Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

19 novembre 2015

Les bébés flingueurs ou les enfants et les armes à feu aux Etats-Unis

                                       Les bébés flingueurs

Les bébés flingueurs 0001

            Entrefilet lu dans l'hebdomadaire Télérama de la deuxième semaine de novembre 2015 (n° 3434).

Depuis janvier 2015, aux Etats-Unis, treize enfants de moins de 3 ans sont tués en manipulant une arme à feu, et dix-huit se sont blessés. Dix enfants de moins de 3 ans ont aussi blessé une autre personne. Et deux personnes ont été tuées par un enfant de moins de 3 ans.

            Petit texte à relire et à méditer. En complément de lecture et de méditation, mon article sur les armes à feu aux Etats-unis : http://raphael.afrikblog.com/archives/2012/12/17/25940184.html 

Raphaël ADJOBI

° L'image est tirée du livre d'Annie Pastor (Les Pubs que vous ne verrez jamais). 

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29 octobre 2015

L'histoire du métis entre le Noir et le Blanc

          L'histoire du métis entre le Noir et le Blanc 

Les métis 0003

            Dans la seconde moitié du deuxième millénaire de notre ère, aux premières heures d'une nouvelle forme de rencontre entre le Noir et le Blanc que nous situerons entre le XVe et le XVIIIe siècle, les premiers métis que retient l'Histoire sont les enfants issus des amours passagères des colons voyageurs. Ces métis essaimés sur le continent noir finissaient très vite par se fondre dans la population africaine sans laisser de trace. Selon les historiens (Documentaire "Les routes de l'esclavage"), au XVIIe siècle, 10% de la population portugaise était noire ! Si dans les colonies les Blancs s'unissaient librement aux esclaves noires et multipliaient les enfants métis, en France métropolitaine, les mariages mixtes qui ont généré l'arrêté du 5 avril 1778* l’interdisant n'étaient pas aussi nombreux que l'on a voulu le faire croire (Pierre H. Boule - Race et esclavage dans la France de l'Ancien régime, éd. Perrin, p. 135-139) ; et il est à noter que les métis issus de ces mariages se sont également vite fondus dans la population blanche. On peut donc affirmer que, de même qu'en Afrique beaucoup de Noirs ont du sang blanc dans les veines, de même en France et ailleurs en Europe, beaucoup de Blancs ont du sang noir dans les leurs. 

Les métis Oliviier de Montaguère 0005

            Mais dans certaines contrées du monde, des circonstances vont peu à peu conduire le métis à affirmer sa particularité pour jouir de privilèges certains et même constituer une véritable caste. C’est cette évolution, qui ne se fera pas toujours sans heurts, sur laquelle nous voudrions ici porter notre attention.

                             Les premiers métis remarqués

            Les premiers métis à échapper aux traitements brutaux que subissaient les Noirs à l'époque de la traite atlantique étaient ceux dont les mères étaient des négresses de maison, c’est – à – dire des  femmes noires qui jouissaient du privilège d'être l'amante ou la maîtresse du maître blanc. Elles furent nombreuses, ces femmes noires isolées du reste des esclaves et qui souvent bénéficiaient même des services d'autres nègres. Elles étaient presque toujours les rivales des épouses européennes des administrateurs coloniaux et des grands fermiers esclavagistes. Des rivales dont les élégantes toilettes trahissaient la considération dont elles jouissaient. Nous en avons de beaux exemples dans les littératures du Nouveau Monde comme par exemple dans L'autobiographie d'une esclave d'Hanna Crafts (Petite Bibliothèque Payot, 2006, p. 270-276) et dans Black rock d'Amanda Smyth (éd. Phébus, 2010). En Afrique, précisément au Sénégal, les fameuses signares aux yeux surréels que célèbre L. S. Senghor ne sont rien d'autres que des négresses et surtout des métisses entretenues par les maîtres blancs et qui échappaient ainsi aux travaux des champs sans toutefois jouir des fastes des réceptions des Blancs.   

            Si peu à peu les femmes métisses supplantent les noires dans les concubinages avec les Blancs et sont entretenues loin des yeux de leurs rivales blanches, les hommes métis avaient un sort moins paisible mais tout de même enviable aux yeux des Noirs. C'est parmi eux qu'étaient généralement choisis les contremaîtres et les membres de la police des négriers aussi bien dans les factoreries en Afrique que dans les plantations dans le Nouveau Monde. Sur le continent noir, nombreux parmi eux étaient des trafiquants servant d'intermédiaires entre les facteurs – négriers blancs tenant une factorerie – et les rois de l'intérieur. Certains devinrent même puissants et célèbres dans le commerce des esclaves. C'est le cas de Da Souza – dit Cha-Cha – le prince des négriers

                               Un métis, prince des négriers 

            Cha-Cha était un métis brésilien corpulent et analphabète. Sa mère était une esclave ayant recouvré la liberté pour avoir fait beaucoup d'enfants. « Cha-Cha avait déserté la marine royale et était arrivé en Afrique comme pilote de négrier [...] Il travailla dans des factoreries et apprit la langue du pays. Cha-cha commença à s'élever grâce à son caractère de mulâtre, d'homme double. Avec les Africains, il faisait l'Africain, il observait toutes les coutumes et les superstitions des Noirs ; avec les Blancs, il était blanc et s'efforçait de parler en civilisé [...] Le palais de Cha-Cha, fait de briques et de planches, possédait des jardins, des promenoirs et était ceint d'une muraille » (Le négrier, roman d’une vie, Lino Novàs Calvo, édit. Autrement, 2011, p. 83-84 ; et aussi Confessions d'un négrier de Théodore Canot, édit. Phébus, 1989, p. 202-207). Il gérait des esclaveries et tenait un harem où cohabitaient des houris, des Noires, des mulâtres et des Blanches – souvent des prostituées achetées à Londres, Paris ou Lisbonne – et même des quarterons qui provenaient des haras du Brésil. Cha-Cha était d'ailleurs veuf d'une mulâtresse brésilienne avec laquelle il avait eu deux filles. Cet homme fut puissant à Ouidah, dans le royaume du Dahomey. 

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            Cette ascension fulgurante de Cha-Cha et la puissance de son pouvoir en Afrique de l'Ouest témoignent du rôle trouble que jouèrent les métis à l'époque de l'esclavage. Au Brésil et dans les Caraïbes, les grandes dames blanches en faisaient leurs favoris. Pendant longtemps, au Brésil et dans les colonies hollandaises, le métis devint une denrée très prisée ; ce qui encouragea l'établissement des haras où l’on élevait des métis et des quarterons que l'on proposait aux riches familles blanches pour servir de cochers, valets ou autres fonctions citadines. Le très grand métissage de la population brésilienne ne s’explique donc que par cette pratique industrielle du croisement du Noir et du Blanc – très à la mode au début du XIXe siècle – pour obtenir des hommes et des femmes à la peau intermédiaire que les familles blanches exhibaient comme des trophées.

                          Quand le métis accède à l’aristocratie 

            Le temps passant, grâce à quelques géniteurs blancs qui leur offraient de brillantes études, peu à peu les métis constitueront, dans certaines régions du monde, une classe intermédiaire et parfois même une caste. Au début du XIXe siècle, à Paris, existait une véritable aristocratie noire faite essentiellement de métis. Le chevalier de Saint-Georges, très célèbre à l’époque, et Alexandre Dumas n’étaient pas les seuls métis que l’on voyait rouler carrosse dans cette ville. « Il y avait quelque chose de singulier à voir ces hommes à la peau noire, fils d’esclaves, mener une vie insouciante de gentilshommes à Paris, capitale de la France voire d’Europe, au moment même où l’empire esclavagiste français était à son apogée » (Tom Reiss, Dumas, le comte noir, édit. Flammarion, 2013, p. 75). 

            Si le pouvoir napoléonien a contribué à la mise à l’écart puis à la disparition de cette aristocratie noire parisienne – qui peu à peu s’est fondue dans la population blanche par les mariages – ailleurs, dans les Caraïbes, les métis ont fini par constituer une classe à part parce qu’ils étaient méprisés par les colons qui ne pouvaient les admettre parmi eux. Et c’est justement là, dans ces îles, que les métis – polis à l’excès envers les Blancs – vont faire valoir la puissance de leur caste par rapport aux Noirs qu’ils méprisent à leur tour. 

            Les plus belles illustrations de cet antagonisme métis-Noirs nous sont fournies par Marie Vieux-Chauvet et Raphaël Confiant. Dans Amour, Colère et Folie (édit. Zulma, 2015), Marie Vieux-Chauvet nous montre que les rivalités politiques en Haïti sont doublées d’une opposition historique entre Noirs et métis. Lorsqu’ils parviennent au pouvoir, les premiers – qui qualifient les derniers de « aristos » – cherchent à leur faire payer leur arrogance et leur mépris séculaires. Ce livre est d’ailleurs l’expression d’une des plus belles déchirures de l’âme métisse dans ces îles des Caraïbes où l’on use du mot mulâtre ou mulâtresse comme d’un titre singularisant. Si l’ouvrage ne cache pas le pouvoir arrogant dont peuvent jouir les métis dans les Caraïbes, c’est surtout dans Madame Saint-Clair (Mercure de France, 2015) de Raphaël Confiant que cette aristocratie apparaît sous son jour le plus cru ! En effet, dans ce roman historique, le métis est à l’image du colon blanc ou du négrier tel que le peint admirablement Alexandre Dumas dans Georges (édit. Gallimard, 1974, collection Folio) : parce que toute sa vie il a vu vendre, acheter et dominer les nègres, « (le mulâtre) pensait donc, dans sa conscience, que les nègres étaient faits pour être vendus, achetés » et dominés et qu’il pouvait logiquement en faire autant. Puisque les Blancs forniquaient avec les négresses et les engrossaient impunément, pourquoi devait-il s’en priver ? Cette réalité a été et demeure dans une certaine mesure celle de la Martinique où – pendant la Révolution française – l’aristocratie n’avait pas été décapitée, comme en Guadeloupe, parce qu’elle jouissait de la protection anglaise.   

            Il est donc clair que le métis ne peut jouir de la même considération sous tous les cieux, parce qu’il ne cultive pas partout la même réputation. Les expériences diverses qui jalonnent son histoire expliquent dans une grande mesure la méfiance que les Noirs lui témoignent quand il vit sous la coupe d’une personne blanche. En effet, il n’est pas rare dans un couple mixte, lorsque la mère est blanche, que les enfants métis soient dans un premier temps totalement accaparés par elle au point de donner l’impression qu’elle nie leur singularité. Ce rejet de tout ce qui rappelle le Noir est encore plus fort chez la mère quarteronne, comme le montrent si bien les premières pages de Délivrances de Toni Morrison (édit. Christian Bourgeois éditeur, 2015). Assurément, c’est toujours la mère et les siens qui travaillent – dans leur comportement – à laisser croire à ces enfants qu’ils ne sont pas Noirs, qu’ils n’ont rien à voir avec la « race » de leur père. La mère de ma mère (édit. Stock, 2008) de Vanessa Schneider en est une très belle illustration ; dans ce livre, la grand-mère noire et la mère métisse ont ce comportement vis-à-vis de leur progéniture. Et quand les camarades noirs de ces enfants s’aperçoivent de ce travail d’accaparement ou d’isolement, ils ne tardent pas à nourrir à leur égard une certaine méfiance ou même du rejet. Parce que nombreux sont les Noirs qui n’ignorent pas que dans différentes contrées ou différentes familles – en Martinique comme aux Etats-Unis d’Amérique, selon l’expérience de Madame St-Clair – « chacun essaie d’éclaircir la race, […] de manière hypocrite, sans jamais l’avouer ». Ce qui explique ce beau proverbe martiniquais : « Dès qu’un mulâtre possède un simple cheval, il prétend aussitôt que sa mère n’était pas une négresse » (Raphaël Confiant, Madame St-Clair, édit. Mercure de France, p. 175).         

            Heureusement, presque toujours à l’adolescence, le jeune métis revient des illusions dont il a été bercé et commence à tirer des leçons de sa propre expérience. Et, peu à peu, il se met à forger une conscience personnelle de son être, de son état de métis ; et surtout de son appartenance à un groupe génétique reconnaissable par les autres êtres humains. Il serait donc bon que chacun s’applique à ne pas lui jeter la pierre car il n’est jamais facile d’être écartelé entre deux mondes. Si les quarterons Alexandre Pouchkine et Alexandre Dumas ont tenu a affirmer leur négritude sous leur peau blanche et leurs cheveux crépus, c’est qu’ils étaient conscients de cette difficulté d’être dans un monde de Blancs où le rejet du sang noir semble atavique.     

*Deux prostituées noires, interrogées en 1777 par le procureur du roi de l’Amirauté de France, Guillaume Poncet de la Grave, […] inquiétèrent les officiers royaux au point que « la prostitution aussi bien que les mariages mixtes jouèrent un rôle important dans l’élaboration de la nouvelle législation » interdisant les mariages mixtes comme une mesure d’hygiène publique.

Raphaël ADJOBI

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28 avril 2015

La Morsure du Soleil (Un recueil de poèmes de Liss Kihindou)

                                La Morsure du Soleil

                 (Un recueil de poèmes de Liss Kihindou)  

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            Les poèmes réunis ici par Liss Kihindou sont ceux de ses jeunes années (1995-1999) quand « l'obsession de la rime » agitait son esprit. Presque vingt ans déjà, s'exclame la jeune poétesse, en jetant un regard en arrière ! Entre les « Hommages » aux âmes chères à son cœur et les temps où elle goûtait « Le privilège d'être enfant de Dieu » – sentiment qu’elle estime le plus beau – Liss Kihindou nous offre les « Souvenirs des temps où le monde est tout en fleurs » et ceux où elle avait senti le besoin de « Dire les mots (pour) exorciser les maux ». Un parcours qui va donc de la terre d'où l’homme a été tiré au ciel où il voudrait s’élever.   

            Certes, malgré les brefs rappels des contextes qui les ont vu naître, quelques textes très ancrés dans la société ou l'actualité congolaise pourraient laisser certains lecteurs dubitatifs. Mais tout le monde reconnaîtra que les larmes, les rires, ainsi que les aspirations de l'âme – qui ont scandé la jeunesse de cette enfant qui connaît la qualité de la morsure du soleil – crépitent ici comme des étincelles que l'on suit les yeux émerveillés. « Tu n'es plus que cendre » (p.23) retient l'attention par son rythme et l'universalisation d'une douleur nationale. « La preuve » (p. 34) interpelle le cœur de l'amoureux. « Nuit ambiguë », deuxième version (p.50) inquiète et apaise à la fois. Retenons cette étincelle-ci, admirablement drôle (p. 52) :

 

Un train sans freins 

Insouciante je vais

Mes pieds trottinent, piétinent

Aux locataires de la route

Ils se heurtent et trébuchent

Pour arriver

Mes pieds trottinent, courent

Heureux d'avoir fait la moitié du parcours

Quand du sac qui les surmonte

Sourd un bruit

Le signal ?

Mes pieds ralentissent, écoutent

Et retentit le signal.

 

Mes pieds trottinent, courent

Inquiets de n'avoir pas fini le parcours

Ils s'effraient du gargouillement

Signal d'un train sans frein

Le train qui happe les distances

Le train qui roule et dont les roues

Contre la voie intestinale

Provoquent ce sifflement :

Sss... sortir... sss... sortir

La voie intestinale, un long tunnel

Possédé par la hantise

De la délivrance

La voie qui débouche en plein air

Par une bouche

Une bouche ridée

Une bouche rétrécie

Ne s'ouvrant que pour vomir

Mes pieds tremblent

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Le train s'est ébranlé

La bouche va s'ouvrir

La ralentir est impossible

Impossible...

(Novembre 1995)

 

 

Les mots ont ce pouvoir magique de rendre merveilleuses les choses les plus banales ! Cette subtile peinture du malaise ou du mal-être que provoque un besoin naturel pressant me ravit le cœur !

            Est-il besoin de rappeler qu'on ne lit pas un recueil de poèmes comme on lit un roman ? En poésie, chaque texte est un tableau qui appelle une halte, un temps d'appropriation, un moment de vie des sens. C’est sans doute parce que chaque texte suscite une réaction particulière que chacun éprouve le besoin d’analyser subtilement, intérieurement. On ne peut donc apprécier un recueil de poèmes qu'en prenant son temps, comme dans une galerie de peintures ! De l'impatience naît l'ennui ou le dégoût de l'art. Prenez donc le temps avec La Morsure du Soleil.

Raphaël ADJOBI

Titre : La Morsure du Soleil (poèmes), 78 pages

Auteur : Liss Kihindou

Editeur : L'Harmattan-Congo, 2014 

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01 mars 2015

Ta main blanche sur mon épaule ou la prière du nègre Banania (poème)

                  Ta main blanche sur mon épaule

                         (ou la prière du nègre Banania)

 

MARCOUSSIS 2003

   

                        Pose ta main blanche sur mon épaule

                        Et de ma mémoire efface Aimé Césaire

                        Pour qu’à jamais je ne songe

                        Au Discours sur le colonialisme.

 

                        Pose ta main blanche sur mon épaule

                        Et de ma face noire fais un masque blanc

                        Pour que, fier, je puisse braver Fanon !

 

                        A ton ombre tutélaire, je veux marcher.

                        Offre-moi ton bras séculier pour que brille

                        Dans mes yeux la flamme insolente

                        Capable d’écarter de mon chemin la foule nègre.  

 

                        Pose ta main blanche sur mon épaule

                        Et fais de moi un nègre de maison

                        Contre les nègres marrons de ce nouveau siècle !

 

                        Demain, contre ta face je m’inclinerai

                        Les bras chargés des chaînes d’antan

                        Liant les cortèges des chants plaintifs

                        De ceux que j’aurai pour toi arrachés à la terre d’Afrique.

 

                        Pose ta main blanche sur mon épaule

                        Et scelle indéfiniment le pacte

                        Cher à mon cœur de nègre de maison.

 

                                  Raphaël ADJOBI

                                (Le 28 février 2015)

 

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19 février 2015

Sale temps pour les enfants d'Eburnie

           Sale temps pour les enfants d'Eburnie

 

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            Depuis que de la savane profonde

            La terreur s'est répandue sur Eburnie,

            S'exhale de nos terres un parfum de mort.

            Dans les champs, les récoltes sont tachées de sang.        

 

            Des plaines sèches, chaque jour,

            L'épouvante enfle, moutonne et vient

            Au sein de l'Ebrié déverser sa macabre moisson

            De corps d'enfants affreusement mutilés.

 

            Comme un souffle de l'harmattan,

            Les égorgeurs ont prospéré dans les bois du sud ;

            Et l'art de verser le sang a fait d'eux d'excellents maîtres.

            Les statues de leurs criminels enseignements font foi.

 

            Ce matin encore, on frappa à la porte. On ouvrit.

            Sur le seuil, un fossoyeur qui sourit.

            - Je ne suis pas encore prêt, dit l'enfant.

            - Il est déjà temps de partir, déclara l'ange moissonneur.

 

            Le garçon fit son rot en souvenir de son dernier repas ;

            L'intérêt de l'autre ne pouvait attendre.

            Les autels ont besoin de sang, on le crie.

            Il faut à la préférence ethnique cinq ans de garantie.

 

            Combien d'enfants encore faudra-t-il sacrifier ?

            Ici, un père veille son fils sans tête ni main.

            Là, une mère pleure une tête sans corps.

            Et nos sanglots interrogent le ciel et les palais muets.

 

            Parfois, du fond de nos cœurs, un espoir s'éveille ;

            Puis, de sa marche lente et pesante

            S'en va mourir dans l'Ebrié comme

            Accompagnant le voyage funèbre de nos tendres enfants.

 

            Raphaël ADJOBI

             (15 février 2015)   

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06 avril 2014

Le racisme pathologique, ou quand le racisme devient une maladie

                              Le racisme pathologique

                  ou quand le racisme devient une maladie 

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            Regardez bien les deux premières images qui illustrent ce billet. Prenez le temps de chercher à comprendre ce qui pourrait justifier le comportement des deux personnes blanches en action. Certains aiment à dire qu'il faut replacer les choses dans leur contexte. Je vous laisse alors le loisir de l'inventer. Pour ma part, rien ne peut justifier ces deux comportements. 

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            Dans les deux cas, les personnes noires attaquées ne représentent aucun danger pour chacun des deux Blancs. Les dames dans la piscine auraient-elles antérieurement offensé l'hôtelier ? Même si c'était le cas, peut-on trouver juste de réparer l'offense avec une telle violence destructrice et surtout en prenant la personne par traitrise ? Quant au policier, c'est discrètement qu'il gaze la fillette, démontrant clairement qu'il est en faute, qu'il n'est pas en train de sanctionner légalement la fillette qui l'aurait outragé. 

            Ces deux images sont indiscutablement la marque d'un racisme dont seuls sont capables les Blancs à l'égard des Noirs en ces temps modernes. Comment peut-on expliquer l'existence de ce racisme intimement ancré dans les profondeurs de certains êtres humains ? Il serait difficile de qualifier ces gestes de gratuits, épidermiques, totalement irréfléchis et donc irrationnels. 

            Je crois sincèrement que lorsque le racisme s'apparente à ce que l'on appelle un geste gratuit, un geste proche de l'enfantillage - ce qui fait que l'on dit que c'est pour s'amuser - c'est que nous sommes justement en face du racisme pathologique. Ce dernier type de racisme profondément ancré dans l'être, a des manifestations impulsives et procure de la jouissance. Il est différent du racisme fanfaron qui vise à blesser et à se faire valoir par la même occasion. Il va plus loin que le racisme culturel qui veut affirmer la supériorité de sa race. Le racisme pathologique qui a l'apparence de l'irrationnel est le résultat d'un traumatisme subi dans un contexte extrêmement raciste. C'est dire que le fait de baigner constamment dans un milieu profondément raciste fait de vous un malade du racisme. 

            Pour vous expliquer cela, je vais passer par un détour qui nous mettra tous d'accord. Les traumatismes propres aux bourreaux sont régulièrement relevés chez les soldats américains et européens qui ont séjourné dans des zones de conflits très violents où ils ont pratiqué la torture, le viol et la boucherie humaine. Ils en reviennent brisés et vivent dans la peur de reproduire les mêmes comportements avec leurs concitoyens. De même que leurs victimes - dans les pays qu'ils ont quittés - portent en eux des traumatismes profonds, ils sont  eux aussi atteints de maladies singulières.            

            N'est-il pas vrai que les Noirs d'aujourd'hui portent encore en eux  des réflexes liés à l'histoire douloureuse  de l'esclavage et de la colonisation ? N'est-il pas vrai que nos pensées sont imprégnées de ce passé douloureux qui nous a plus ou moins profondément affectés ? Les dommages psychologiques que nous ont infligés l'esclavage et la colonisation sont bien réels, au point que certains en ont encore des manifestations proches de l'irrationnel. De même, comme le fait adroitement remarquer Louis-Georges Tin dans Esclavage et réparations, les descendants des colons ont aussi gardé des séquelles de cette époque. Habitués à briser impunément des vies humaines à longueur de journée, certains ont développé en eux "narcissisme, complexe de supériorité, schizophrénie tendant parfois au double discours, trouble de la mémoire proche de l'amnésie, angoisses obsidionales* par rapport aux étrangers, paranoïa postcoloniale liée à une psychose du déclin, etc." 

            En un mot, les gestes racistes que nous pouvons observer sur les deux premières images sont ceux de personnes malades du racisme pratiqué à outrance. Et comme tous les malades, ils ont besoin d'être soignés, à défaut d'être internés. 

* Sentiment d'être assiégé. Ces personnes voient partout des étrangers qui veulent prendre leur place, qui représentent donc une menace.

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Raphaël ADJOBI

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13 novembre 2013

La vie d'Adèle (Abdellatif Kechiche)

                                          La vie d'adèle

                                     (Abdellatif Kechiche)

 

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            La vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche semble parfait, et cela grâce à la justesse du ton des différentes séquences qui le composent. La marque distinctive du cinéaste - les gros plans appuyés et l'absence d'ellipse narrative - est une fois encore mise au service d'un récit long qui vous interpelle sans cesse et vous oblige à sonder votre conscience devant la vie amoureuse d'une jeune lycéenne qui devient, avec le temps, une femme de notre société.

            Le spectateur ne peut que difficilement comprendre les critiques qui ont visé la personnalité du réalisateur après la sortie du film. Il a été souvent question de sa trop grande exigence frisant l'obsession, voire la violence à l'égard des actrices. Une exigence interprétée comme une violence faite à la femme. Mais quiconque aura vu ce film ne pourra que se poser cette question : pour obtenir une telle beauté et une telle justesse de jeu, comment le réalisateur pouvait-il ne pas être très exigeant dans la pratique de son art ?

            Si le film a recueilli presqu'unanimement le jugement favorable des critiques et s'est vu décerner la Palme d'or à Cannes, c'est justement grâce à cette exigence visible sur les écrans. Comment pouvait-il tutoyer la perfection en en faisant l'économie dans son travail de réalisateur ? N'oublions pas que beaucoup de cinéastes ont été glorifiés justement parce qu'ils se sont montrés très exigents dans leurs œuvres. Pourquoi donc chez Abellatif Kechiche cette qualité serait-elle un crime ?

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            La vie d'Adèle n'est rien d'autre qu'une histoire d'amour, comme il en existe tant d'autres ; mais une histoire d'amour qu'il nous est rarement donné de voir publiquement parce qu'elle lie deux femmes. Tout le talent d'Abdellatif Kechiche réside dans sa capacité à faire croire au spectateur qu'il s'agit d'une relation ordinaire entre deux êtres qui s'aiment d'un grand amour ; c'est-à-dire que leurs difficultés sont celles de tous les couples de notre société, voire du monde entier. Il est d'ailleurs plaisant de découvrir dans ce film des schémas classiques de la vie des couples comme l'accueil de l’être aimé(é) dans la belle-famille, le problème du partage des tâches domestiques, ou encore les propos sur la compagne que l'on aimerait voir plus épanouie dans une activité particulière alors que l'on ne songe guère à la soulager du poids du quotidien qui l'accable dans le foyer.

            Des actrices d'une profonde vérité, dans des jeux scéniques éblouissants, font de ce film un chef d’œuvre qui marquera notre époque et fera certainement de son auteur le premier peintre réaliste de l'amour entre deux personnes du même sexe. 

Raphaël ADJOBI 

N.B : S’il y a une actrice qui apprécie la rigueur d’Abdellatif Kechiche, c’est bien Sarah Forestier (L’Esquive, 2004) qui mettra en scène son premier long métrage au printemps 2014 : « Il vous accompagne vers un état de transe, de totale créativité, et vous pousse à prendre le pouvoir, y compris sur lui. » (Télérama n° 3330 du 9 au 15 novembre 2013).      

Titre du film : La vie d'Adèle, 2013 (avec Adèle Exarchopoulos et Léa Seydou) 

Réalisateur : Abdellatif Kechiche                                                                                                               

 

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15 octobre 2013

Quand les Américains profitaient de la guerre pour piller les musées irakiens

               Quand les Américains profitaient de la guerre

                             pour piller les musées irakiens

           

Pillage en IRAK 0001

Depuis des siècles, les Occidentaux ont multiplié les séjours sur les terres lointaines pour piller allègrement des objets d'art ayant le plus souvent une fonction religieuse. Depuis 2006, la France a consacré un musée aux fruits des pillages réalisés par ses citoyens. Le Musée du quai Branly n'est rien d'autre que cela. Pour éviter l'injure que l'on pourrait faire aux civilisations non occidentales, on a abandonné le nom de musée des Arts premiers pour ne l'appeler que musée des civilisations d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques ou tout simplement Musée du quai Branly. A qui profite le crime ? A la France bien entendu. 

            Un peu partout dans le monde ou les populations blanches d'origine occidentale se sont installées, elles n'ont pas manqué de piller les objets d'art des autochtones pour ensuite ériger des musées afin d'en tirer un bon prix. Instruits de cette expérience, lors de la guerre en Irak, les soldats américains se sont appliqués à piller copieusement la plupart des musées irakiens et ont emporté leur butin chez eux bien évidemment. La prétendue guerre humanitaire fut donc fructueuse en pétrole et en œuvres d'art ! Voici un petit article glané pour vous dans Beaux Arts magazine d'octobre 2013.

                          10 000 objets d'art restitués par les USA

            « D'ici un an, les Etats-Unis restitueront à l'Irak quelque 10 000 objets d'art, dérobés pour la plupart durant les conflits armés ayant suivi la chute de Saddam Hussein en 2003. Certains provenaient du Musée national irakien, qui a perdu pas moins de 14 000 pièces lors de la 3e guerre du Golfe.  

            Comment ces œuvres ont-elles pu entrer sur le territoire américain ? "Nous sommes convenus de ne pas aborder la question", dit le ministre irakien de la Culture, Bahaa al-Mayahi. Au total, les autorités ont déjà retrouvé près de 130 000 pièces portées disparues dans le pays. »

            Pas de vague ! La restitution des 10 000 pièces par les Américain se fera en catimini. Il ne faut pas couvrir l'oncle Sam, l'humanitaire, de honte.

Raphaël ADJOBI  

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09 mai 2013

Côte d'Ivoire : la dictature ouattariste vue par les artistes ivoiriens et africains

              Côte d'Ivoire : la dictature ouattariste

           vue par les artistes ivoiriens et africains

              (article dédié à Obambé, le plus Ivoirien des Congolais)

Mossi Dramane 0004

            Depuis l'avènement d'Allassane Ouattara au pouvoir en Côte d'Ivoire, à la faveur du coup d'état franco-onusien du 11 avril 2011, un phénomène - jusque-là embryonnaire - s'est développé de manière considérable dans les milieux panafricanistes : le cyberactivisme. En effet, face à la violence physique - apanage de la dictature - les résistants ont déserté les rues et les places publiques des villes africaines et ont fait d'Internet leur espace d'expression, réussissant à modifier dans l'esprit de tous les utilisateurs de cet outil moderne l'image officielle de nombreux dirigeants africains. 

            Il ne s'agit plus de simples caricatures picturales. Désormais, grâce aux nombreuses techniques que permet Internet, les photos sont détournées de leur objectif premier pour servir la cause de la résistance.Ce qui pourrait apparaître comme un simple jeu se révèle en définitive non seulement comme un art de la dérision mais aussi un message politique adressé au reste du monde. A bien les regarder, ces caricatures et ces photos-montages traduisent à la fois le cri de douleur et la colère des populations et particulièrement de la jeunesse qui aspire à un avenir autre que celui qui lui est imposé.

Drôle de victoire 0002

 

            Certes, ceux qui connaissent les Ivoiriens depuis des décennies n'ignorent pas leur talent ordinaire de tout tourner en dérision. Mais il est sûr que personne n'imaginait les voir un jour mettre cette qualité au service de la lutte politique de manière aussi incisive et efficace. Sans détour, ils font savoir clairement au monde entier qu'Alassane Ouattara est doublement étranger des réalités qu'il dirige : un Burkinabé n'ayant jamais rien partagé avec les Ivoiriens avant de leur être imposé ; et un agent de la France qui ne se soucie que des intérêts français.

FRCI à l'oeuvre 0002

 

            Les artistes et les cyberactivistes ne cachent pas non plus leurs sentiments sur les actes posés par la dictature ouattariste. A leurs yeux, faire disparaître de la scène politique un grand parti en mettant tous ses dirigeants en prison est une chose ignoble que seule la France trouve acceptable. voir les villages abandonnés aux rebelles illettrés qui y cherchent leur nourriture quotidienne par la violence et le vol est une pratique qu'ils regardent comme un jeu pitoyable sous le soleil d'Afrique. Quant aux élections, elles leur semblent des rendez-vous que les partisans de Ouattara inventent pour montrer la rondeur de leurs biceps.

Nouveau siège FPI 0004

    

            C'est en clair, l'illégitimité, l'inhumanité, la violence et l'injustice du pouvoir d'Alassane Ouattara qui sont dénoncées par les artistes et les cyberactivistes. Apparemment la réconciliation n'amuse personne. L'incapacité d'Alassane Ouattara à réussir ce défi se confond avec son manque de volonté politique. Le jour où il réussira la réunification du pays et réinstallera l'autorité de l'état dans le nord de la Côte d'Ivoire, on le prendra un peu plus au sérieux quand il prononcera le mot "réconciliation".

Tout Pissant 0004

Lire sur Mes pages politiques : l'Afrique se déshumanise-t-elle au Togo ?                  

Raphaël ADJOBI

NB : Toutes mes excuses aux auteurs images non signées publiées ici. Je ne m'attribue pas vos oeuvres ; je vous rends hommage.

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21 avril 2013

Afrique 3.0 ou quand les Africains racontent la nouvelle dynamique du continent (hors-série du Courrier international)

                                            Afrique 3.0   

                      Ou quand les Africains racontent

                   la nouvelle dynamique du continent

                      (Hors-série du Courrier international)

Afrique_3            Si vous n’avez pas encore acheté ce hors-série du Courrier international - un numéro consacré à l’Afrique et rassemblant de très intéressants articles publiés par les grands journaux africains, européens et américains – pensez à le faire afin de découvrir un autre regard sur l’Afrique ; un regard à multiple facettes qui vous remplira d’espoir et vous incitera peut-être à vous demander la couleur de la pierre qu’il vous faut ajouter à la nouvelle dynamique de ce continent. 

            La diversité des articles répond, de façon évidente, au parti pris de faire émerger à la fois la parole et le regard des Africains - issus de la diaspora ou non - sur ce qui se fait ou se vit dans les différents pays ou sur l’état de l’Afrique noire dans sa globalité. Architectes, économistes, inventeurs, mais aussi écrivains, historiens, journalistes, photographes et artistes prennent le pouls du continent et  racontent son dynamisme à travers ce qu’ils vivent eux-mêmes. 

            Vous découvrirez donc avec beaucoup d’intérêt l’extraordinaire essor du « naija », le pidgin nigérian qui, avec ses millions de locuteurs, ne cesse de gagner en vigueur et en notoriété malgré les mesures que prennent les autorités pour réprimer son usage. Vous ne resterez pas insensible à la réflexion de Pape Sadio Thiam sur l’intérêt pour les pays francophones de se mettre massivement à l’Anglais. Par ailleurs, vous serez ravis de lire les belles peintures sociales faites par des journalistes et des écrivains et les analyses qui les accompagnent. C’est avec un grand plaisir que vous lirez le bel article de la ghanéenne Afua Hirsh sur « le grand retour des enfants d’immigrés » et les propos de la journaliste ougandaise Melinda Ozongwu sur ce que l’Afrique peut apprendre au reste du monde. Il ne faut surtout pas manquer l’excellent article du kényan Binyavanga Wainaina – « Une Kalachnikov et des seins nus » – qui montre la recette faite de préjugés et de lieux communs dont s’imprègnent écrivains et journalistes occidentaux au moment d’écrire sur l’Afrique. Passionnant !

Si vous ne le connaissez pas, vous ferez connaissance avec Mo Ibrahim, l’entrepreneur visionnaire de la téléphonie mobile. Ce soudanais de 67 ans a lancé en 2007 le prix Ibrahim pour récompenser « des chefs d’Etat ayant développé leur pays, sorti leur peuple de la pauvreté et jeté les bases d’un avenir prospère » !  Un article à lire absolument. Le Congolais brazzavillois Verone Mankou qui revendique la première tablette et le premier portable conçus en Afrique, le regard de l’architecte ghanéen David Adjaye sur l’architecture des capitales africaines ainsi que celui du burkinabé Diébédo Francis kéré qui construit des écoles avec des matériaux locaux ne manqueront pas de retenir votre attention. Vous découvrirez de nombreux autres articles qu’il serait fastidieux d’évoquer ici. 

Vous sentirez, en lisant ce hors-série du Courrier international, qu’au-delà de cette « poussière d’Etats faibles » (Achille Mbembé) où « il n’y a que deux tribus : les riches et les pauvres » - aux dires de l’écrivain kényan Ngugi wa Thiong’o – palpite une Afrique pleine de vie, de dynamisme qui ne demande qu’à s’épanouir dans un cadre plus serein ; un cadre où la convoitise de ses ressources devra cesser de se traduire par la violence des armes et des coups d’état téléguidés. Vous pourriez même – en lisant l’article « Maudites ressources » de l’économiste ivoirien Koffi Allé - vous demander si, au lieu de regarder ses ressources naturelles, l’Afrique ne devrait pas changer de cap.     

Raphaël ADJOBI

Titre : courrier international, Hors-série n° M 04224

            (Mars-avril-mai 2013)

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