérieure. Nous n'avons pas le droit de rester muets et inactifs quand l'avenir de nos enfants est menacé ou quand nos parents sont victimes de la politique étrangère prédatrice de notre pays en terre africaine. 

            Nous avons le devoir - concernant l'Afrique, terre de nos ancêtres et de nos parents - de rester vigilants afin de ne pas financer les armes destinées à les appauvrir ou les assassiner.

            Nous ne devons pas permettre que nos impôts financent des guerres qui assassinent notre passé. Quand l'armée française va bombarder les pays africains, nous pleurons nos parents qui en meurent. Est-ce parce que nous profitons des produits de cette chasse que nous ne réagissons jamais ? Plutôt que de nous plonger dans une bêtifiante inertie, cet état de fait devrait nous révolter et nous mener à l’action. 

            Nous devons nous montrer capables de manifester notre désaccord ou notre opposition aux crimes commis en Afrique au nom d’idéaux trompeurs qui cachent des actes de prédation. Rappelons-nous que c’est grâce au combat populaire qu’aux Etats-Unis d’Amérique et en Afrique du Sud les limites du respect et de la considération ont été honorées par les communautés blanches.

            Il nous faut donc sans délai quitter cette inertie qui nous caractérise si fortement sur cette terre de France. Comprenons donc tous qu'en nous appropriant notre Histoire de France, nous nous montrerons forts pour défendre l'Afrique.

            Nous ne pouvons accepter que la France lance, comme une déclaration de guerre, que son avenir est en Afrique. Afin de faire échouer ce funeste projet qui nous implique tous, nous devons nous convaincre que la liberté de l'Afrique est entre les mains des Afro-descendants et de la diaspora africaine. Combattre l'action prédatrice de notre pays en Afrique doit donc être pour chacun de nous un idéal d'humanité et de justice. 

            Il y va aussi de la reconnaissance et du respect que nous attendons de nos compatriotes blancs. Les actes de la France qui humilient quotidiennement les pays africains, le rôle de troisième homme qu'elle joue constamment dans tous les conflits contribuent à la dégradation de notre image aux yeux de nos compatriotes. Combattre la politique étrangère de la France, faite d'incessantes humiliations et de criantes injustices contre la terre de nos parents et de nos ancêtres, s'avère donc un combat pour notre propre dignité. Ne pas mener ce combat, c'est renoncer à notre propre fierté et à notre soif de reconnaissance parmi nos concitoyens blancs.    

Raphaël ADJOBI        Rejoignnez la France noire

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30 mars 2013

France : les industries agroalimentaires empoisonnent les Antillais au sucre !

                   France : les industries agroalimentaires

                       empoisonnent les Antillais au sucre !  

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            Le mercredi 27 mars, les radios françaises annoncent que les boissons rafraîchissantes et les produits laitiers destinés aux départements d'Outre-mer contiennent deux fois plus de sucre. Elles expliquent que c'est, pour les industriels, une manière habile de rendre les Antillais dépendants de leurs produits sans se soucier de l'obésité que cet état de chose provoque chez cette population. Quant à l'industrie agroalimentaire, elle prétend qu'elle n'a fait que s'adapter au goût des Antillais qui, selon elle, aiment manger et boire très sucré. 

            Après les plats cuisinés à la viande de cheval à la place de la viande de boeuf, voilà donc l'empoissonnement de consommateurs français au sucre. Dans le premier cas, il s'agissait d'une simple tromperie sur la marchandise, donc un délit, et dans le deuxième cas une atteinte à la santé d'autrui, donc un crime. Et puisque ce crime vise une catégorie de la population, on peut même parler d'acte ségrégationniste, raciste ; même si dans l'affaire, quelques Blancs ont certainement consommé ces produits. Quelques sacrifiés. 

            Durant de nombreuses années, en France métropolitaine, les associations n'ont cessé de dénoncer l'ajout d'alcool et de produits spéciaux aux boissons qui ont la préférence des jeunes. Elles savaient que les fabricants rusaient ainsi afin de les rendre progressivement dépendants des boissons hautement alcoolisées quand ils seront adultes. Une campagne  a vite été menée pour prévenir les familles ; et l'état a tiré l'oreille aux industriels. Les distributeurs automatiques de sodas et de barres chocolatées ont donc disparu des collèges et de bon nombre de lycées en prévention de l'obésité et de l'addiction à l'alcool.

            De toute évidence cette campagne de santé auprès des familles et les lois imposées aux établissements scolaires et aux industries agroalimentaires n'ont pas été jugées applicables aux Antilles. Pire, devant l'impunité, les industriels ont choisi le sucre plutôt que l'alcool européen - le rhum est indétrônable aux Antilles - pour poursuivre leur sale besogne là-bas. Et pendant que les Antillais, perfusés au sucre grossissaient comme des immenses ballons - multipliant les maladies cardiovasculaires et le diabète - de nombreux métropolitains cherchaient l'explication de ce phénomène dans la proximité de leurs moeurs alimentaires avec celles des Américains.

            A vrai dire, les causes profondes de cette propension à l'obésité des Antillais - surtout des Antillaises - étaient connues depuis 2011. Des particuliers avaient révélé la teneur excessive de sucre dans le pain et les croissants et avaient jeté un doute sur la formation des boulangers. A quel crime les poussait-on ? Très vite, on s'était rendu compte que les produits alimentaires venus de France avaient une teneur en sucre deux fois supérieure à ceux consommés en métropole. Le député de la Guadeloupe, Victorin Lurel - aujourd'hui ministre - avait alors proposé une loi pour ramener ce taux au même niveau que dans l'hexagone. Mais comme à Paris rien n'est urgent quand il s'agit des Antilles, il a fallu attendre la crise de la viande de cheval à la place de la viande de boeuf pour qu'en mars 2013 les chaînes nationales reconnaissent enfin que les criminels ne sont point les Américains mais bien les industriels français. 

Raphaël ADJOBI 

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09 septembre 2012

La grande déprime des médias français

          La grande déprime des médias français

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          Les journalistes français n'en peuvent plus avec ce temps politique maussade ou trop "normal". Comment peut-on vendre par un temps pareil ? Plus précisément, que peut-on vendre par un temps pareil ? Qui achèterait de l'ordinaire en matière d'information ? Avec l'arrivée de François Hollande au pouvoir, force est de constater que les médias s'ennuient à mourir, au point qu'ils commencent à trépigner sérieusement. La grande déprime quoi !

           Avec le précédent locataire du palais de l'Elysée, au moins il y avait du mouvement, de l'action, des tempêtes ! Les journalistes avaient-ils à peine le temps de boucler un article qu'ils étaient appelés à d'autres affaires. Et les grands titres faisaient entrer l'argent dans les caisses. C'était la belle époque !

          Avec François Hollande, ils avaient vainement espéré tirer profit de l'action de la diplomatie française dans le conflit syrien pour garder le rythme pris avec Nicolas Sarkozy et ses déclarations tapageuses. Quotidiennement, ils nous avaient servi du "Bachar le dictateur" et du "martyr du peuple syrien" sans entraîner François Hollande dans un conflit ouvert avec ce pays. Une bonne guerre comme en Côte d'Ivoire et en Libye : voilà ce qu'ils espéraient. Quand les bombes éclatent et que ça saigne, c'est bon pour le moral des journalistes et leur portefeuille. Mais avec ce calme plat, le métier n'est plus ce qu'il était. Il devient franchement déprimant avec un président trop normal.  

          Sur le plan intérieur, malgré les règlements de compte à Marseille et les tueries çà et là, aucune déclaration fracassante - avec des lois inédites - ne vient dynamiser l'horizon politique et médiatique. C'est à croire que François Hollande fait exprès de pourrir la vie des journalistes. Il n'a absolument pas l'air de se rendre compte de la crise économique que sa présidence trop "normale" pourrait générer en France. Bientôt, les buralistes vont fermer boutique pour manque à gagner ; les imprimeries vont cesser de tourner. Tout un pan de l'économie française est donc sérieusement menacé. Pour éviter les grèves que cette menace fait peser sur le pays, les journalistes demandent au président de se réveiller. "Hollande secoue-toi, il y a le feu" clame l'un, "Et si Sarkozy avait raison ?" clame l'autre. Et un troisième de se demander "s'ils sont tous nuls" dans ce gouvernement. Et tout cela parce que le climat politique est calme et aussi parce que sur le plan social on ne voit aucune grève de grande ampleur poindre à l'horizon.

          Si les journalistes veulent nous faire croire que François Hollande et son gouvernement ne font pas l'affaire, le commun des Français se rend compte que ce jugement ne correspond pas à un climat social en ébullition. Ils espèrent de l'action pour ne pas voir leur métier courir à la catastrophe. C'est tout ! Avant, ils étaient dirigés, commandés ; il y avait quelqu'un pour leur dire ce qu'il fallait écrire et ce qu'il ne fallait pas dire. Nicolas Sarkozy reprenait fermement ceux qui ne lui obéissaient pas. Quelques rares insolents profitaient même de sa grande agitation pour se moquer de ses pitreries. Une chose était sûre : dans l'ensemble, tout le monde trouvait son compte.

          Mais maintenant, que faire d'un président normal ? Habitués à attendre les consignes de l'Elysée avant de se mettre en branle, les journalistes s'ennuient avec le nouveau président. Il ne savent plus quel sujet traiter pour égayer la population française. Ils ne savent plus s'il faut aller voir ce qu'est devenue la démocratie que Nicolas Sarkozy a installée à grands coups de canons suivis de fanfares et trompettes en Côte d'Ivoire et en Libye. Ils ne savent plus s'il faut parler ou non des disparitions quotidiennes des civils, des tortures des jeunes, des arrestations des opposants, des camps de refugiés brûlés en Côte d'Ivoire. On ne trouve plus trace de Simone Gbagbo, dit-on. Les médias français semblent de toute évidence attendre que François Hollande parle publiquement de ces questions-là pour le suivre. En effet, les paroles d'un président confèrent aux événements plus de gravité. Sans elles, l'enfer quotidien des Ivoiriens ou des Libyens n'est qu'un fait divers sans aucune importance. Qui cela peut-il intéresser en France. Que le président en parle et cela devient important pour le peuple français.

          Vivement une guerre donc ! Mais sous d'autres cieux, bien sûr. Et si Hollande décidait de renverser Ouattara ? De toutes les façons, ce dernier est plus souvent en France que dans le pays qu'il est supposé gouverner. Pire, en Côte d'Ivoire, c'est l'armée française qui joue tous les rôles jusqu'à celui de la police, tout simplement parce le peuple a peur de l'armée de Ouattara dite "Force Républicaine". Un coup d'état rendrait la situation plus claire et pourrait être l'occasion pour François Hollande de se faire remarquer sur le plan international et permettrait aux médias français de sortir enfin le grand jeu de l'informateur du peuple avec des débats et des interventions de grands spécialistes. Les plaisirs du métier quoi !

Raphaël ADJOBI

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24 mai 2012

France : la fin du pouvoir des incultes

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Mes pages politiques

      F R A N C E 

 La fin du pouvoir

     des incultes  

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17 mai 2012

Vacherie Sarkozienne

              A lire sur Mes pages politiques

                        Vacherie sarkozienne  

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28 février 2012

Les Afro-Français et la tentation du vote Front National ; la position du MAF

     Les Afro-français et la tentation du vote FN

                                 La position du MAF* 

numérisation0007            Depuis le début de l'année 2012, exaspérés par le mutisme des candidats à la présidentielle sur les questions qui les touchent de près, les Afro-Africains semblent gagnés par une fièvre de sympathie pour le Front national (FN). Les témoignages qui fusaient çà et là ont fini par ébranler quelque peu les esprits au point de menacer l'efficacité d'un éventuel appel au vote unitaire que le MAF compte proposer à ses membres. 

            Visiblement, les Afro-Africains n'apprécient guère de voir leur sort assimilé à celui des immigrés de tous les horizons. En couvrant leurs préoccupations d'un mutisme coupable ou en les confondant avec d'autres, les hommes politiques ont laissé le champ libre aux vieux démons de la France qui surgissent à chaque échéance électorale de grande envergure. Partout, il n'est plus question que d'immigrés et de civilisation supérieure. Une façon très claire de clamer le péril de la maison France-gauloise-blanche. Les ennemis, ce sont tous les autres qui ne sont ni Blancs, ni gaulois ; donc les Afro-Français. Devant l'amplification de cette atmosphère malsaine, seule la voix de François Bayrou a tonné pour dire clairement qu'il y a des limites que l'on ne saurait franchir en cette terre de France sans conséquence grave. Les autres se sont contenté de murmurer du bout des lèvres quelques sons inaudibles. 

            D’autre part, la politique africaine de la France étant complètement exclue du débat des présidentielles – ce qui occulte par voie de conséquence les manquements dont la France s’est rendue coupable en Côte d’Ivoire et en Libye –, de nombreux Afro-français se souviennent que Marine Le Pen a été la seule responsable politique à dénoncer, dès les premières heures, l’acharnement des Européens sur Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi. Le premier est en prison dans l'indifférence générale des autres partis politiques. Ils n'oublient pas que leurs parents, grands-parents et arrière-grands-parents sont victimes de la politique de leur pays. Ils n'oublient pas que leurs impôts entretiennent des armées qui tuent leur passé. 

            Voilà donc les motivations d'une sympathie assez singulière qui pourrait menacer la belle cohésion que tente d'instaurer le jeune Mouvement des Africains-Français pour peser dans le choix du futur président. Pour éviter la dispersion des voix de ses membres, le MAF a décidé
de décortiquer, semaine après semaine, le programme des différents candidats afin de ne retenir que celui qui défend le mieux ses intérêts. En réalité, il semble que cette longue consultation, qui a commencé le 11 février dernier par le programme du FN, a pour seul but de dissuader les Noirs de France à apporter leur vote à Marine Le Pen. Pour le MAF, il ne faut en aucun cas laisser croire que le Front National détient la solution des Noirs en France.

                           Le programme antichrétien du FN        

            Voter pour Marine Le Pen et son programme, clame le MAF, c’est accepter que les enfants des immigrés n’aient plus la nationalité française ; pour être Français, il faudra être de parents français. C’est ce que l’on appelle le droit du sang par opposition au droit du sol. A première vue, cela n'est pas une mesure dramatique. Mais ceci entraînant cela, le programme stipule qu'un enfant d’immigré n’aura plus le droit à la scolarisation en France. D’autre part, un malade immigré n’aura pas le droit de bénéficier des soins dans les mêmes conditions qu’un Français. Le FN estime même nécessaire de libérer les logements à loyer modérés (HLM) occupés par les immigrés pour loger les Blancs. Un programme que le MAF juge antichrétien dans un pays qui se dit attaché aux valeurs chrétiennes. 

            Si le MAF continue l’analyse des différents programmes des candidat avant d’arrêter de manière définitive le choix du candidat pour lequel les membres devront voter tous « d’une même voix » (comme le dit le mot de ralliement), tout porte à croire que François Hollande a les faveurs du Mouvement malgré ses prises de positions malheureuses à l’égard de Laurent Gbagbo. Il faut reconnaître que le parti socialiste français et l’Internationale Socialiste ont brillé par leur absence dans la défense du camarade Laurent Gbagbo, quand ils ne lui ont pas jeté la pierre. Il n'est pas dit non plus que le parti socialiste répondra aux attentes du MAF, ni qu'il fera plus de places aux minorités dans sa sphère politique. Mais le Mouvement laisse croire que l'aventure mérite d'être tentée avec François Hollande. De même que l'on a tout intérêt à choisir son adversaire quand on le peut, il est judicieux de choisir comme coéquipier celui qui a une inclination naturelle à nous écouter. 

                 Le MAF en congrès le 14 Avril 2012. Et après ?   

            Pour réussir son opération de positionnement dans le débat avec les partis politiques et le futur pouvoir de notre pays, Calixthe Beyala, le fer de lance du  MAF, mise sur un grand succès du premier congrès national du Mouvement qui aura lieu le 14 avril 2012, à 13 heures, au Palais des Congrès de Paris. De toute évidence, ce congrès est de la plus haute importance. Il témoignera publiquement de la capacité de mobilisation du Mouvement. Mais il sera surtout le premier signe de sa visibilité dans le paysage politique français.           

            La présidente du Mouvement qui se plaît à critiquer les marches de protestation ou de soutien, prend paradoxalement conscience qu'un congrès rassembleur est une façon à la fois de faire du bruit et montrer sa force. C'est aussi une façon de signifier aux autres que l'on existe et que l'on a des préoccupations à faire connaître ou à défendre. Elle sait, comme de nombreux membres du MAF, qu'il ne faut en aucun cas rater ce rendez-vous en se retrouvant en petit comité le 14 avril 2012. Une maigre assistance serait le signe d'un échec qui effacerait le Mouvement non seulement de l'esprit des candidats mais encore de la scène politique à laquelle il veut accéder. 

            Certes, le Mouvement a des faiblesses très criantes. D'abord, il y a une réelle absence de définition claire du MAF. Tantôt on parle de lobby qui ne saurait se permettre de faire descendre ses membres dans les rues pour crier son indignation à la manière d'un quelconque groupe de soutien ; tantôt le Mouvement est présenté comme un parti politique. Si tel est le cas, alors Calixthe Beyala doit savoir qu'appeler à manifester ou à apporter son soutien à des mouvements de protestation n'est pas incompatible avec les desseins d'un parti politique. Que doit être le MAF ? Un mouvement de salon (sans les moyens financiers d'un lobby) ou un mouvement populaire capable d'exprimer publiquement son humeur devant les événements qui portent atteinte à ses valeurs ? Il faudra choisir au plus vite !   

            D'autre part, le MAF n'existe que par le nombre de ses adhérents. Rien d'autre ! Dans la pratique, nous n'avons pas connaissance de l'existence d'un bureau national provisoire. Il n'existe pas de section ou de représentation du Mouvement à l'intérieur du pays, mis à part à Lille. Tous ceux qui ont plaidé pour la création de différentes sections dans les grandes villes afin de rapprocher le Mouvement et ses instructions de ses membres ont vu ce projet écarté par Calixthe Beyala. Aussi, il est impossible aux adhérents ne vivant pas à Paris ou à Lille de se connaître et de tenir des réunions loin des yeux de sa présidente. Il est à craindre que l'absence de contact entre les membres et le manque d'action n'éteignent les ardeurs des premières heures de la naissance du Mouvement. La tentation du vote FN ne s'expliquerait-elle pas aussi par ce manque d'activité et d'implication directe des membres du MAF au sein de leur Mouvement ? Cela demande réflexion. 

            Cette remarque nous mène à la dernière grande faiblesse du MAF : la communication ! Il existe bien un site du Mouvement. Mais il ne semble pas destiné à communiquer avec les adhérents : pas de compte rendu des réunions parisiennes ; les questions posées par ce biais restent sans réponse (je l'ai testé !) ; les membres qui n'assistent pas aux réunions parisiennes avec Calixthe Beyala demeurent dans l'ignorance totale de ce qui se dit et se fait au sommet du MAF. Les SMS laconiques ne peuvent en aucun cas constituer le seul moyen de communication. A qui la faute si l'adhérent qui ne connaît pas de section locale n'est pas informé des actions et des prises de position de son mouvement ?     

            Enfin, combien sommes-nous ? Combien d'adhérents le Mouvement compte-t-il dans les grandes villes ? Personne ne le sait. Ni sur le site du MAF ni par les SMS les adhérents ne sont tenus au courant de leur importance en chiffres ! Faut-il attendre que les journaux et les chaînes de télévision le leur apprennent ? 

            Beaucoup de choses restent à faire. Mieux, tout reste à faire pour que le MAF - qui a fait naître tant d'espoir - ait des chances de poursuivre cette aventure au-delà du congrès du mois d'avril 2012. Il ne faut donc pas désespérer malgré ses manquements et son excessive centralisation qui le prive d'une base dynamique. Le fer de la lance du chasseur a beau briller, si le manche n'est pas solidement tenu par le bras du chasseur, et si celui-ci n'a pas les pieds suffisamment agiles pour le porter, la proie ne vivra que des frayeurs inutiles. Le MAF doit donc veiller à construire ses bases afin d'exister non pas seulement par son porte-parole mais par l'ensemble de ses membres actifs. Quand ceux-ci seront dans la capacité de mener des actions partout en France où les valeurs qu'ils défendent seront menacées, alors l'aventure se poursuivra. Il ne faut pas que l'on puisse dire demain : un seul être quitte le MAF et le Mouvement est réduit à rien !

            Le temps viendra où, en famille (politique), il faudra trouver les idées pour structurer et dynamiser le Mouvement. Mais pour l'heure, il est urgent de réussir ce premier congrès. Chacun doit se sentir concerné et faire le déplacement afin d'assurer son succès. Une présence massive des Africains-Français pourrait ébranler certains esprits politiques et faire évoluer les choses dans le sens de nos convictions. Il faut y penser sérieusement !   

*MAF : Mouvement des Africains-Français

Raphaël ADJOBI

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30 octobre 2011

La liberté perdue des médias français

          La liberté perdue des médias français

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24 septembre 2011

Les Africains-Français à la recherche d'une plateforme de combat pour l'avenir

         Les Africains-Français à la recherche

  d’une plateforme de combat pour l’avenir 

DSCF0689            Le 10 septembre 2011 s’est tenue à Paris, rue Gobaut, l’avant-dernière réunion du « Mouvement des Africains-Français ». Prévue à 15 h, elle n’a débuté qu’à 16 h. La ponctualité serait donc à surveiller afin d’encourager la participation de ceux venant des provinces. Une cinquantaine de personnes avaient fait le déplacement ; ce qui est réjouissant. 

            La réunion a débuté par une introduction de la maîtresse des lieux : Calixthe Beyala, qui a mis sa notoriété au service du mouvement comme fer de lance. Elle reviendra quelque temps plus tard pour un brillant et provoquant exposé sur l’attitude des Africains en général face à l’évolution du monde.                                                                        

            Mais pourquoi donc les Africains sont-ils des ardents partisans de l’inertie ? Pourquoi rien ne les réveille en masse et ne les met en mouvement ? Rien que la peur ne peut expliquer cette attitude, clame Calixthe Beyala. L’Africain vit avec la peur au ventre ! Il n’y a plus d’hommes en Afrique, lance-t-elle. Un homme doit veiller sur sa femme et ses enfants et leur procurer de quoi manger, de quoi se vêtir. C’est pourquoi le "petit Blanc" prend les armes pour aller en Afrique chercher ce qui manque aux siens. Et c'est la même raison qui fait dire à Barak Obama que «  le rôle d’un président, c’est de veiller à ce que son pays ne soit pas en manque des ressources qui lui sont nécessaires ».*    

            Pendant ce temps, que fait l’homme africain ? Vautré dans sa suffisance, il ne cesse de discourir sur les autres, le ton toujours sentencieux. Prompt à invoquer des prétextes fallacieux, à en inventer si nécessaire, pour ne pas se battre. A vrai dire, c’est la peur de prendre ses responsabilités qui le mine et l’empêche de jouer son rôle de protecteur et de pourvoyeur des besoins de sa famille. N’est-ce pas ainsi que  nous sommes également, nous, Africains-Français ? Trop de prétextes nous empêchent de nous engager dans la défense de la cause noire. 

            Et comme le fera remarquer un intervenant avec beaucoup de justesse, les Africains-Français sont dans une situation délicate : nous profitons des fruits de la chasse du "petit Blanc" qui va bombarder les pays africains et nous pleurons en même temps nos parents qui en meurent. Plutôt que de nous plonger dans une bêtifiante inertie, cet état de fait devrait nous révolter et nous mener à l’action. Malheureusement, des millions d’Africains-Français n’ont jamais été capables de paralyser momentanément un secteur quelconque de notre pays afin de montrer leur désaccord ou leur opposition aux crimes commis en Afrique au nom d’idéaux trompeurs qui cachent des actes de prédation. On oublie que c’est à ce prix qu’aux Etats-Unis d’Amérique et en Afrique du Sud les lignes du respect et de la considération ont été repoussées par les Noirs.                 

            Certes, dans l’immédiat, - avant décembre 2011 -  le MAF a le souci de faire en sorte que presque tous les Afro-Français en âge de voter s’inscrivent sur les listes électorales pour participer aux élections de 2012. Et il compte bien faire du chiffre des adhésions une arme de négociation avec les partis politiques pour défendre ses valeurs vis-à-vis de l’Afrique. Mais, à plus long terme, le mouvement envisage la mise en place d’une plateforme de propositions en vue de la valorisation de l’Afro-Français. Au regard de ce qui est dit plus haut, cet objectif s’impose comme une absolue nécessité. 

            En effet, comme le disait si bien Calixthe Beyala, qu’attendons-nous pour favoriser par des actes concrets la naissance d’une élite Afro-Française capable de défendre nos intérêts et jouer un rôle prépondérant dans le paysage politique de notre pays ? Comment les Noirs peuvent-ils accéder au pouvoir en France s’ils ne constituent pas une force visible qui mérite respect et considération ? Il convient de travailler de concert pour que cet objectif soit un jour  atteint. Déjà, le mouvement songe à la création d’une cellule enseignante pour se pencher sur la question de la formation des Afro-descendants dans notre système éducatif. On constate par ailleurs qu’il n’y a que les Africains qui n’ont pas une « Maison de la culture » en France ! Comment les valeurs que nous véhiculons et que nous défendons peuvent-elles être prises en compte ou respectées si personne ne les voit, si personne ne les connaît ? Là aussi, tout doit être mis en œuvre pour qu’une maison de la culture africaine voie rapidement le jour. 

            Enfin, dans le domaine de l’éducation publique – même si cela ne peut être un élément à inscrire au nombre des objectifs à atteindre – on peut retenir la pertinente intervention de notre ami nantais qui nous conseille de mener un combat contre l’exclusion liée à l’insidieuse question souvent posée aux Noirs par les Blancs : « De quel pays es-tu ? » Puisque la question n’est jamais posée aux Français blancs d’origine hongroise, polonaise, italienne, espagnole, … il serait juste que les Afro-Français refusent leur exclusion de la France en disant qu’ils sont originaires de la Côte d’Ivoire, du Congo, du Cameroun, du Mali… Être Africain-Français c’est déjà beaucoup et cela doit être la seule réponse à délivrer désormais. Sur ce chapitre, ceux qui ont l'habitude de lire mes commentaires ça et là savent que c’est un combat que je mène depuis de nombreuses années.   

           DSCF0688 En moins de trois mois d’existence, le MAF apparaît comme le seul mouvement à totaliser en un temps record le plus grand nombre d’adhérents. Mais pour que sa présence sur l’échiquier politique de notre pays soit remarquée de façon durable, il lui faut asseoir une plateforme de projets suffisamment étoffés et réalisables (donc réalistes) qui offre à ses adhérents des raisons d’être fiers pour poursuivre le combat et se défendre contre les questions de leurs détracteurs. Cette plateforme pourra aussi s’avérer un outil précieux pour convaincre ceux qui hésitent encore à rejoindre notre mouvement. 

*Propos attribué à Barak Obama lu dans le courrier d’un  ami Internaute. 

Raphaël ADJOBI

Posté par St_Ralph à 20:47 - Actualités françaises - Commentaires [3] - Permalien [#]