Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

30 mai 2010

Opération Candy blog par Caroline K.

                                    Opération Candy blog de Caroline K.

Candyblog     Caroline K. lance une opération séduction sur son blog. C'est l'occasion de découvrir cette artiste qui réalise des portraits aux couleurs douces pour le bonheur de ses amis. J'espère avoir un jour le plaisir de vous la présenter plus longuement. En attendant, vous pouvez participer à son opération et gagner de sympathiques lots. Des lots qui se veulent des témoignages d'amitié.                

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23 février 2010

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (le film)

L_oiseau_moqueur_2Du silence et des ombres

            Je viens de découvrir avec un grand plaisir le film réalisé à partir du livre de Harper Lee : Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Grégory Peck y incarne magistralement le personnage de Atticus Flinch grâce à une désinvolture presque synonyme de naïveté dans une Amérique où la conviction de la supériorité des blancs n’admet ni doute ni contestation.

            Le début du film peut faire croire à ceux qui disent que le roman de Lee est un roman pour enfant qu’ils ont raison ; tant leur présence crève l’écran. Mais c’est aussi dans cette première partie que le sens pédagogique de l’œuvre se révèle dans toute son évidence. La présence et le rôle de la servante noire qui semble conduire les enfants de Atticus avec rigueur et bienveillance nous rappelle constamment la dimension humaine de l’œuvre et du personnage de Atticus Flinch. C’est parce qu’ils baignent dans un cadre sain, exempt de tout préjugé que leurs interrogations et leurs actes face au déroulements des événements sont chargés d’humanité.   

Raphaël ADJOBI

Titre : Du silence et des ombres

MEP Vidéo. / Mes éditions préférées /1962

Durée : 123 mn / Lauréat de trois Oscars.

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15 décembre 2008

Les Noirs dans la publicité française

          Les Noirs dans la  publicité française

 

            Depuis 2008, on constate une très légère diversité ethnique dans l‘espace publicitaire français. Diversité très légère mais qui se remarque du simple fait que l’image du consommateur noir n’a jamais été considérée comme valorisante pour les enseignes commerciales. Il fut même un temps où les Asiatiques étaient plus nombreux dans les publicités télévisées, comme s’ils étaient plus représentatifs de la diversité française que les Noirs.

            Aujourd’hui, à la télévision française, même les publicités vantant les jeux présentent des Noirs qui ne sont pas des figurants mais des membres de famille. Nintendo montrent un couple mixte – femme blanche, homme noir - qui joue. Un organisme d’apprentissage de l’anglais montre un Noir avec sa femme blanche et leur enfant métis. Depuis Mai 2008, l’athlète noir Ladji Doucouré incarne à l’écran l’image de l’anti-transpirant de Menen. Malgré tout, trouver l’image de Noirs sur les emballages des produits de grande consommation est chose encore exceptionnelle au point de susciter la curiosité quand on en voit une.

            Il est très loin l’époque de la victoire de la France à la coupe du monde 1998 ; époque où de nombreux footballeurs noirs trônaient sur les grands panneaux publicitaires et crevaient les écrans des télévisions françaises. L’espoir a été de courte durée.

            Devant cette frilosité à utiliser l’image du Noir, il n’est donc pas étonnant qu’en 2008 il n’y ait encore aucun film français ou européen – produit par des blancs – ayant une tête d’affiche issue des milieux noirs. Dans un petit billet publié dans le Nouvel observateur du 19 juin 2008 (p.38), la réalisatrice blanche Eliane de Latour, pénalisée de choisir des Noirs pour des premiers rôles, interroge ceux qui dirigent les industries du cinéma européen sur le bien fondé de leur comportement. Elle ne se satisfait pas de l’argument selon lequel un film avec un acteur principal noir ne marchera pas parce que « le public ne s’identifie pas aux Noirs. » Ainsi donc « le public s’identifie à E.T, à un ours, mais pas à un acteur noir ? » interroge-t-elle. Mais alors, pourquoi Denzel Washington et bien d’autres attirent des foules en France ?

            Il faut croire que, comme autrefois on tenait les indigènes éloignés, l’on veut tout simplement tenir les Noirs loin de cette industrie afin qu’ils ne fassent pas concurrence aux acteurs blancs.

            Je termine mon article par une interrogation. Je vous présente ici une publicité du 19è siècle vantant les mérites d’un savon qui « lave plus blanc que blanc » - puisqu’il est capable de blanchir un Nègre. Regardez-là bien avant de lire la suite de mon message. Prêtez attention à la femme à gauche, l’enfant prenant son bain, l’homme au premier plan dont la main sort de l’eau de la bassine, enfin l’expression de l’homme à l’arrière plan levant les bras au ciel.

Carte_publicitaire_N_gre            La découverte de cette publicité m’emmène à me demander si la décoloration de la peau chez les Noirs est une pratique plus ancienne que la rencontre avec les Européens aux siècles de l’esclavage et l’élaboration des théories racistes à leur égard. Avec les théories du XIX è siècle selon lesquelles le Noir serait une dégénérescence du blanc (1), n’aurait-on pas fait croire aux Noirs qu’il leur était possible de quitter leur enveloppe noire pour se rapprocher de la race blanche dite pure ? On peut aisément croire que des populations africaines entières ont dû être très sensibles à cette publicité dont l’impact perdure encore aujourd’hui.

 

Raphaël ADJOBI          

(1) La couleur noire est due à un pigment brun, appelé la mélanine, qui colore la peau.

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16 octobre 2008

Aya de Yopougon (Marguerite Abouet)

Aya_de_Yopougon                                     Aya de Yopougon

 

                                                   (bande dessinée)

 

 

            Enfin une bande dessinée africaine qui tient la route.  Marguerite Abouet raconte ici les histoires ordinaires des filles d’Abidjan. Mais elle a choisi de situer les aventures de son héroïne dans le quartier populaire de Yopougon ; Yop City, pour les intimes !

            Avec son coéquipier Clément Oubrerie qui signe les dessins, Marguerite Abouet révèle dans ce premier tome non seulement un talent de grande observatrice des faits de la société ivoirienne mais aussi une excellente narratrice qui manie agréablement l’humour. Aya de Yopougon est un récit plein de fraîcheur africaine aussi bien au niveau du texte que des situations mises en scène.

            Le format choisi par l’éditeur confère à cette bande dessinée un aspect presque luxueux. C’est peut-être le prix qui pourrait être dissuasif sur le marché africain. Pour ma part, je me réjouis de voir sur le marché des livres écrits par les africains. Plus il y en aura, moins le public africain sera tenté de lire des histoires européennes qui n’ont rien à voir avec son mode de vie.

Aya_de_Yop_auteur

Raphaël ADJOBI

 

Titre   : Aya de Yopougon

Auteur : Marguerite ABOUET

Dessinateur : Clément OUBRERIE

Editeur : Gallimard (Collection : Bayou)

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04 avril 2008

La Graine et le mulet (Abdellatif Kechich)

                                La Graine et le mulet

                           (un film d’Abdellatif Kechich)

 

 

            Quand, au début du mois de décembre 2007, j’ai découvert la photo (ci-jointe) d’une scène de ce film dans le nouvel Observateur, je n’ai même pas pris la peine de lire l’article qui l’accompagnait. Certes, je ne suis absolument pas cinéphile ; mais j’avoue avoir eu un sentiment de rejet pour une histoire que j’imaginais forcément trop « typée ». « Une histoire de beurre ! » me suis-je certainement dis inconsciemment. Ô préjugé, quand tu nous tiens !

            La_Graine_et_le_mulet

            Abdellatif Kechich, j’en ai vaguement entendu parler sur les ondes des radios et télés. « L’Esquive » ? J’en ai entendu parler aussi. Un peu plus d’ailleurs. Mais jamais je n’aurais été capable de rapprocher le nom de l’homme et le film.

 

            Après l’Esquive (que je n’ai pas vu) sorti en 2003 et qui a obtenu quatre Césars, Abdellatif Kechich vient de sortir depuis le 12 décembre 2007 « La Graine et le mulet. » Un film magnifique couronné à Venise par le prix spécial du jury avec en prime une standing ovation que j’estime tout à fait méritée.

 

            « La Graine et le mulet » est une peinture sociale qui rend hommage à la génération de ces Français immigrés dont le besoin et le désir de réussir sont confrontés à la dure réalité de la société française : chômage, misère, administration tatillonne…

 

            Le film commence comme un reportage sur les mœurs d’une famille française d’origine maghrébine. C’est ensuite la quête du père (Habib Boufares) qui voulait ouvrir un restaurant qui va lui conférer son caractère émouvant qui lui a valu dix minutes d’applaudissements à Venise et le prix de la meilleure actrice à Hafsia Herzi, splendide dans son rôle.

 

            Outre le suspense captivant des derniers instants du film, deux scènes longues mais magnifiques en font un merveilleux bijou. A voir absolument ! Vous aurez alors l’explication du titre que je refuse de vous dévoiler. Que d’autres s’en chargent.

 

            Abdellatif Kechiche donne la preuve par ce film qu’il est absolument un grand cinéaste. Bravo monsieur !     

 

 

Raphaël ADJOBI

 

Posté par St_Ralph à 17:13 - Arts, culture et société - Commentaires [0] - Permalien [#]