Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

06 avril 2017

L'Africain du Groenland (Tété-Michel Kpomassie)

                                L’Africain du Groenland

                                    (Tété-Michel Kpomassie)

L'Africain du grand nord 0005

            La lecture de ce livre élargit grandement notre horizon à la fois physique et humain ; il nous permet de mieux connaître notre propre dimension dans ce monde. Oui, en ce XXIe siècle, il est encore possible d’éprouver ce sentiment grâce à la qualité de ce récit de voyage que nous propose Tété-Michel Pkomassie. Un récit dont l'esprit se situe très loin de celui qui a permis aux Européens voyageurs des siècles passés de conclure à la supériorité de leur civilisation sur les peuples lointains.

            Rarement une aventure humaine s’est avérée immédiatement formatrice de la conscience particulière et universelle. Tété-Michel nous confirme très rapidement, par exemple, que sur toutes les îles du monde – ou les terres les plus isolées – les grandes puissances occidentales versent des allocations aux autochtones valides pour qu’ils acceptent que leurs territoires soient à elles. Dénaturer les autochtones en les rendant inutiles à eux-mêmes dans leur cadre naturel est l’un des premiers enseignements que nous retenons de ce livre. « Jusque dans l’Arctique, tu n’es qu’un vain mot, ô égalité ! » s’écrie-t-il.

            Outre ce constat, ce livre a deux intérêts essentiels qui méritent que chacun le lise avec une grande attention. C’est avant tout le premier travail ethnographique accompli par un Africain hors de son continent, et surtout dans une zone du monde où sûrement aucun autre Noir n’a rêvé de vivre. Ajoutons à cela que le regard de l'Africain s’attache ici à des choses que l'Européen aurait sûrement négligées.

            En effet, ce livre n’est pas le récit d’une expérience humaine dans une contrée que tout le monde imagine hostile ; en d’autres termes, ce n’est pas le récit d’un exploit mais celui de la découverte de la vie humaine adaptée à un univers particulier où tout est glace et icebergs ! Tété-Michel Kpomassie nous plonge dans la vie quotidienne et les traditions des Inuit du Groenland et établit des relations – non pas des comparaisons – avec les coutumes africaines de son Togo natal. Avec ce livre, le dépaysement commence à la porte de chacune des maisons des Inuit !

            L’autre intérêt du livre réside dans le chemin parcouru par le narrateur depuis que, à seize ans, il a pris la décision de gagner le Groenland et a commencé à mettre en œuvre les moyens de réaliser ce projet. Contrairement à toute attente, ce n’est pas la grande volonté du jeune homme et les efforts qu’il déploie qui séduisent mais les rencontres humaines faites hors d’Afrique, précisément en France ! Le lecteur africain en particulier découvrira une qualité humaine qui fait grandement défaut au continent noir en ces temps modernes : l’altruisme s’exprimant sous la forme de la philanthropie.

            On est tenté de souhaiter « bon voyage et bonne découverte ! » à tous ceux qui, un jour, tiendront ce livre entre les mains. Avec L’Africain du Groenland, le monde des Esquimaux ne rime pas avec des traîneaux tirés par des chiens beaux et courageux, image de la littérature classique européenne. C’est une vie palpitante, drôle, surprenante et parfois amusante qui nous est racontée ici. On retient aussi que pour accomplir une grande œuvre, il faut presque toujours une belle rencontre !

Raphaël ADJOBI

Titre : L’Africain du Groenland, 434 pages (Préface de Jean Malaurie)

Auteur : Tété-Michel Kpomassie

Editeur : Arthaud (poche), mars 2015/ 1ère édition : Flammarion, 1981.

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25 février 2017

Sophie Astier-Vezon ou le plagiat puis la falsification de "La fabuleuse aventure de la chasse au nègre de Félix Martin"

    Sophie Astier-Vezon ou le plagiat puis la falsification

 de "La fabuleuse aventure de la chasse au nègre de Félix Martin"                                 

Cayyyy

            Au début du mois de février 2017, mon attention a été attirée par un article sur "La chasse au nègre" du sculpteur Félix Martin publié par le site d'une Classe Préparatoire aux Grandes Ecoles, le CPGE Sciences de Clermont-Ferrand. A ma grande surprise, j'ai découvert que, mis à part le premier paragraphe, c'était une très large partie de mon article publié en juin 2016 qui a été reprise sans aucune mention de mon nom ni de mon blog.

            Parce que l'article n'était pas signé, j'ai adressé une lettre à Madame la Proviseure du lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand lui demandant d'intervenir afin que "la longue partie extraite de mon travail porte de manière claire et nette mon nom ainsi que la source d'où elle est tirée". Pour toute réaction réparatrice, Madame Sophie Astier-Vezon, auteur du site, fait apparaître indistinctement et en très petits caractères au bas du texte le lien du musée La piscine de Roubaix et celui de mon blog précédés de la mention "sources partielles".

            J'ai alors adressé une lettre à ma collègue lui faisant remarquer que sa correction ne permettait à personne de savoir ce qui me revenait. Sa réaction a été des plus surprenantes : elle découpe par des couleurs le texte en quatre parties et me signale par un mot moqueur que celle en beige est ce qui a été repris à mon article. Voici ses propos suivis de ce qu'elle appelle un "travail plus précis et plus scrupuleux ".       

Message du 15/02/17 15:21
> De : "Sophie Astier-Vezon" <sophieastiervezon@gmail.com>
> A : "Raphael ADJOBI" <raphael.adjobi@orange.fr>
> Copie à :
> Objet : Re: Réclamation

            Chaque source possède desormais sa couleur : celle du musée de Roubaix est rouge, celle sur les chiens est verte, la vôtre est beige : il n'y a pas de travail plus précis et plus scrupuleux, au contraire ...! Je ne vois ps ce que l'on pourrait me reprocher. A moins que ce soit la couleur ? La police ? La taille de la police ? Le decor, la taille de la photo qui ne vous convient pas ? L'âge du capitaine ?
Cessez vos injonctions ridicules.
Il faudra vous y faire.
SAV

Repérez simplement les couleurs et les références aux quatre sources mentionnées. Vous lirez mon analyse après.

 

° Voir le texte sur son blog destiné aux élèves du lycée Blaise Pascal de Clermont-Ferrand

            Avez-vous bien repéré les quatre sources mentionnées ? A première vue, grâce aux quatre couleurs - et non trois - Madame Sophie Astier-Vezon laisse croire au lecteur que ce texte qu'elle nous présente ici a quatre sources différentes auxquelles l'ont conduite ses recherches personnelles pour aboutir à cet agencement savant. La réalité est tout autre. L'ensemble du texte n'a que deux sources et ne devrait normalement comporter que deux couleurs : la partie en rouge vient du site du musée de Roubaix et tout le reste de mon blog !!

            Oui, tout le reste du texte vient de mon blog ! Les citations qui sont à l'intérieur de la partie qu'elle m'attribue ne sont nullement le fruit de son travail qui lui aurait permis de les placer là ! Ces citations font partie de mon article "La fabuleuse aventure de la chasse au nègre de Félix Martin" publié en juin 2016 (voir ci-dessous les deux citations en rouge et en bleu) ! Tout le monde peut y jeter un coup d'œil dès maintenant pour apprécier l'usurpation du travail de l'autre que fait Madame Sophie Astier-Vezon.

Convenons donc tous que, par cette composition du texte en quatre couleurs, Madame sophie Astier-Vezon nie avoir trouvé et lu les deux citations dans mon texte sur mon blog ! Et c'est cette négation de la réalité qui la condamne.

            Pour confondre davantage Madame Sophie Astier-vezon, faisons-lui remarquer que chacune des citations qu'elle prétend avoir insérée dans la partie qu'elle m'attribue commence par une phrase introductive construite par moi. Regardez le texte qu'elle propose pour vérifier que je dis vrai. Posons-lui donc cette question : Si les citations viennent de son travail personnel, où sont passées celles annoncées par mes phrases introductives que l'on retrouve sur son site ? Ces éléments devront être versés au débat si toutefois elle persiste à nier son forfait.       

            Avez-vous noté à la fin du texte la petite observation à l'adresse de ceux qui, comme moi, n'auraient pas remarqué le travail laborieux qu'elle a fourni pour arriver à ce résultat qu'elle propose à ses élèves ? J'ai honte pour le lycée Blaise Pascal de Clermond-Ferrand, pour sa proviseur qui m'a assuré par une lettre avoir fait le nécessaire pour amener son enseignante à la raison. J'ai honte pour les élèves de cet établissement d'avoir pour professeur une personne manquant de probité intellectuelle et moralement peu scrupuleuse dans sa conduite. Par ailleurs, il convient de dire à Madame Sophie Astier-Vezon que dans un "travail plus précis et plus scrupuleux", quand on compose un nouveau texte en reprenant les différentes parties d'un premier, on signale toujours les parties omises par des crochets avec des points de suspension - [...] - ou tout au moins par trois points de suspension. Ce n'est pas ce qu'elle a fait (voir la longueur entre la partie reprise et l'original ci-dessous).

            Pourquoi je rends public ce forfait : il est impensable qu'une professeure de lettres mise devant la gravité de son acte persiste à mutiler l'œuvre de l'offensé tout en se disant irréprochable.   

Raphaël ADJOBI

 

 ° Lire l'article sur mon blog

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23 juin 2016

La fabuleuse aventure de "La chasse au nègre" de Félix Martin

          La fabuleuse aventure de « La chasse au nègre »

                                  du sculpteur Félix Martin

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Après l'abolition de l'esclavage en 1848, détruire, effacer ou cacher les images et les textes témoignant des agissements inhumains des Blancs à l'égard des Noirs n'a pas été seulement l'œuvre de quelques familles de colons et de négriers soucieux de se faire une nouvelle virginité. Ce fut aussi pour les autorités de la France une entreprise de grande importance qu'elles se sont appliquées à perpétuer sans vergogne. Cette attitude, parfaite traduction du manque de courage de l'Etat à assumer notre passé - quelque douloureux soit-il - a conduit évidemment à l'enseignement partial de notre histoire dans nos établissements scolaires.

Il est tout à fait aisé de prouver aujourd'hui que tout ce qui rappelle les luttes des esclaves et les figures illustres de ces luttes a été délibérément confiné dans les coins les plus obscurs des archives et les rebuts des musées pour être caché au public.Cette arrogance de l'Etat français à cacher ou à manipuler notre passé à sa guise apparaît de manière éloquente dans l'histoire de la belle sculpture de Félix Martin appelée "La chasse au nègre".

 C'est en 1873 que cette œuvre très expressive témoignant de la brutalité de l'esclavage dans les Amériques et les îles des Caraïbes a été réalisée. Elle rappelle les gros chiens de chasse importés d'Europe et des Etats-Unis puis dressés par les colons pour dénicher dans les bois et les ravins les esclaves fugitifs. Voici le témoignage d'un officier anglais sur l'éducation de ces molosses : « Quand ils commençaient à grandir, on leur montrait de temps en temps au-dessus de la cage la figure d'un nègre tressée en bambou.Le mannequin était bourré à l'intérieur de sang et d'entrailles. Les chiens s'irritaient contre les barrières qui les maintenaient en captivité.... Enfin, on leur jetait le mannequin. Et tandis qu'ils le dévoraient avec une voracité extrême cherchant à tirer les intestins, leurs maîtres les encourageaient avec des caresses... Quand on jugeait cette éducation complète, on les envoyait à la chasse... Ces limiers retournaient ensuite au chenil les mâchoires hideusement barbouillées de sang ». Un corps de métier est d'ailleurs né de cette pratique : les chasseurs d'esclaves ou rancheadores en espagnol.

Au moment de sa présentation au Salon annuel organisé par le Ministère de l'Instruction publique, des cultes et des Beaux-arts - au Palais des Champs-Elysées à Paris en 1873 - la sculpture de Félix Martin - un artiste sourd de naissance - rencontre un succès indéniable ; même si les critiques évitent de relayer le message historique de l'œuvre. Sans doute pour cette raison, elle est aussitôt achetée par l'Etat à la fin du salon et, un an après, entre au musée d'Evreux qui venait d'ouvrir ses portes et manifestait son désir de varier quelque peu sa collection.

Cayyyy

Malheureusement, au début du XXe siècle, précisément en 1931, la France célèbre avec faste le rayonnement de son empire mondial en organisant une grande exposition coloniale à Paris. Et au nom de ce qu'elle appelait sa mission civilisatrice à travers le monde, il fallait effacer les traces de tout ce qui pourrait faire polémique. Le préfet de l'Eure est alors sommé de choisir entre retirer l'œuvre du musée ou changer son titre. Une lettre écrite le 8 février 1932 par l'Institut colonial au Ministère de l'instruction publique et des Beaux-arts en témoigne : « Quelque puisse être le mérite artistique de l'œuvre en question, et peut-être même pour cette raison, il nous paraît que le sujet qui l'a inspirée présente quelque chose de douloureux pour notre conscience nationale et de profondément blessant pour notre doctrine coloniale ». Vous remarquerez que les crimes commis dans les colonies au nom de l'Etat français ne sont nullement douloureux ni blessants pour nos autorités alors que leur représentation leur est insupportable. Et aujourd'hui encore, c'est au nom de cette doctrine coloniale que l'on minimise ou falsifie les pages sombres de notre Histoire quand on n'en clame pas les bienfaits.« La chasse au nègre » devient alors « Un Noir attaqué par un molosse ». C'est dire que l'œuvre est alors réduite à une scène anecdotique et n'a plus d'intérêt que par sa pureté plastique. C'est ainsi que s'accomplit la volonté de l'Etat d'effacer de notre mémoire commune cette réalité de l'histoire de l'esclavage.

Mais pour que le résultat de cette volonté soit parfait, les autorités vont aller plus loin dans la déchéance de cette sculpture. Celle-ci est bientôt retirée du musée et installée à l'hôtel de ville d'Evreux à l'entrée de la cantine des employés de la mairie où elle est superbement ignorée de tous. Elle atteint alors le stade suprême de la banalité comme le voulaient l'Institut colonial et le Ministère de l'Instruction et des Beaux-arts.

C'est seulement soixante-neuf ans plus tard, en 2001, lors de l'inauguration du nouveau musée réalisé dans l'ancienne piscine de la ville de Roubaix que la sculpture de Félix Martin va pour ainsi dire renaître de ses cendres et retrouver son intérêt historique. C'est là que « La chasse au nègre », en quittant Evreux, va retrouver son titre d'origine et sa dimension militante en devenant un véritable manifeste contre la violence raciale et faire l'objet d'un documentaire de la télévision nationale en mars 2016*.

             Le plagiat de cet article par Sophie Astier-Vezon, enseignante au lycée Blaise Pascale de Clermont-Ferrand                  

Raphaël ADJOBI

* Documentaire "Enquête d'art" de France 5 ; mars 2016.

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25 juillet 2014

Nantes assume admirablement son passé de port négrier

      Nantes assume admirablement son passé de port négrier  

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           La ville de Nantes est ma plus belle découverte de cet été 2014. C’est la ville aux nombreux espaces publics, pas forcément très arborés. Cela est sans doute dû au fait que « l’Edre, déviée de son cours, est en partie enterrée et deux bras de Loire sont comblés… ». En tout cas, cela donne des espaces agréables qui invitent à la promenade.

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           Ici, on a pensé à faciliter la vie à la population et aux visiteurs en aménageant de nombreuses aires de stationnement en plein centre-ville et dans ses environs. Le soir, Nantes offre un grand air d’Amsterdam avec une foule de restaurants aux spécialités variées rappelant les pays lointains, surtout exotiques ; et alors on se souvient de son passé de port international… négrier. On imagine aisément les milliers de marins venus de tous les horizons européens s’encanailler dans ces lieux qui devaient être des tavernes de mariniers. En tout cas, l’ambiance paisible de ces petites rues du centre encombrées de terrasses peuplées de têtes joyeuses fait de Nantes une ville cosmopolite et très conviviale.

                Les curiosités ou atouts touristiques de la ville

Le Château des ducs de Bretagne abrite le musée d’histoire de Nantes. Or, l’histoire de Nantes – mis  à part l’épisode de la noyade des vendéens par Jean-Baptiste Carrier envoyé par la Convention en 1793 pour stopper leur soulèvement – c’est essentiellement le négoce et « l’or noir ». C’est pourquoi, les éléments les plus nombreux et les plus attractifs de ce musée sont ceux qui évoquent le passé colonial de ce port négrier qui compta jusqu'à 700 Africains au sein de sa population en 1777, selon un recensement réalisé en Bretagne cette année-là.

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            N’oublions pas que plus de 27 233 expéditions négrières ont été recensées au départ des ports européens entre le XVe et le la fin du XIXe siècle. Si en Angleterre, Liverpool, Londres et Bristol, s’illustrèrent dans ce juteux commerce, Nantes fut en effet le premier port négrier de France devant La Rochelle, Bordeaux, le Havre et Saint-Malo. De toute évidence, la ville semble avoir fait le choix d’assumer ce passé esclavagiste plutôt que d’en faire un objet de honte qu’il faut cacher sous le voile du mensonge. Et elle a raison ! Elle a raison d’ouvrir les pages de son histoire aux Français, toutes les pages de son histoire. C’est notre passé à tous et nous devons être capables de le regarder en face pour qu’il nous serve de leçon dans la construction de notre cohésion sociale, nationale. Personne n'a le droit de nous imposer les pages de notre passé à exclure de notre mémoire, de notre Histoire.

            Ne manquez pas l'occasion de faire une halte à la librairie du musée : elle propose un très riche choix de livres (y compris des livres de jeunesse) qu'il est difficile de trouver ailleurs.

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Le mémorial de l’abolition de l’esclavage : Pour montrer à la France entière qu’elle assume son passé de port négrier, Nantes ne s’est pas contentée d’enfermer les témoignages de ce pan de son histoire qui a fait sa fortune et sa réputation dans un musée, loin du regard des passants. Elle a pris la décision de rendre hommage à toutes les victimes africaines de la traite atlantique en leur érigeant un magnifique mémorial sur sa plus grande et plus belle avenue. Un geste sans doute unique en France qu’il convient de saluer ! Ce monument se présente comme une longue et sobre esplanade sur laquelle le public peut déambuler et s’instruire à la fois pour découvrir les noms des différents bateaux nantais ayant participé aux expéditions négrières. On peut y lire aussi les noms des nombreux sites de traite des côtes africaines. Les historiens en ont dénombré plus de quatre cents. Une exposition sur Haïti s'y tient cet été.

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Sous l’esplanade, on peut continuer son instruction en découvrant d'immenses textes relatifs à l’esclavage outre atlantique mais également à l’esclavage en général. On peut y lire l’ordre de l’abolition de l’esclavage dans les différents pays du monde. On constate que les pays à confession musulmane – les premiers à avoir pratiqué la traite négrière – ont été les bons derniers à s’exécuter : le Koweït (1949), le Qatar (1952), l’Arabie Saoudite et le Yemen (1962) Oman (1970), Mauritanie (1981), Pakistan (1992). Les premières abolitions ont eu lieu aux Etats-Unis : Le Vermont (1777), la Pennsylvanie (1780), New Hampshire (1783)… Rappelons que l’esclavage a été aboli en France une première fois en 1794 ; rétabli par Napoléon en 1802, elle sera aboli une deuxième fois en 1848.

Le parc d'attraction : L'éléphant articulé est la grande attraction de cet espace immense avec des coins et recoins pour se reposer, lire, ou admirer les bateaux loin du bruit des manèges. Ce lieu de divertissement et de détente est situé à environ 200 mètres du mémorial de l'abolition de l'esclavage.    

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Conclusion : Pendant de nombreuses années, les différents ports négriers français ne voulaient pas entendre parler de commémoration ou de monument commémoratif évoquant l’esclavage. Aujourd’hui encore des hommes politiques français refusent de regarder en face ce passé de notre pays et se perdent dans des discours incohérents qui témoignent de leur imbécilité devant les crimes contre l’humanité. Maintenant que Nantes a donné une belle leçon d’humilité à toutes les cités de France et par la même occasion à tous les hommes politiques, nous espérons que la commémoration de l'esclavage ne sera plus regardée comme une arme aux mains des Noirs français mais un devoir national. En tout cas, à Nantes, la commémoration de l'abolition de l'esclavage est devenue une attraction touristique.                      

Raphaël ADJOBI

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29 juin 2014

La tragique histoire de la nourrice noire du dernier empereur du Brésil

                     La tragique histoire de la nourrice noire

                               du dernier empereur du Brésil  

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            Partout, dans le monde, la tentation de la négation de l'Histoire est forte dès que le Noir y joue un rôle. Depuis cinq siècles, celui-ci ne laisse plus l'homme blanc indifférent depuis qu'il s'est appuyé sur la notion de couleur pour justifier sa supériorité et sa domination. La polémique autour du portrait  de l'empereur Don Pedro II (1825-1891) - qui régna pendant cinquante-huit ans sur le Brésil - peint par Debret, en est une illustration supplémentaire. 

            L'Histoire nous apprend qu'au Brésil, le recours aux nourrices africaines fut d'une ampleur jamais égalée. Selon Luiz Felipe de Alencastro, jusqu'en 1845, « il ne se trouvait pas dans l'Empire cinq mères de classe aisée, dix mères de classe moyenne, vingt mères de la classe populaire qui allaitaient leurs enfants : des femmes esclaves ou libres étaient louées à cette fin ». Et c'est justement cette histoire dont désormais le Brésil ne veut plus en entendre parler. C'est l'anthropologue d'origine argentine, Rita Laura Segato (L'oedipe noir), qui a fait le constat de ce processus de « décollement » des bras blancs brésiliens du sein de la mère noire qui lui a servi de nourrice durant cinq siècles.   

            En 1988, visitant le palais royal de Petropolis - ville située à environ soixante-huit kilomètres de Rio de Janeiro - Rita Laura Segato fit « une véritable rencontre visuelle » avec un tableau, sans légende ; ses recherches ultérieures confirmeront qu'il représente l'empereur « Don Pedro II, âgé d'un an et demi, dans le giron de sa gouvernante », une peinture à l'huile du Français Jean-Baptiste Debret. Après la chute de Napoléon 1er, ce peintre bonapartiste avait rejoint le roi du Portugal, Jean VI, en exil au Brésil. L'anthropologue tient cette information du livre de l'historien Pedro Calmon publié une première fois en 1955 et réédité en 1963. 

Pedro II du Brésil 0007

            Mais, quelque temps plus tard, Rita Maura Segato découvre un livre publié en 1998 - c'est-à dire trente-cinq ans après la dernière édition de celui de Pedro Calmon - qui nuance l'information identifiant le tableau de Debret. La légende de la même peinture illustrant ce dernier livre introduit un doute en mentionnant que les personnages peints pourraient être Don Pedro II et sa "nounou". Remarquez le conditionnel et le glissement du terme gouvernante vers celui de "nounou". 

            Chose extraordinaire, le musée impérial de Petropolis va reprendre et exposer cet article du livre publié en 1998 tout en accentuant l'incertitude quant à l'identification du tableau. Comme légende de la peinture, on pouvait désormais lire : « Anonyme. Domestique portant un enfant dans ses bras. Huile sur toile, sans signature ». Voilà comment on a rendu encore plus floue l'identification officielle de cette peinture et de l'enfance de l'empereur Don Pedro II suspendu au sein de sa nourrice d'origine africaine.

            Et ce n'est pas tout ! Pour que le public soit davantage perdu, pour qu'il soit coupé des racines africaines de l'empereur du Brésil, le catalogue du musée impérial présente l'œuvre en ces termes : « Domestique portant un enfant dans les bras. Huile sur toile, sans date ni signature », mais avec cette mention supplémentaire révélatrice d'une réelle volonté de travestir l'histoire : « Il s'agit du portrait de Luis Pereira de Carvalho Nhozinho, dans les bras de sa domestique, Catarina ». Le crime est parfait ! L'enfant et la nourrice portent désormais chacun un nom les éloignant davantage de l'empereur et de ses attaches africaines par celle qui lui a donné le sein. 

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            Mais la supercherie est trop forte et n'échappe pas à l'anthropologue Rita Laura Segato qui, comme Ernst Kantorowicz (Les deux corps du roi, 1957), voit dans ce tableau une scène publique et une scène privée intimement liées. Elle l'affirme de manière franche et solennelle : « Ce tableau est pour moi simultanément celui du bébé, l'allégorie du Brésil attaché à une mère patrie jamais reconnue mais non moins véridique : l'Afrique ». D'autre part, une chose est certaine, ajoute-t-elle : « tous les portraits non religieux du Palacio de Petropolis représentent Don Pedro ou ses parents proches ». Pour quelle raison en effet ce tableau serait-il une exception ? Par ailleurs, conclut-elle, « le très large front du bébé rappelle le visage, connu à travers de nombreux tableaux, de l'empereur adulte ». 

            Retenons pour finir que de riches Brésiliens ont payé des artistes pour effacer la présence des nourrices noires sur les peintures familiales. Et à l'heure de la photo, alors que les premières montrent encore des petits Blancs attachés au sein et aux bras des nourrices noires, sur les dernières, on ne voit que des  mains noires tenant l'enfant, ou mieux, la silhouette de la femme noire dissimulée sous un voile mais continuant à envelopper le bébé blanc de sa tendresse africaine.

Raphaël ADJOBI

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18 août 2012

Un été en Espagne ou les beautés du nord de la Catalogne

                                          Un été en Espagne

                        ou les beautés du nord de la Catalogne

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Les vacances ne sont pas toujours faites pour se reposer. Je dirais même rarement. Mais la fatigue qu'elles engendrent doit être prise pour de la "bonne fatigue" ; c'est-à-dire une fatigue forcément associée aux plaisirs. Je voudrais ici partager avec vous les plaisirs de mes récentes vacances et les observations que j'ai faites durant les différentes visites. Mon reportage s'organise en deux parties, parce que mes escales ont autant retenu mon attention que ma destination finale. 

          A - Sur la route de l'Espagne, les petits coins de France

            Puy-en-Vellay : Partis de Dijon le 13 juillet au matin, nous avions prévu une escale de deux nuits à Marvejols. Comme notre arrivée était arrêtée pour 19 h et que nous avions du temps à perdre, nous nous sommes arrêtés à Puy-en-Vellay. Une belle cité aux constructions en pierres d'un gris-clair magnifique ! L'église, construite au sommet d'une montagne aux pentes extrêmement raides mérite le détour. Quant au centre-ville, il retient l'attention par les couleurs différentes qui délimitent chacune des maisons des immeubles anciens. Une ville belle et très agréable mais où les automobilistes ne sont guère sympathiques. 

            Marvejols, Les Gorges du Tarn et Sainte-Enimie : Après la première nuit à Marvejols, le lendemain après-midi, nos amis nous ont emmenés visiter Les Gorges du Tarn. Combien de fois j'ai entendu vanter la beauté de ces lieux ? Eh bien, cette renommée n'est absolument pas usurpée ! Des vallées profondes et vertigineuses devant lesquelles l'être humain se sent petit, presqu'insignifiant ! Il faut presque regarder son voisin pour avoir conscience d'exister. On ne peut s'empêcher de penser à ceux qui vivaient ça et là, dans ces vallées, loin de tout, sans les moyens modernes de communication. Il fallait assurément plusieurs jours de marche pour aller d'un village à l'autre. L'autarcie était, de toute évidence, le mode de vie qui s'imposait à tous. Oui, assurément, l'homme est capable de s'adapter à toutes les formes de la nature ! 

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            Nous descendons ensuite dans la vallée pour découvrir Sainte-Enimie. De tous côtés, la montagne semblait un rempart à un jet de pierre et le ciel un simple morceau de drap bleu tendu au-dessus de nous. Le cadre est tout simplement impressionnant ! Sainte-Enimie est aussi le nom de la belle église -  très dépouillée - du village, le nom d'une princesse mérovingienne, soeur du Roi Dagobert (vous savez, celui qui a mis sa culotte à l'envers !) miraculeusement guérie de la lèpre en ce lieu à la fontaine de Burle. Reconnaissante à Dieu, elle avait fondé là un monastère. Les touristes se bousculent dans la partie basse du village où coule une rivière qui fait la joie des kayakistes.

            Collioure fait son cinéma : Le 15 juillet à 11 h, nous reprenons notre route à destination de l'Espagne. Nous nous arrêtons environ une heure à Collioure. Je ne sais plus quelle chanson a popularisé le nom de ce village tant aimé des artistes peintres. Mais quelle déception ! La minuscule plage surpeuplée donne l'impression d'être aux abords d'une foire. Quant au village, il semble que tout à été fait pour séduire l'oeil et non point le coeur. Une propreté de décor de cinéma qui vous fait croire que vous êtes sur le tournage d'un film. Ici, tout est dans l'artifice. Collioure ne mérite pas qu'on s'y attarde !

                         B - Les beautés du Nord de la Catalogne 

            La Catalogne et sa Costa Brava : Le 15 juillet à 17 h, nous arrivons enfin à destination à El Port de la Selva, voisine de Llança, située à une vingtaine de kilomètres de Figueras. C'est là que durant notre séjour fait de baignades et de visites des environs, matin, midi et soir, nous avons pris nos repas sur une grande terrasse avec vue sur la mer ! Rien que d'écrire cela me permet de revivre le bonheur d'y avoir été. 

Llança : Entre El Port de la Selva et Llança, la dernière est la plus grande. C'est là où se trouvent les grands commerces alors que la première n'abrite que des épiceries. Llançaa su se moderniser de la plus belle des manières : la principale rue qui va du port à la vieille ville est désormais plus large grâce à une piste cyclable et une piste piétonnière. Bravo ! Le port est plus joli avec ses belles terrasses. La plage a été repoussée et les baigneurs ne déboulent plus dans les pieds des promeneurs.  

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El Port de la Selva : Désormais, on peut aller de Llança à El port de la Selva (Photo ci-dessus / environ 8 km) à pied ou à vélo sans côtoyer les automobilistes. Bravo ! Une piste longe toute la côte et constitue une limite entre les nombreuses criques et les habitations. Avant de venir se désaltérer sur l'une des cinq ou six terrasses du bord de mer, il faut pénétrer dans les ruelles de la ville construite en escalier sur le flanc de la montagne. Des maisons blanches aux fenêtres bleues ou vertes ; des rues propres et silencieuses parce que souvent vides. Forcément, les après-midis, ou les gens font la sieste ou il sont à la plage. Ici, on a évité les grands ensembles d'habitations. Pas d'immeuble de plusieurs étages ! L'esprit "village" est préservé. Bravo !

Sant Pere de Rodes : On ne peut pas séjourner dans la région sans visiter ce monastère bénédictin construit sur l'un des sommets de El Port de la

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Selva. Attention, "ça grimpe sec" ! En moins de dix minutes, vous allez vous trouver à 600 m d'altitude ! En zigzaguant, bien sûr ! Lors de ma première visite, - il y a une dizaine d'années - c'était une ruine que l'on tentait de restaurer. Aujourd'hui, c'est un joyau qui séduit tous les visiteurs. Une restauration très réussie qui n'a pas cherché à laisser croire que le neuf est de l'ancien ! Elle a surtout privilégié l'harmonie.         

Figueras : L'entrée de la ville est désormais très belle. Une très belle avenue traverse deux allées d'arbres. De chaque côté de cette avenue, deux pistes piétonnières. Bravo ! Sur la gauche, un long parking - non encore bitumé - invite l'automobiliste à préférer ne pas entrer en ville avec sa voiture. Le centre-ville et le marché sont à environ dix minutes de marche. Une bonne partie du centre-ville est désormais faite de rues piétonnières magnifiques avec de jolis vitrines de magasin et des restaurants en plein air. On peut désormais se promener dans le centre de Figueras en levant la tête. Bravo ! L'entrée du musée Dali est excessivement chère ; près de 15 euros ! Longue file d'attente (photo) et foule à l'intérieur à prévoir.            

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Cadaqués : Dès l'entrée de la ville, laissez votre voiture dans l'un des parking payants. Marchez et découvrez les beautés de cette ville : elles résident dans les maisons blanches et dans les rues pavées de pierres non travaillées. Tout ici respire le calme d'un village. Par contre, le port est quelconque même s'il est très spacieux et permet de se promener sans être bousculé. 

conclusion : Je retiens de mon voyage deux choses : 1) On ne peut mieux découvrir une cité qu'en

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se promenant ; mais surtout en s'écartant des lieux qui semblent des appâts pour touristes. Il faut oser prendre les ruelles et ne pas oublier de lever la tête. Il faut oser prendre les rues vides pour profiter de la beauté des détails des maisons. 2) Je retiens aussi (à vrai dire, je confirme) que l'on ne doit pas entreprendre la construction d'une cité sans un projet d'aménagement du territoire bien pensé. Pendant longtemps - et aujourd'hui encore dans certaines villes de France - les villes ont été construites pour la voiture. Désormais, les projets semblent intégrer L'Homme et les divers moyens qu'il utilise pour se déplacer. L'Espagne l'a compris et c'est ce qui retient l'attention du visiteur attentif.         

Raphaël ADJOBI

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25 août 2009

Visiter Amsterdam et s'instruire (suite et fin)

   Visiter Amsterdam et s’instruire (suite et fin)

            

La réaction de notre ami Ségou m’a fait comprendre que la suite de mes impressions que je n’osais livrer (peur d’être trop long) était bien nécessaire(pour descendre du vélo). La voici donc.

Un cosmopolitisme rassurant : On dit de Paris qu’elle est une ville cosmopolite. Mais quand celle-ci pèche par l’hétérogénéité des ethnies et des classes sociales de sa population, Amsterdam fait dans l’homogénéité. Mes longues marches à travers la ville ne m’ont pas mené à des quartiers plus  chinois, plus indiens ou africains. Et dans les foules des promeneurs, le mélange ethnique est encore plus frappant qu’à Paris. La diversité aussi.

Dès mon retour, le comportement de quelques groupes de jeunes noirs m’ont rappelé que je suis dans une société différente. Alors je me suis rappelé les paroles de l’écrivain Raphaël Confiant disant que la stigmatisation génère des comportements particuliers. C’est vrai !

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Le cosmopolitisme dans la restauration : Ici, les restaurants affichent sans complexe leur nationalité et l’on découvre ainsi des noms que l’on aura du mal à trouver ailleurs dans l’art de la table : péruvien, chilien, argentin, équatorien, laotien, malais etc… Aussi, les Hollandais sont obligés d’afficher « Restaurant hollandais ». Pas mal ! Une restauration plus diversifiée qu’ailleurs donc.

Le mélange des genres en architecture : L’immense Hôtel-restaurant en forme de pagode sur le port d’Amsterdam est une preuve absolue que les Hollandais - qui ont sillonné le monde - ne craignent pas le cosmopolitisme. Cette évocation de la Chine ou de la Malaisie sur ce célèbre port fait croire à un esprit différent qui se voit également dans l’association de l’ancien et du moderne partout. Finalement, tout cela apparaît très harmonieux. Il faut oser pour le croire !         

Priorité aux commerces de proximités : La Hollande compte-t-elle beaucoup de super marchés ?  A Amsterdam, je n’ai pas vu de super marchés avec d'immenses parkings pour voitures. Une multitude de petits commerces, si. A la différence des villes françaises, il semble qu’il n’y ait pas de quartiers commerçants et des quartiers non commerçants ou dortoirs. Ainsi pas besoin de prendre la voiture puisqu’on a tout à proximité. D’autre part, cette organisation de la cité permet au visiteur de voir partout vivre réellement la population. Cela lui permet aussi d’avoir à boire et à manger partout où il se trouve et à tout moment de la journée. Les autres villes d’Europe que je connais ne permettent pas toutes ces possibilités à la fois.      

Le passé négrier : Le beau bateau sur le port - réplique de ceux qui voguaient sur les océans à l’époque de l’esclavage – rappelle à tous que ce peuple a écrit aussi une longue page de l’histoire de la navigation. Il permet de comprendre dans quelles conditions voyageaient non seulement l’équipage mais aussi les esclaves embarqués. A visiter absolument.      

            En privilégiant l’usage du vélo plutôt que celui de la voiture, en optant pour le cosmopolitisme social et le commerce de proximité, la Hollande montre que des voies pour le mieux-vivre existent. Il nous reste à oser. 

Raphaël ADJOBI

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23 août 2009

Visiter Amsterdam et s'instruire

                     Visiter Amsterdam et s’instruire

            Les voyages ne forment pas que la jeunesse ; chacun le sait, sauf peut-être la jeunesse. Raison pour laquelle ils ont, dans les siècles passés, abondamment nourri la littérature. A vrai dire, aujourd’hui on ne voyage pas ; on est transporté d’un lieu à un autre. Et une fois à destination, on cherche à satisfaire ses yeux et à profiter des tables locales. Les impressions de voyages d’aujourd’hui se limitent donc souvent à une collection de « bizarreries ».

            Pour ma part, mon récent séjour à Amsterdam m’a beaucoup appris et ne me permet plus de me contenter des habitudes. Je voudrais ici vous livrer mes impressions et mes analyses qui motivent cette conviction. Le futur voyageur pourra tirer profit de certains détails. Vos impressions et vos analyses personnelles seront aussi les bienvenues.

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Arrivée et installation : Un premier contact avec le métro assez décevant parce que les  noms des stations sont en petits caractères. Difficile de savoir où l’on se trouve. De ce point de vue, Paris est imbattable en efficacité. Préférez le tramway en toutes circonstances. Les distances entre les différents sites se font facilement à pied. Aussi, n’hésitez pas à choisir un hôtel qui vous semble loin du centre. L’immensité d’Amsterdam sur une carte n’est qu’un trompe-l’œil.

La ville ou le vélo est roi : C’est souvent ce que l’on entend dire d’Amsterdam. La réalité dépasse les paroles. Imaginez la ville de Paris vidée des trois quarts de ses voitures et dotez-la de parkings à deux niveaux pour les vélos et vous avez Amsterdam !   

Donc peu de voitures en circulation. Tout le monde est à pied ou à vélo. Tout à été prévu pour que chacun puisse l’utiliser quotidiennement, même pour accompagner les enfants à l’école ou pour aller faire ses courses. Toutes les rues, les nationales, et mêmes les larges voies autoroutières reliant la ville aux banlieues sont doublées d’une piste cyclable et d’une voie piétonne ; et dans les deux sens s’il vous plaît ! Mais attention, les cyclistes vont vite ! Et le piéton n’a pas intérêt à « squatter » leurs voies. 

Il semble que les suisses ont également une vieille et grande pratique du vélo. Mais le phénomène, sans doute moins frappant, n’a pas retenu mon attention lors de mon séjour dans les années 90. Alors qu’en France tout est fait pour la voiture, en Hollande tout est fait pour que son usage ne soit pas nécessairement quotidien. Une vraie culture du vélo alors qu’en France il n’est qu’un loisir.      

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Belle leçon pour les pays en développement : Que ceux qui croient que le vélo-taxi est la marque des pays sous-développés revoient leurs leçons d’écologie. La Hollande pratique le vélo-taxi, le bateau-taxi, le bateau-bus. La politique du tout pour la voiture qu’affectionnent de nombreux pays européens comme la France et l’Espagne (les deux pays que je connais) et que copient les pays africains et sud-américains rend très difficile - pour ne pas dire impossible - une vraie politique écologique en matière de pollution atmosphérique. D’autre part, le tout voiture génère un aménagement du territoire de plus en plus compliqué rendant les déplacements de moins en moins commodes hors les locomotions motorisées.

Être en retard peut parfois s’avérer un atout. Avant les années 80, le réseau routier espagnol était celui d’un pays sous-développé. En tenant compte des erreurs des pays plus avancées dans ce domaine, l’Espagne dispose aujourd’hui d’infrastructures routières nettement plus commodes que la France. En se montrant attentifs aux expériences étrangères, les pays africains peuvent donc bâtir un avenir plus commode et plus écologique.

Raphaël ADJOBI         

Photo 1. Maison flottante. L’eau étant omniprésente, les maisons flottantes sont ici des habitations ordinaires.                  

Photo 2. Amsterdam est une ville qui ose le mélange des architectures : anciennes, modernes, de style étranger comme cette immense construction de style pagode rappelant l’Asie. On apprécie aussi le mélange des saveurs du monde en gastronomie.

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