Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

18 juin 2010

Félix Eboué, le deuxième homme de l'appel du 18 juin 1940

Félix Eboué, le deuxième homme de l’appel du 18 juin 1940

       ou le héros Noir chassé de l’histoire de la résistance française 

F_lix_Ebou__et_de_Gaulle            Rares sont les Français de ce XXI è siècle qui connaissent le nom de Félix Eboué. Parmi les élèves, étudiants et même les enseignants, rares sont ceux qui, dans un manuel scolaire ont eu l'occasion de découvrir son image ou lire des textes parlant de son rôle dans l’histoire de la France. Pourtant, sans cet homme, il est certain que la place du Général de Gaule et celle de la France résistante auraient connu tout un autre visage dans l’Histoire de la deuxième guerre mondiale. 

Pour comprendre cela, il convient de restituer quelques faits. Quand la France a été défaite en un mois par l’armée allemande (10 mai 1940, elle envahit la France par les pays voisins du nord et entre dans Paris le 14 juin), dès le 16 juin, on discute au sein du gouvernement sur la continuation ou non de la guerre en constituant un front en Afrique du Nord. Mis en minorité, Paul Reynaud, chef du gouvernement et partisan de la continuation, démissionne. Le même jour, le maréchal Pétain, favorable à l’armistice, est nommé à sa place et le lendemain, le 17 juin, annonce officiellement aux Français l‘arrêt des combats et demande l’armistice à l’ennemi.

            Le Général Charles de Gaulle qui était secrétaire d’état à la défense dans le gouvernement de Paul Reynaud, s’était envolé pour Londres dès le lendemain de la démission de ce dernier. Partisan de la poursuite de la guerre comme l’ancien chef du gouvernement, le 18 juin, c’est-à-dire au lendemain du discours du maréchal Pétain demandant l’armistice, il lance à la radio londonienne un appel aux Français pour la poursuite du combat, pour le refus de la défaite.

            On parle alors de la France Libre. Ce terme qui va plus tard couvrir une multitude de Français de la France métropolitaine comme un manteau de gloire n’avait pas en fait le sens qu’on lui donne aujourd’hui. Il ne désignait pas les rares Français qui avaient réussi à fuir vers l'Angleterre, ni ceux qui vivaient dans la zone non occupée par les Allemands appelée « Zone libre.» « Tous les Français libres » dont parle de Gaulle dans un discours prononcé le 22 juin, sont tous ceux qui dans leur esprit et dans leur cœur aimeraient continuer le combat pour la libération de la France. Dans la réalité, cette France libre n’existait pas territorialement ni militairement. La France Libre n’était qu’une idée, une notion abstraite, un slogan de ralliement. 

     Félix Eboué concrétise la « France Libre » de Gaulle

            C’est exactement le 26 août 1940 que la « France Libre » va enfin avoir un sens concret ! Et cela grâce à un homme : Félix Eboué ! C’est cette étape importante de l’histoire de la seconde guerre mondiale que tout le monde doit retenir, parce qu'elle a fait du général de Gaulle, aux yeux des Anglais et des Américains, un chef militaire pour la reconquête de la France. Oui, c'est elle qui lui a conféré toute sa légitimité.

            Devant les nombreux appels au ralliement lancés depuis Londres, les gouverneurs des colonies sont obligés de choisir entre le pouvoir de Pétain et la rébellion incarnée par de Gaulle. Ayant constaté que l'armistice signé respectait la souveraineté de la France sur ses colonies et ses protectorats, les gouverneurs des colonies et les généraux restent fidèles à Pétain et à Vichy. Aussi, le contact pris avec le Résident général du Maroc Charles Noguès par de Gaulle échoue. Quand Félix Eboué avertit son supérieur Boisson à Dakar de son choix, celui-ci le menace de représailles pour son indiscipline. Une fois sa décision officialisée le 26 août 1940, il est relevé de ses fonctions et sera frappé plus tard d’une condamnation à mort par le gouvernement de Vichy. Au Gabon, le Gouverneur Masson se rallie à de Gaulle puis à Pétain et finit par se suicider comme pour fuir ses responsabilités.  

La_France_Libre             Aiguillonnés par le ralliement du Tchad avec Félix Eboué, le Congo-Brazzaville, l’Oubangui-Chari (actuelle Centrafrique) et le Cameroun, arraché par les armes aux partisans de Vichy par le général Leclerc, suivent. Grâce à Félix Eboué en liaison avec les représentants de Charles de Gaulle envoyés en Afrique (René Pleven, Leclerc), la France Libre a désormais un territoire et une armée de nègres aux pieds nus qui donnent de la consistance au maigre effectif de soldats blancs de l’Afrique Equatoriale. De Gaulle, exilé en Angleterre, peut alors, en septembre 1940, poser les pieds à Brazzaville sur un sol où il n'est pas étranger, un sol qui appartient à l'empire français. Il peut enfin participer militairement à la reconquête de la mère patrie. Sa légitimité peut désormais convaincre Roosevelt qui hésitait à lui donner sa confiance. Séduit par le patriotisme de Félix Eboué, le 12 novembre 1940, Le général de Gaulle le nomme gouverneur général de l'Afrique équatoriale française et membre du Conseil de défense de l'empire. Brazzaville devient la capitale de tous les territoires de la France Libre.  

de_Gaulle___Brazza_2            Il convient donc une fois pour toute, que tous les Français retiennent et enseignent que c'est en Afrique, avec Félix Eboué, que s'est joué l'histoire de Charles de Gaulle et celle de la participation des Français (majoritairement noirs au départ) à la libération de la mère patrie. C’est en Afrique que la France libre est passée de l’abstrait au concret.  A juste titre, le 13 juillet 1942, elle change de nom et devient la France combattante. Et c'est Eboué qui fera construire des routes pour permettre en janvier 1943 à la colonne Leclerc de remonter rapidement vers le Tibesti puis vers la France !

            De Gaulle n’oubliera jamais tout ce que fit cet homme. Dès novembre 1940, il crée l'ordre de la libération, avec rang unique de compagnon, en vue de célébrer ceux qui auront oeuvré à chasser l'ennemi nazi. Eboué fait partie de la première promotion, signée le 29 janvier 1941, avec quatre autres compagnons. Ce qui en dit long sur la reconnaissance de son rôle crucial dans l'organisation de la libération de la France. « Félix Eboué, grand Français Africain, est mort à force de servir. Mais voici qu’il est entré dans le génie même de la France », proclama-t-il à sa mort survenue le 17 mai 1944.

            Aujourd’hui, on ne cite plus Félix Eboué dans les commémorations officielles de la résistance. Dans les manuels scolaires, on ne le cite plus. En France, excepté sans doute la Guyane sa terre natale, on n'écrit plus sur l’homme. Les deux derniers livres sur lui datent des années 1950. la dernier travail universitaire est d'un anglais (Brian Weinstein, Oxford University, 1972). C'est Benoît Hopquin qui, récemment, lui a rendu un vibrant hommage en retraçant sa vie et ses combats dans son livre Ces Noirs qui ont fait la France.  Peu de Français savent que Félix Eboué est le premier résistant à dormir au panthéon depuis 1949 en reconnaissance de ce qu’il a fait pour la France ? Heureusement que ceux qui l’ont côtoyé ont reconnu sa valeur. Aujourd’hui, pas un seul homme politique n'aurait l'idée de lui proposer le panthéon. Tous des ingrats et parfois même ignorants de l'histoire de la France ! Aussi je dis aux Noirs de France, mêlez-vous de votre histoire, de l’histoire de vos grands-pères et de vos ancêtres. Mêlez-vous de l’écriture de l’histoire de la France et ressuscitez la mémoire des vôtres qui en sont injustement écartés.

°Photo n°1 : Félix Eboué, gouverneur du Tchad accueillant le général de Gaulle à l’aéroport de Brazzaville en septembre 1940.

°Photo n°3 : Arrivée du général de Gaulle à Douala le 8 octobre 1940 ; à sa droite, le général Leclerc, commissaire général du Cameroun.   

Raphaël ADJOBI                   Faites un don ou ahérez à l'association La France noire

 

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18 janvier 2010

Le voile intégral et la ceinture de chasteté

      Le voile intégral et la ceinture de chasteté

 

Burqad_le_voile_2

            La multiplication du voile intégral dans le paysage social français semble suffisamment conséquente pour susciter  des questions sur l’avenir les valeurs de la France. Quand son usage se limitait  aux premières générations d’immigrés faites de femmes aux foyers et illettrées, peu nombreuses d’ailleurs, cela n’inquiétait pas les autres Français qui les voyaient comme des étrangères aux mœurs étranges. Depuis que – par on ne sait quel phénomène de mode – des lycéennes, des étudiantes, des employés de bureau  découvrent les délices du voile intégral, de nombreuses voix s’élèvent ça et là pour dénoncer son intrusion dans tous les lieux protégés par les lois de la République.

 

            Ce n’est donc pas le voile qui fait peur, mais son insinuation dans les lieux publics, les écoles, les administrations, les commerces, les lieux de loisirs entraînant par voie de conséquence la modification des règles de la vie sociale. Car, ne l’oublions pas, le voile est un signe religieux qui véhicule des croyances et des pratiques exigeant elles-mêmes des règles sociales appropriées et souvent sectaires.

            

            Plus nombreux sont sans doute ceux qui voient dans cette floraison du voile la main des islamistes étrangers ; ceux qui ont les moyens de financer des immenses mosquées pour les plus pauvres de la terre parce qu’ils voient dans ce signe tapageur le drapeau qu’ils plantent en terre conquise. Le voile des femmes serait donc la marque de l’appropriation d’un espace nouveau.

 

Sous le voile, le sexe

 

 

            Dans cette agitation devant le voile qui, peu à peu, recouvre la France, il me semble que l'on a oublié de parler de l'essentiel : la femme ! Or, celle qui porte le manteau du voile devrait être remise au centre des débats. Car dans la vie quotidienne c'est finalement elle qui inquiète et subit la désapprobation de ses concitoyens. L'homme, l'époux, est oublié. Interrogez-le. Il vous jurera par Allah que c'est sa femme qui a pris la liberté de se couvrir. Lui n'a pas eu son mot à dire. Interrogez la femme. Elle confirmera les propos de son mari et ajoutera que non seulement sa foi l'exige mais aussi qu'ainsi elle est respectée. Hors du voile, point de respect donc.

 

            Je retiens pour ma part qu'instrument ou non des islamistes ou des époux, la femme est l'otage des hommes. Placée entre le marteau planant sur sa tête et l'enclume (islamistes et époux d'une part, et les lois républicaines de l'autre), elle est contrainte de faire l'apologie de l'instrument de son asservissement à l'homme. De même que hier la ceinture de chasteté garantissait à l'homme l'exclusivité du précieux sexe féminin, aujourd'hui, c'est sous le couvert de la religion et de la foi que l'homme musulman français a trouvé dans le voile intégral la préservation de ce qu'il considère comme un bien privé qui ne saurait porter l'étiquette Liberté.

 

            Voilà qu'en France, des femmes venues d'ailleurs ou dont les parents sont venus d’ailleurs en clamant fuir la prison pour le pays des libertés, descendent dans les rues pour réclamer une prison dorée sous le voile ! Non contentes de cela, elles font de leur lugubre manteau le fer de lance d'un combat qui vise la révision des lois républicaines pour s'adapter  à leur pratique religieuse. Mais savent-elles qu’ici Dieu est mort ? Savent-elles qu’ici les lois de la République priment sur la chose religieuse reléguée au cercle privé ? Savent-elles qu’ici l’église et l’état sont séparés et qu’il appartient à ce dernier de prescrire les lois à suivre ? Qu’elles commencent par apprendre les règles du pays avant d’entreprendre de les changer ; car « quand on va au pays des crapauds et que l’on voit ses habitants accroupis, plutôt que de demander une chaise, on fait comme eux ». C’est sûrement cette sagesse qui les sauvera du joug des Islamistes et de leurs époux.

 

            Il est certain qu’avant d’être une question de foi, le voile est avant tout intimement lié au sexe. Quel homme n’aimerait-il pas, consciemment ou inconsciemment, voir sa femme évoluer librement dans n’importe quelle société avec la ferme conviction qu’elle porte un signe visible qui oblige tout autre homme à la considérer comme inaccessible. Comme la ceinture de chasteté, le voile est une marque répulsive pour les autres hommes mais que seul peut ôter l’époux pour s’offrir ce qu’il cache : le corps et le sexe !  Le voile n’est donc, avant tout, que l’expression du rêve masculin de la possession exclusive du sexe féminin enfoui en chacun de nous.

 

Raphaël ADJOBI

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15 octobre 2009

La taxe carbone et nous

                                 La taxe carbone et nous

            Nous y sommes ! Nous l’avons cherché, nous allons l’avoir ! A force de vivre de manière irraisonnée, il nous faudra payer un tribut. Il se présentera sous la forme d’une taxe – une contribution, disent certains (c’est plus doux !) - pour lutter contre le changement climatique qui nécessite, selon les experts, « un changement organisationnel et comportemental de nos sociétés ». Il faut entendre par là un changement de comportement de l’humanité tout entière.

Taxe_carbone_1            La taxe carbone a été mise en place dans les années 1990 en Suède, en Finlande, et au Danemark. Elle devrait entrer en vigueur en France dès le 1er janvier 2010. Les autres pays de l’Union européenne suivront car celle-ci a besoin d’ « un outil pour réduire les émissions de gaz à effet de serre » et des « ressources appropriées pour financer une politique climatique mondiale » (site maxisciences) ; c’est encourager les investissements dans les énergies renouvelables ou peu productrices de gaz à effet de serre. Mais tout cela restera certainement de belles paroles dans bon nombre de pays européens, notamment

la France.

            Je ne veux point ici remettre en question le bien fondé de la nécessité d’un changement de comportement des particuliers et des entreprises industrielles et commerciales. Chacun, au regard de l’état des sociétés développées et des comportements individuels, sent le besoin de se tourner vers des énergies propres ou moins polluantes. Je voudrais tout simplement et franchement dire ici que le gouvernement s’y prend très mal pour nous faire accepter cette « contribution » qu’il juge nécessaire pour nous « inciter à modifier nos comportements les plus énergivores, responsables du réchauffement climatique ».

            L’histoire de l’humanité nous enseigne des comportements qui semblent imposés par la nature et que la morale a fini, sous tous les cieux, par codifier en nous. Elle nous enseigne que les hommes travaillant la terre pour en tirer leur subsistance ont vite compris que la nature exigeait d’eux du repos pour pouvoir produire à nouveau et les satisfaire. Par contre, notre époque en a décidé autrement. Forçant la nature à produire nuit et jour et par toutes les saisons la nourriture qu’elle n’offrait qu’à un moment précis de l’année, les hommes ont fini par croire la dominer impunément. Les engrais qu’il enfouissait dans le sol à coups de pelleteuse ont fini par polluer les nappes phréatiques ; Les canalisations issues des usines et conduites dans les cours d’eau les ont rendus imbuvables, nécessitant une technologie industrielle pour les rendre potables.

            L’avènement de l’industrie avec la transformation massive de produits uniformes destinés la consommation d’un grand nombre de personnes pour un bénéfice financier toujours plus grand, a fini par couvrir la terre entière de cheminée polluantes ; la concentration humaine dans des villes de plus en plus grandes avec des moyens de transports plus rapides, plus nombreux et polluants ont contribué à rendre l’air que nous respirons et celui qui , à ce qu’il paraît, protège la terre, impropre à la vie humaine.

Heures_sup            Malheureusement, au moment où le besoin de changer de comportement s’impose, on nous incite à travailler plus pour gagner plus, c’est à dire à faire tourner davantage les usines, à faire fonctionner davantage toutes les machines grandes consommatrices d’énergie. Non content de cela, on voudrait même empêcher à la nature d’avoir le temps de reprendre son souffle. Aussi, on nous demande même de travailler le dimanche. On refuse à la nature un jour de repos pour se renouveler, un jour de repos pour que le gaz rejeté dans l’air toute la semaine ait le temps de se dissiper avant la reprise de nos activités. On prétend que rouler moins vite nous évite les pics de pollutions. Foutaises que cela !

            Devant ce qui apparaît comme un paradoxe, certains soupçonnent l’état français de faire de la taxe carbone un moyen de  faire des  recettes fiscales pour combler ses dettes. Si donc demain, vous ne voyez pas se multiplier les pistes cyclables et les tramways, si vous voyez autant de camions sur les routes, si vous voyez que le travail du dimanche se généralise, obligeant plus de déplacements et maintenant des machines en tous genres en action, si les villes sont de plus en plus illuminées et plus longtemps, tant qu’il vous faudra continuer à laisser couler des litres d’eau froide avant d’avoir de l’eau chaude, sachez que votre « contribution » n’aura effectivement servi qu’à combler les dettes de l’état. Pour changer de comportement, il appartient à celui-ci de proposer des alternatives à nos habitudes actuelles. En attendant la mort par suffocation ou par détérioration de notre environnement, le rythme de la vie que nous nous imposons, lorsqu’il ne nous pousse pas au suicide, génère en nous tant de stress que nous passons le plus clair de notre temps à avaler des anti-dépresseurs qui ruinent notre santé. Mourir ou devenir fou par le travail en attendant la fin du monde semble la seule alternative qu’on nous propose pour l’instant.

Raphaël ADJOBI

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29 juin 2009

Histoires de têtes noires coupées

                            Histoires de têtes noires coupées                        

 

 

T_te_de_n_greMon récent billet sur le livre de François-Xavier verschave (De la Françafrique à la Mafiafrique) était accompagné d’un détail agrandi de la photo de couverture que je reproduis ici. J’avais en effet été beaucoup intrigué par cette image : une tête de Noir trônant sur un pieu planté au milieu d’un groupe de quatre colons.

            En fouillant dans mes souvenirs, je ne suis pas parvenu à retrouver des images ou des récits africains de «blancs coupeurs de tête ». Et pourtant je voyais sur cette photo de couverture la même scène de barbarie que celles abondamment publiées sur le net montrant  les familles américaines blanches rôtissant des noirs et prenant fièrement la pause devant  l’objectif du photographe pour la postérité. La barbarie des Français en Algérie, j’en ai entendu parler. Mais la luxuriante végétation derrière les quatre colons était la preuve que la scène ne s’est pas passée en Afrique du Nord.

            Où donc les français blancs ont pu aussi fièrement se livrer à une telle barbarie qu’on ne prête qu’aux Blancs d’Amérique ? C’est en lisant le livre de Benoît Hopquin (Ces Noirs qui ont fait la France) que la vérité m’a éclaté au visage. Un petit passage du livre parle des chasseurs d’esclaves des îles françaises qui avaient leur marque de fabrique les distinguant des rancheadores des îles espagnoles. Aux Antilles françaises, les chasseurs d’esclaves, « des Blancs mais aussi des Noirs, se faisaient rémunérer chaque main gauche coupée à un fuyard. Ils laissaient les corps à pourrir, sans sépulture […]. Ils ramenaient les preuves sanguinolentes dans un sac afin de recevoir paiement de leur sale besogne. Les trophées macabres étaient ensuite plantés sur les pieux, en place publique, pour l’exemple. » (p.96) Je lève les yeux, écoeuré  mais satisfait d’avoir l’explication de la photo qui m’avait tant intrigué quelques semaines auparavant.      

            Cependant la photo dont il est question me semblait trop récente au regard des tenues des colons. Je reprends donc le Livre de François –Xavier Verschave et j’entreprends de lire tous les éléments du paratexte et je découvre la mention suivante : « Couverture : répression d’une révolte en Côte d’Ivoire au début du XXè siècle. » (cla. Roger-Viollet). Ainsi donc les coupeurs de têtes noires n’étaient pas seulement des esclavagistes ! Ils étaient aussi de fiers colons d’une époque récente issus d’une société dite civilisée qui s’était donné pour mission de civiliser l’Afrique, coûte que coûte, même par décapitation.

 

Raphaël ADJOBI

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17 juin 2009

Téléphonie : comment combattre la mode des numéros masqués

                           Téléphonie : comment combattre

                                     la mode des numéros masqués

T_l_ph

            Depuis l’apparition des écrans sur les appareils téléphoniques, bon nombre d’usagers se sentent gênés dans leurs relations avec leurs différents correspondants. Aussi, outre le fait d’être inscrits sur la liste rouge de leur opérateur téléphonique (non publication de leur nom et de leur numéro dans l’annuaire), ils optent de masquer leur numéro quand ils émettent un appel. C’est à croire qu’ils conçoivent le progrès dans la communication comme une entrave à leur liberté. Mais à regarder le phénomène de près, ce sont ces « inconnus » qui deviennent gênants dans la sphère de la téléphonie.

            A l’origine, être sur liste rouge était une façon commode pour ceux exerçant un métier public à risque, tels les hommes de loi (avocats, magistrats…), d’éviter les menaces et les tentatives d’intimidation. Certains, pour échapper à un membre de leur famille ou à des  connaissances indésirables ont également choisi cette option. Peu  à peu, la pratique s’est généralisée comme si cela conférait de l’importance de dire : « je suis sur liste rouge ». Quels appels dérangeants ces derniers cherchent-ils à éviter ? Les démarcheurs de produits ? Les publicités par téléphone ? Soit. Mais alors pourquoi passent-ils des appels masqués ? Que l’on veuille trier ses correspondants en s’inscrivant sur une liste secrète, cela se comprend. Mais que l’on se permette d’appeler les autres en restant masqué me semble de la plus haute incivilité.   

            Qui oserait en effet ouvrir sa porte à un  individu qui se présenterait chez lui avec un masque sur le visage ? En tout cas pas moi. Et je suppose que vous non plus. Il est donc nécessaire de réfléchir à cette pratique avant de l’adopter. J’invite même le lecteur à la combattre en ne répondant pas aux « numéros masqués ». Je voudrais ici attirer l’attention des uns et des autres et susciter une réaction qui contribue à faire échec à la pratique immodérée des appels masqués qui n’est pas seulement le fait des centrales d’appels ou des sociétés chargées d’appâter les clients. Elle est aussi plus généralement le fait de simples particuliers qui deviennent ainsi des importuns. Ce serait même une façon idéale d’éviter les petits plaisantins et les prétendus camarades d’études dont l’expression traduit l’absence d’études et de la simple civilité.

            Du simple fait que l’on n’ouvre pas sa porte aux visiteurs portant un masque, il importe que chacun s’oblige à ne pas répondre aux appels dont les numéros sont  masqués. Si le correspondant masqué juge son appel important, il ne manquera pas de vous laisser un message. Sans un mot de sa part, il vous aura signifié que rien n’est urgent où d’une grande importance. Faites donc comme moi, ne répondez pas aux appels masqués. Soyez certains que si les non-réponses à ce type d’appels se multiplient, les personnes concernées réfléchiront par deux fois avant d’importuner les autres avec leur masque.

Raphaël ADJOBI

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13 mars 2009

Les Antillais et nous

                                      Les Antillais et nous         

Antillais_CRS            Le mouvement de grève guadeloupéen qui a ensuite gagné la Martinique et même – à l’autre bout du monde – l’île de la Réunion n’est rien d’autre que la révélation au grand jour des restes de l’esclavage et de la colonisation que la France entretient sans vergogne tout en les couvrant du manteau trompeur de « Départements d’Outre-mer ». Le monde découvre donc un autre visage de la France : un tiers-monde voulu et entretenu au sein de la République. C’est comme si, sous les ors d’une maison bourgeoise et la belle prestance des maîtres, on découvrait une domesticité noire croupissant dans l’indigence et vivant en marge des droits humains les plus élémentaires.

            Il ne faut donc pas s’étonner que de tous les coins du monde, des journalistes – même ceux  d’Al Jezira (pardon pour l’orthographe) – aient fait le déplacement aux Antilles pour voir l’orgueilleuse France enfin nue.

            Comme il fallait s’y attendre, des hommes politiques - avec la complicité des journalistes qui relaient inlassablement leurs discours – tentent de discréditer la rébellion antillaise en présentant son leader comme un « incitateur à la violence raciale » parce qu’il a crié à la face du monde qu’il ne laissera pas une poignée de békés rétablir l’esclavage. Des blancs poussent l’audace même jusqu’à porter plainte contre lui alors qu’un peu plus tôt un béké avait juré qu’il ne laisserait pas le sang noir souiller le sang blanc sans que cela suscite des remous. 

            A lire certains blogs, je constate que la rébellion antillaise nous intéresse tous. Aussi, je voudrais ici vous indiquer quelques articles que j’ai beaucoup appréciés et qui montrent la dimension prise par l’événement dans le cœur des Noirs. Je vous conseille tout d’abord le cri du cœur du blogeur Ben. Je vous propose ensuite le regard de l’Haïtien Roody Edmé, donc un voisin des antillais.

            Ci-dessous, je vous propose un bel article du journal le monde que m’a envoyé un ami depuis les Antilles. Il apprécie l’article mais y apporte une petite mise au point quant à l’interprétation que les métropolitains font ou pourraient faire des slogans des grévistes.

                                             

                              Bonne lecture !            

Raphaël ADJOBI   

             

Bonjour Masque,

La Guadeloupe est une terre lointaine pour ceux d'entre vous qui
vivent à l'étranger.

J'adresse, à tous ceux qui veulent un peu mieux comprendre  la situation de crise,
un article du Journal Le Monde qui rend bien compte de la situation,
ce qui n'a pas toujours été le cas dans la presse française.

Une petite réserve. Pour le créolophone
qui vit en Guadeloupe et a donc vécu la révolte de la Guadeloupe, la
traduction proposée en fin d'article du refrain régulièrement entendu
au cours des manifestations "La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a
pa yo
" ("La Guadeloupe c'est à nous, la Guadeloupe c'est pas à vous") -
est une mauvaise traduction littérale donnant lieu à une mauvaise
interprétation.

"La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a pa yo" veut dire : La Guadeloupe
nous appartient (ou est nôtre), la Guadeloupe n'est pas la leur.

En créole, "yo" veut dire "eux" ou "ils".

Dans le contexte de cette phrase et de la révolte de Janvier - Février 2009,
dirigée par un collectif d'associations et de syndicats de travailleurs qui s'est
donné le nom de LKP (Liyannaj Kont Pwofitasyon) - Union contre les abus
outranciers, "yo" désigne TOUS les profiteurs. Desquels bien entendu, on ne
peut exclure l'ethno classe des "békés" descendants d'esclavagistes, certains
affairistes "métropolitains" et tous ceux qui se comportent en Guadeloupe comme
dans un "Far West".

Contrairement à ce que beaucoup ont tenté de faire croire, avoir conscience de
la persistance d'une fracture ethnique dans ces pays de la Caraïbe (entretenue par
certains groupes pour asseoir leur domination) et dénoncer cet état de fait, ne fait
pas de vous un raciste.

Salutations de Guadeloupe,

Voir l'article du monde en pièce jointe.

Les raisons du malaise en outre-mer

Le Monde.fr LEMONDE.FR | 27.02.09 | 19h34 • Mis à jour le 28.02.09 | 12h58

Les départements d'outre-mer (DOM) s'embrasent. Après la Guyane, qui protestait en novembre contre

le coût de l'essence, la Guadeloupe est bloquée depuis fin janvier par les grèves, tout comme la

Martinique, entrée dans la danse en février. Les DOM figurent parmi les territoires les plus pauvres de

l'Union européenne. Mais derrière les revendications économiques des manifestants apparaissent les

blessures d'un passé tumultueux. En théorie, les DOM sont des départements – presque – comme les

autres. Mais leur histoire douloureuse et les vestiges du colonialisme toujours présents dans leur société

sont mal connus en métropole.

[-] fermer "Un lourd héritage historique"

Le poids de l'esclavage

Les sociétés ultramarines restent profondément marquées par l'empreinte de l'esclavage, qui a permis

aux sociétés coloniales de prospérer sur la très lucrative culture de la canne à sucre. Au total, quatre

millions de personnes ont connu l'état de servitude dans les colonies françaises. L'esclavage a été aboli

deux fois : une première fois en 1794, avant d'être rétabli huit ans plus tard par Napoléon Bonaparte,

puis le 27 avril 1848, par la IIe République – définitivement cette fois-ci. Paris a toutefois fait le choix de

perpétuer les fondations du système esclavagiste, maintenant des relations commerciales "exclusives"

entre les colonies et la métropole et en décourageant l'autosuffisance alimentaire à travers le soutien à la

monoculture sucrière. Et pour pallier le besoin de main-d'œuvre au lendemain de l'abolition de

l'esclavage, la France a fait venir des travailleurs "contractuels" d'Inde ou d'Afrique, créant de nouvelles

formes de subordination.

Une émancipation inachevée

En 1946, les Antilles accèdent au rang de départements. Toutefois, l'"assimilation" politique engagée par

le biais de la départementalisation ne s'accompagna pas d'une véritable émancipation économique et

sociale. Ce qui fait dire à Aimé Césaire, en 1971, dans Le Monde, que "la départementalisation, [qui]

devait être l'égalité des droits, ne le fut pas. Le nouveau système est devenu encore plus colonialiste que

l'ancien. Peu à peu, il a sécrété ses privilégiés : ceux qui vivent de lui, les fonctionnaires, les grosses

sociétés, le 'lobby' antillais qui pèse sur le pouvoir". Dans la foulée de la publication des Damnés de la

terre, en 1961, par le psychiatre martiniquais Frantz Fanon, les revendications indépendantistes se font

vives dans les DOM. Celles-ci sont attisées par l'émancipation, en 1962, des Antilles britanniques

vives dans les DOM. Celles-ci sont attisées par l'émancipation, en 1962, des Antilles britanniques

voisines (Jamaïque et Trinité-et-Tobago). Le "mon Dieu, que vous êtes Français", lancé par Charles de

Gaulle à la foule martiniquaise, à Fort-de-France en 1964, n'y fait rien : les années 1960 et 1970 sont

marquées par l'instabilité sociale. En mai 1967, de violentes émeutes et leur répression policière

ensanglantent Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, faisant officiellement sept morts (aujourd'hui, on parle de

87 de morts), tandis qu'en mars 1971, de violentes échauffourées éclatent à Basse-Terre, après trois mois

de grève générale. La métropole éteint les braises, mais ne résout pas les problèmes de fond.

Coût de la vie

Difficile d'évaluer précisément l'écart de prix entre les territoires d'outre-mer et la métropole. Les études

à ce sujet font cruellement défaut, l'Insee ne disposant d'aucune statistique sur ce point. Tout juste saiton

que l'inflation a été plus forte dans les DOM qu'en métropole, atteignant notamment 2,4 % en 2007

en Martinique, contre 1,5 %, en France métropolitaine. L'Etat tient compte en tout cas de la "vie chère"

dans les DOM, puisque les fonctionnaires qui y sont mutés disposent d'une prime augmentant leur

salaire de 40 %.

La fiscalité particulière de ces territoires rend certains produits, notamment ceux importés de métropole,

particulièrement onéreux. Les DOM ne font pas partie du territoire fiscal de la France et sont considérés

comme des territoires d'exportation par la métropole et l'UE. Les produits importés sont ainsi soumis à

une taxe d'"octroi de mer" fixée par les conseils généraux, en fonction de la catégorie de produit. Pour

les produits cosmétiques, par exemple, cette taxe représente 30 % du montant TTC. L'octroi de mer est

censé protéger les entreprises locales en surtaxant tout ce qui vient d'ailleurs, mais il fait grimper

vertigineusement les prix des produits d'importations, déjà soumis à des frais d'embarquement, de

débarquement et de fret maritime.

Une production peu diversifiée

Durant des siècles, Paris a découragé la diversification économique de ses colonies, ne favorisant que la

culture de la canne à sucre. Aujourd'hui encore, l'agriculture constitue l'essentiel de l'activité économique

des DOM, comme le relevait le sénateur Roland de Luart dans son rapport de 2003 sur le projet de loi de

programme pour l'outre-mer. "Les productions sont très spécialisées, notamment la banane, le rhum et

le sucre, et tournées vers l'exportation." Avec le tourisme, l'autre principale source de revenus dans les

Antilles, l'économie antillaise repose sur des activités fortement soumises aux aléas climatiques et très

dépendantes des relations avec la métropole.

Par ailleurs, l'économie des DOM repose largement sur le secteur public, qui y emploie un nombre

d'agents très important. La proportion de la fonction publique au sein de la population active est ainsi de

37 % en Martinique et 40 % en Guyane, contre 26,3 % en métropole, selon les chiffres de l'Insee.

Autres fragilités : l'étroitesse des marchés locaux et les difficultés de financement des entreprises, les

banques étant réticentes à financer des entreprises situées dans des territoires où le risque est perçu

comme plus important. Le point positif des économies ultramarines reste toutefois le dynamisme de sa

population, et ce malgré un niveau de formation inférieur à celui constaté en métropole. Les DOM

population, et ce malgré un niveau de formation inférieur à celui constaté en métropole. Les DOM

compensent cette faiblesse par une population plus jeune en moyenne qu'en métropole. Le taux de

création d'entreprise est ainsi relativement élevé – de 18,2 % par exemple à la Réunion, pour une

moyenne nationale de 11,1 %.

Les aides de la métropole

Les mesures fiscales mises en place par l'Etat, censées accélérer le développement de l'économie locale,

ont en réalité surtout contribué à enrichir quelques grosses fortunes locales, creusant les inégalités. La

vingtaine de dispositifs fiscaux – qui représentent un coût de 3,3 milliards d'euros au budget 2009 –

n'ont guère fait la preuve de leur efficacité, quand ils ne produisent pas d'effets pervers. Ainsi le coût de

la défiscalisation en matière de logement n'a cessé de croître (230 millions d'euros en 2008, soit + 27 %

en deux ans), avec pour effet pervers de mettre en panne la construction de logements sociaux au profit

du logement libre et de renchérir les prix des terrains.

Au total, l'effort global de l'Etat en faveur de l'outre-mer se monte à 16,7 milliards d'euros en 2009. Près

de 4 milliards de plus sont programmés pour la période 2007-2013 dans le cadre de la "politique de

cohésion" de l'Union européenne. Avec un produit intérieur brut (PIB) inférieur à 75 % de la moyenne

européenne (67,3 % pour la Guadeloupe), les départements d'outre-mer peuvent bénéficier de mesures

dérogatoires. Mais pour de nombreux élus locaux, le maintien sous perfusion des économies

ultramarines est loin de répondre à l'urgence sociale de ces territoires.

Une situation sociale explosive

On comptait 22,7 % de chômeurs en Guadeloupe en 2007, 21,2 % en Martinique, 24,2 % à la Réunion,

contre 8,5 % pour l'ensemble de la France selon les données de l'Insee. Mais surtout, le chômage de

longue durée y est très prégnant. Ainsi, plus de la moitié des sans-emploi guadeloupéens le sont depuis

plus de trois ans. La proportion de RMistes est elle aussi alarmante (19,4 % par exemple en Guyane,

contre 3,4 % en métropole). Dans son rapport sur l'outre-mer, le sénateur Du Luart note ainsi que les

forts taux de chômage en outre-mer s'expliquent par le décalage entre une croissance économique plus

importante qu'en métropole et une évolution démographique encore plus forte – en un siècle, la

population ultramarine est passée de moins de 600 000 personnes à plus de 2,4 millions aujourd'hui.

Au-delà de ces statistiques, le mouvement de protestation qui secoue les Antilles signale surtout le rasle-

bol de la population face à une structure sociale héritée du colonialisme, basée sur la "pwofitasyon",

dans laquelle la richesse est concentrée entre les mains de quelques grandes familles de "békés". Pour

Christiane Taubira, députée divers-gauche de Guyane, la situation dans les DOM "frôle l'apartheid

social".

[-] fermer "La question du statut politique"

Depuis le début des manifestations en Guadeloupe, le collectif LKP évite d'évoquer la question du statut

de l'île et son maintien dans la République. Pourtant, malgré la révision constitutionnelle de 2003 – qui

avait notamment entériné la suppression des TOM (territoires d'outre-mer) au profit de "collectivités

territoriales" fixant elles-mêmes leurs règles de gouvernement –, la question du lien avec l'Etat reste

posée. Les quatre DOM – Martinique, Guyane, Guadeloupe et Réunion – sont gérés par un conseil

général et un conseil régional, dont les compétences sont identiques à celles des structures de la

métropole. Mais en raison de la faiblesse de leurs ressources propres, notamment fiscales, ces

collectivités présentent une dépendance accrue à l'égard de l'Etat.

En décembre 2003, la Guadeloupe a rejeté par référendum à près de 73 % la création d'une collectivité

unique se substituant à la région et au département. A l'époque, ce vote avait été interprété comme un

attachement au statut de DOM et à la France, et donc comme la fin de la tentation indépendantiste. La

Martinique avait elle aussi rejeté cette possibilité à une courte majorité (50,48 %). Depuis cette date, le

débat sur l'évolution du statut et la responsabilité locale a été enterré. Or, plusieurs analystes relèvent

que dans la crise actuelle, l'un des points-clés est le problème de la domiciliation de la décision politique.

Ainsi, le mouvement LKP exprime une quête identitaire qui ne peut se réduire aux revendications

sociales. Le slogan "La Gwadloup sé tan nou, la Gwadloup a pa ta yo" ("La Guadeloupe, c'est à nous ;

la Guadeloupe, c'est pas à vous"), qui rythme les cortèges depuis le début du conflit, marque cette

émergence identitaire. En annonçant, le 19 février, la convocation d'"Etats généraux de l'outre-mer",

Nicolas Sarkozy semble avoir entendu ce besoin de réétudier le lien entre la République et ses DOM.

Reste à savoir quelles propositions sortiront concrètement de ces Etats généraux.

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16 février 2009

Les Noirs Antillais contre les héritiers du "Club Massiac"

                            Les Noirs Antillais 

           Contre les héritiers du « club Massiac »

            La grève générale contre la vie chère en Guadeloupe à laquelle s’est jointe la Martinique (bientôt la Réunion et la Guyane) entre dans sa cinquième semaine. Le tiers monde de la France existe et veut montrer qu’il subit plus qu’une simple crise économique. Il vit une injustice faite d’inégalités sociales qui devraient troubler la conscience des gouvernants français et de la France en générale qu’un abus de langage appelle le pays des droits de l’homme alors qu’elle n’est que le pays de la Déclaration des droits de l’homme. Ce qui n’est absolument pas la même chose.

            Au cœur de cette tourmente qui secoue les Antilles, il y a la communauté Béké, ces descendants de planteurs Blancs qui ont laissé la politique aux Noirs pour contrôler l’économie de l’île. Les Békés, qui se caractérisent aussi par le refus du mariage avec les Noirs, détiennent 90% des terres cultivables et ont le quasi monopole de l’économie, notamment de l’agroalimentaire et la grande distribution ; faisant ainsi la pluie et le beau temps. Pour permettre à la communauté blanche de suivre le rythme infernal qu’ils imposent aux Antilles, l’état alloue depuis fort longtemps une « prime de vie chère » aux fonctionnaires originaires de la métropoles appelés les « métros ». Ceux-ci constituent le tiers de la population active. On comprend alors que la grande majorité de la population des îles constituée essentiellement de Noirs ne puisse pas suivre la cadence de cette vie.

Gr_ve_Antilles

Le conflit à la lumière de l’histoire         

            Mais revenons à ces békés qui sont la source du mal Antillais. A vrai dire, ils ne sont nullement issus de l’aristocratie française comme la presse métropolitaine voudrait nous le faire croire. En tout cas, ce n’est point ce que dit l’histoire. Aux 17è et au 18ès, ce sont des aventuriers, dont beaucoup de pêcheurs et paysans Bretons, qui se sont jetés dans l’exploitation des îles avec l’aide des négriers. Les femmes de mauvaise vie étaient enlevées des zones portuaires de Nantes et de Bordeaux pour grossir leurs rangs. La méprise qui a fait d’eux des aristocrates vient des débats houleux qui eurent lieu au 18è siècle.

Suivez bien ! En 1788, sur le modèle des mouvements abolitionnistes anglais, fut crée la « Société des amis des Noirs ». De plus en plus influente grâce à ses élus à l’assemblée, elle était bien décidé à soulever la question de l’esclavage lors des états généraux qui devaient aboutir à l’abolition des privilèges et à la Déclaration des droits de l’homme. Confrontés à cette menace, non seulement les planteurs obtinrent leur représentation à l’Assemblée nationale pour contrer les abolitionnistes, mais ils fondèrent aussi une société adverse, dite « Club Massiac », qui s’engagea dans la protection des intérêts coloniaux et l’orchestration d’une campagne de désinformation et de dénigrement contre les « Amis des Noirs ». Dans son livre Race et Esclavage dans la France de l’Ancien Régime, Pierre H. Boulle dit que les deux groupes « s’engagèrent corps à corps dans une lutte pour savoir si la Déclaration des droits de l’homme s’appliquait aux colonies. […] Ce débat fut l’une des bases de la division créée au sein de l’assemblée entre l’aile radicale et l’aile libérale, cette dernière de plus en plus définie comme représentant les « aristocrates », en particulier après l’admission des planteurs en tant que représentants des colonies. »

Il apparaît donc clairement que le terme « aristocrates » - entre des guillemets dans le texte - lancé à la face des représentants des planteurs et leurs soutiens était plutôt une injure qu’une désignation de l’aristocratie française de sang. Les Békés n’ont donc rien à voir avec les nobles de la métropole. Si les privilèges furent abolis dans la nuit du 4 août 1789 et la Déclaration des droits de l’homme adoptée en octobre de la même année, ils est à souligner que les colons blancs et leurs soutiens réussirent à faire exclure les colonies, donc les Antilles, de la Constitution et obtinrent pour elles un statut d’associées à la métropole. C’est pourquoi, lorsque l’esclavage fut abolie en 1794, cette abolition ne concernait en réalité que la métropole puisque le trafic des esclave n’a été interdit en France qu’en1818. Quand, arrivé au pouvoir en 1799, Napoléon rétablit l’esclavage, il ne faisait en réalité qu’officialiser une pratique ordinaire mais illégale constitutionnellement. L’abolition effective de l’esclavage dans les Antilles n’interviendra que beaucoup plus tard en 1848 (loi Schoelcher) sous la pression répétée des abolitionnistes Anglais.

            Cette grève contre la vie chère a donc indubitablement des accents de remise en cause des acquis du Club Massiac qui a réussi à faire des Antilles une France à part (« statut d’associé ») vivant sous une politique paternaliste faite d’inégalités sociales avec la bénédiction du pouvoir métropolitain. C’est donc ENFIN la rébellion des anciens esclaves depuis le 18è siècle.

Raphaël ADJOBI

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02 septembre 2008

La France de Sarkozy et ses immigrés

                         La France

de Sarkozy et ses immigrés

Immigr_s_manif            Le 20 juin dernier ont été publiés les chiffres officiels d’un an de la politique du gouvernement Sarkozy en matière d’expulsion des sans-papiers. Le gouvernement s’est réjoui d’avoir procédé à 14 660 reconduites à la frontière, soit une augmentation de 80 %. Mais, selon le gouvernement, l’objectif à atteindre reste le chiffre de 25 000 reconduites à la frontière tous les ans. Malheureusement, il convient de noter que derrière ces chiffres et cette auto-satisfaction se peignent des drames humains face à une police que le « gouvernement envoie à la pêche aux sans-papiers » (1).          

            Chaque jour, des hommes et des femmes disposant d’un contrat se rendant à leur travail se retrouvent dans des commissariats de police parce qu’ils sont entrés illégalement en France même s’ils y sont depuis dix ou quinze ans.

Les immigrés traqués

            En avril 2008, à Joinville-le-pont, un malien de 29 ans s’est jeté dans

la Marne

pour échapper à la police. Il est mort d’un arrêt cardiaque suite à son séjour dans l’eau froide.

            Quelques jours auparavant, à Paris, une Chinoise s’est jetée de la fenêtre de son appartement situé dans un immeuble pour échapper à la police venue procéder à un contrôle d’identité. Elle a été grièvement blessée.

            Le 27 juin 2008 à Paris, un élève noir qui participait à une sortie scolaire et qui est arrivé en avance à la gare de train est contrôlé, arrêté et gardé à vue pendant cinq heures par les gendarmes. Le lendemain, le sénateur Jean-Claude Peronnet a interpellé le gouvernement et lui a demandé des explications. En vain. Il affirme – et nous pensons avec lui - que ce jeune homme a été arrêté parce qu’il était noir.

            Enfin, nous nous souvenons tous de l’Ivoirien qui, rentrant dans son pays après un séjour en France, a été renvoyé d’Italie en France pour être interné dans un centre de rétention. Il en a été sorti grâce à un sms qu’il a adressé à un ami au Canada et qui a fait par la suite beaucoup de bruit..

            Toutes ces personnes sont les victimes du quota institué par le gouvernement Sarkozy qui, pour aiguiser le zèle des forces de l’ordre, pratique une politique d’intéressement consistant à permettre aux policiers accompagnateurs des expulsés d’obtenir des bonus sur leur carte de fidélité Air France pour s’offrir des voyages gratuits ou en classe-affaire.

La France

de Sarkozy est définitivement synonyme de climat de peur ! C’est ce que confirme Hervé Jaffré du syndicat UNSA-Police : « La pression pour faire du chiffre produit une police qui fait plus peur qu’elle ne rassure. »

            Dans une telle atmosphère, les lois de

la République

ne protègent plus les noirs et les basanés. En 2007, le service juridique du Mrap a saisi 50 fois le procureur de

la République

sur des faits de violence policière estimés à caractères racistes par les plaignants. Résultat : 50 classement sans suite ! « Et si on s’adresse directement à la police, c’est simple, explique un conseiller du Mrap : la plainte est soit refusée, soit elle se retourne contre la victime, qu’on poursuit pour outrage ou rébellion. » (2)    

La France

fer de lance du combat anti-Noir en Europe

Immigr__et_la_retention            Le 18 juin 2008 à Strasbourg, l’Europe a étudié la directive « Retour » visant à une harmonisation des règles destinées à endiguer l’immigration clandestine. Cette loi a arrêté une durée de rétention de 18 mois des immigrés en situation irrégulière et une interdiction du territoire européen d’une durée de 5 ans après expulsion.

            Alors que les chefs d’états africains sont restés muets devant le sort qui est infligé à leurs ressortissants, le lendemain du vote de cette mesure, le Président vénézuélien Hugo Chavez a menacé de ne plus fournir de pétrole aux pays européens qui l’appliqueraient. Ce ne sont pas toujours les nôtres qui nous défendent le mieux.

            Pour ma part, devant cette « directive de la honte » (disent les opposants), je soupçonne l’Europe d’avoir une arrière pensée. On portant la durée de rétention de 12 à 18 mois, elle veut se constituer se constituer une main d’œuvre corvéable à merci en cas de besoin. Arrêter les immigrés illégaux certes, mais ne pas les renvoyer trop tôt parce que l’on peut avoir besoin d’eux dans des secteurs précis comme les entreprises qui fabriquent des produits hautement toxiques.

Une politique anti-noire qui date du 18 è siècle

Au 18 è siècle, afin d’empêcher les Noirs de quitter les plantations des Antilles et suivre leurs maîtres et aussi pour « protéger le sang blanc » des mariages mixtes, il leur fut purement et simplement interdit de résider en France. En août 1777, fut proclamé cette loi et l’on créa un « dépôts de Noirs » dans chaque port pour recevoir ceux qui y arrivaient jusqu’à ce qu’on puisse les renvoyer (3). Les centres de Rétention ne datent donc pas d’aujourd’hui. La différence c’est qu’en 2008, il en existe dans tous les pays européens. Ce sont donc des milliers de bras inutiles à l’Europe et à l’Afrique qui croupissent dans ces espèces de prisons pour étrangers. Un Africain retenu dans un centre en Allemagne depuis 1993 semble battre tous les records ! (France Inter du 1/09/2006).

Immigr_s_manif_2           Ce qui me réjouit le cœur, c’est de voir que les travailleurs immigrés ont compris que leur sort en Europe dépendra des résultats de leurs propres luttes. Les récentes manifestations qui tranchent avec l’habituelle passivité des Noirs en France ouvrent une nouvelle ère. Les Français non Blancs invisibles dans les services administratifs, économiques et politiques du pays doivent se dirent aussi que ce n’est pas une poignée de compatriotes blancs « négrophiles » qui doit les défendre pour les rendre visibles mais eux-mêmes.                   

(1) Dominique Voynet, députée Vert ; Radio France Inter, 5 juin 2008. (2) Nouvel Observateur n°2276 du 19 au 25 juin 2008, p.88-89 ; article de Alsa Vigoureux (Le tabou de la bavure). (3) Pierre H. Boulle ; Race et esclavage dans

la France

de l’Ancien Régime, p.78, édit. Perrin.      

Raphaël ADJOBI

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18 juin 2008

Les Sarkozygirls

           Les Sarkozygirls

            Que penser des trois ministres françaises issues des minorités que Nicolas Sarkozy a placées au devant de la scène politique nationale comme une esquisse de sa politique de discrimination positive qui n’aura jamais lieu ?

            Soyons francs ! Nombreux étaient les Français, surtout les Afrodescendants, qui avaient peur que cette expérience se solde prématurément par un échec retentissant ou tout simplement par une présence invisible. A notre grande surprise, ce sont ces femmes qui font l’actualité. Exit Alliot Marie devenue transparente. Depuis un an, des femmes au gouvernement, on ne parle que de Rachida Dati, de Rama Yade et de Fadela Amara dans une moindre mesure.

Rachida_Dati_ARachida Dati : Que n’a-t-on pas dit sur cette dame et que ne continue-ton pas de raconter sur elle ! Très vite, la Garde des sceaux et ministre de la justice a suscité la rébellion des magistrats. Ce n’était pas la politique du gouvernement que l’on critiquait mais bien la personne que l’on trouvait cassante, peu conciliante. Elevée au rang de favorite du Président, elle était invitée partout ; et les journalistes se plaisaient à la photographier, à épier ses moindres gestes, à interpréter ses moindres paroles. Après le divorce du Président et la disparition de Cécilia Sarkozy des projecteurs des journalistes, l’opinion publique a fait d’elle l’amie intime du Président, voir son amante et parfois même la future épouse du Président.

            Après le remariage du Sarkozy avec Carla Bruni, Rachida Dati est tombée en disgrâce auprès des médias. Désormais on ne voit en elle qu’une dépensière, la « cigale » du gouvernement selon une revue people. Le président lui-même a fini par croire à un lynchage injustifié et a volé à son secours lors d’un conseil des ministres.

Ramayade_soucieuse

Rama Yade : C’est la rebelle de l’équipe Sarkozy, se plaît-on à le souligner. Souvenons-nous de sa sortie retentissante quelques jours avant la visite officielle du Président libyen Kadaffi. Elle a estimé que la France n’était pas un paillasson sur lequel les dictateurs pouvaient venir essuyer leurs pieds. Les journalistes en ont alors fait la conscience de la France. Cela ne l’a pourtant pas empêchée de les traiter de charognards prêts à faire de la vie du président de la République une pitance facile. Souvent invitée en province où on se bouscule pour la voir, Rama Yade est devenue en un an une image de la vie publique française alors qu’elle n’est qu’une Secrétaire d’Etat.

Fadela_Amara

Fadela Amara : Son opposition à son ministre de tutelle Christine Boutin qui semblait ne pas apprécier son plan banlieue a fait d’elle une rebelle. Madame Boutin voulant absolument jouer à la patronne qui supervise le travail de sa Secrétaire d’Etat a tout de suite été dépassée. D’autre part, il faut avoir du courage comme Fadela Amara pour affirmer ne pas voter pour Nicolas sarkozy en 2012.   

            Il apparaît finalement que si les minorités sont absentes de la scène politique française, ce n’est point parce que l’on a peur qu’elles ne soient pas à la hauteur mais tout simplement par discrimination raciale. D’autre part, si ces populations sont absentes de ces postes de responsabilité, c’est parce qu’elles souffrent elles-mêmes du complexe de l’étranger qui ne doit pas se mêler des affaires des autochtones. Il est donc temps de vaincre ce sentiment et oser entreprendre des conquêtes politiques en militant nombreux dans les structures qui y mènent ou en créer.    

Raphaël ADJOBI

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21 mai 2008

Le bilan de Sarkozy

         

                                      Le bilan de Sarkozy

Sarkozy_au_pupitre_1            Quelle année ! Quel début de présidence ! Il fallait avoir du souffle pour suivre les aventures de celui que les policiers appelaient Speedy Gonzalez quand il était au ministère de l’intérieur. Devenu Président, il a encore accéléré le rythme. Il a beaucoup parlé, abordé donc de sujets touchant la vie des Français. Mais…

            Pour faire le bilan de la première année de la présidence de Nicolas Sarkozy, je prends ma vie de citoyen français et celle de mes amis et connaissances et cherche à savoir ce qui a changé dans notre quotidien. Est-ce que les objectifs du président Sarkozy se réalisent et changent favorablement notre vie ?

1. « Il faut travailler plus pour gagner plus », disait-il. Est-ce que ceux qui travaillent plus gagnent plus depuis un an ? Sur les feuilles de paie des français, en ce mois de mai 2008 où se font les déclarations de l’impôt sur le revenu, ceux qui ont fait des heures supplémentaires en 2007 constatent effectivement que ces heures accomplies sont exonérées d’impôt. Bravo donc Sarkozy ! Mais, le problème, c’est que tous ceux qui aimeraient faire des heures supplémentaires ne peuvent pas en faire. Car la réalité c’est que c’est le patron qui décide selon ses besoins. Il ne suffit pas que l’employé veuille en faire. Il est donc normal que certains crient à l’injustice.          

            2. La discrimination positive ! Quel beau rêve national ! Une volonté électorale qui, si elle avait été appliquée dans les administrations, aurait réhabilité les noirs et autre basanés dans le paysage social français. Rien à espérer à l’horizon de ce côté-là.

            3. L’immigration choisie. Slogan électoral qui a rallié à Sarkozy les partisans du Front National. Pour le moment, le gouvernement n’est qu’à la phase « expulsions » des sans-papiers que l’on devrait plutôt appeler « les papiers illégaux ». A vrai dire, l’immigration choisie s’effectue depuis toujours : médecins africains et européens de l’Est dans les hôpitaux, ouvriers africains dans les usines et les services de sécurité, dans les tâches subalternes de l’hôtellerie, et employées africaines dans l’aide à domicile. Cependant, nombreux sont ceux qui travaillent avec des faux papiers. Il ne reste donc au gouvernement que la politique de l’expulsion avec pour objectif 25 000 reconduites à la frontière par an. Une politique de la terreur sur laquelle nous reviendrons dans un prochain article.

            4. Le travail des seniors. Les seniors de plus de 55 ne sont plus, sous Sarkozy, dispensés de la recherche d’un emploi. Il propose de pénaliser tous ceux qui refuseront plus de deux propositions d’emploi « valables » ; qu’ils soient seniors ou pas. Le gouvernement affirme que la mesure vise à remettre les chômeurs au travail. En réalité, elle vise à faire des économies sur le dos de ces derniers. Car la réalité des faits est la suivante : les mesures Borlo qui visaient à pénaliser les employeurs qui font des économies en licenciant les seniors – trop chers selon eux – ont été vaines. Incapable de sanctionner les employeurs, l’Etat a décidé de sanctionner les chômeurs. C’est une solution facile et qui remet de l’argent dans les caisses.   

            5. La loi sur le divorce enterrée ! Dans les projets de Sarkozy, il est une mesure qui aurait Simplifiée la vie de beaucoup de français. Il était question de confier les divorces à l’amiable aux maires. Les citoyens n’auraient recours aux avocats que dans les cas de désaccord et donc de conflit. Au moment où l’on montre du doigt les lenteurs des tribunaux engorgés, on se serait attendu à ce que cette loi fût unanimement bien accueillie. C’était sans compter avec les avocats qui voyaient là un manque à gagner non négligeable. Et Sarkozy n’aime pas déplaire aux riches. Il abandonne donc cette loi et avec elle les usagers français. Dans ces conditions, on comprend très bien que les chauffeurs de taxi refusent que l’on touche à leur privilège même si tout le monde est persuadé que leur rareté empoisonne la vie des grandes villes. Ce protectionnisme catégoriel a d’ailleurs fait perdre à Paris le statut de ville de congrès et de grandes conférences internationales.

Sarkozy_lisant

            6. Les réformes de l’enseignement et des institutions. Pas facile de dégraisser le mammouth ! L’enseignement professionnel sera désormais sanctionné par le Bac au bout de trois ans au lieu de quatre. Là encore on soupçonne l’état de privilégier la réduction des heures et donc du personnel enseignant. Quant à la réforme des Institutions, nous attendons de voir les quinze points qui vont changer.

            Avouons que les résultats sont bien maigres. Beaucoup de bruit pour rien donc.

Raphaël ADJOBI          

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