Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

13 mai 2017

La France noire commémore l'abolition de l'esclavage à Joigny - 2017

                     La France noire commémore

                     l'abolition de l'esclavage à Joigny

En attendant les images de la cérémonie, voici le reportage de France3 Bourgogne.

 

Capture Commémoration

 http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/yonne/joigny-exposition-mieux-comprendre-abolition-esclavage-1251427.html

Posté par St_Ralph à 15:54 - La France noire info. - Commentaires [2] - Permalien [#]

05 mai 2017

Commémoration de l'abolition de l'esclavage 2017 à Joigny

     L'affiche officielle de la commémoration de l'abolition

                            de l'esclavage 2017 à Joigny

preview

     La commémoration de l’abolition de l’esclavage à Joigny est un moment très original. Outre les deux discours d’usage, le public est invité à découvrir une exposition. Cette année, celle qui lui sera proposée est exceptionnelle parce qu’elle montre pour la première fois les résistances africaines à la traite et les luttes des esclaves pour leur liberté dans les Amériques. Par ailleurs, la cérémonie est animée par une chorale. Nous avons été accompagnés l’année dernière par le groupe Ébène. Cette année, c’est la chorale Les Croq’notes de Brion dirigée par Christian Loubat qui a accepté d’animer la cérémonie. D’avance nous disons merci aux choristes et à leur chef.

100_1106

Raphaël ADJOBI

 

Posté par St_Ralph à 20:08 - La France noire info. - Commentaires [0] - Permalien [#]

22 février 2017

Les Français noirs dans l'océan Indien (Une conférence de La France noire)

            Les Français noirs dans l'océan Indien

       (Une conférence de Luis-Nourredine PITA pour La France noire)

100_1061

            Le mardi 21 février 2016 à 18h30, une conférence ayant pour thème "Les Français noirs dans l'océan Indien"  a rassemblé un peu plus d'une quarantaine de personnes à la Halle aux grains de Joigny. Le conférencier, Luis-Nourredine Pita,  était arrivé de Murcie, en Espagne, pour la circonstance.

            Jovinien de naissance, Luis-Nourredine PITA - vice-président de La France noire - a fait une très grande partie de sa carrière d'enseignant à La Réunion. Conseiller pédagogique pour l'éducation nationale, il a sillonné les archipels de l'océan Indien - les Seychelles, les Comores et les Mascareignes (La Réunion, Maurice et Rodrigues) - ainsi que l'Afrique du Sud, le Mozambique et la Tanzanie.

            Le conférencier a d'abord replacé l'histoire de ces archipels dans les luttes de possession et d'influence des puissances européennes ; principalement anglaises et françaises. Il a ensuite insisté sur l'évolution du statut des populations de cette région qui sont certainement les plus métissées au monde parce qu'elles sont l'émanation de trois influences : africaine, indienne et chinoise.

            En effet, si ces populations n'ont pas connu la traite négrière vers les Amériques, elles ont connu le statut d'esclave* et, après les abolitions, celui d'indigène appliqué à toutes les colonies françaises. Le code de l'indigénat faisait des "nouveaux citoyens" français une catégorie à part vouée au rôle de sujet. L'indigène ou le sujet français devait par son travail mériter l'accès au titre de citoyen exclusivement réservé à la population de la métropole.

            Le conférencier a ensuite abordé la question de l'indépendance des Comores en juillet 1975 après le référendum de 1974. Détaché de Madagascar depuis 1946 avec le statut de Territoire d'outre-mer (Tom), la France va profiter du référendum de 1974 pour amputer cet archipel d'une de ses quatre îles : Mayotte. Si la consultation a montré que l'ensemble de l'archipel des Comores a voté à plus de 96% pour l'indépendance, les voix de Mayotte comptabilisées séparément étaient favorables pour le maintien dans le giron de la France. On pense que c'est la marine Française qui a poussé l'Elysée à annexer purement et simplement Mayotte en se fondant sur son vote favorable à la France. Situation stratégique dans la région oblige ! Depuis, un conflit politique oppose le gouvernement comorien et les autorités françaises. L'Assemblée générale des Nations-Unis - par plus de vingt résolutions - ainsi que l'Union Africaine condamnent cette partition des Comores faite par la France.

100_1060

            Il apparaît aujourd'hui que l'île de Mayotte se trouve sur une voie d'acculturation accélérée, une marche forcée vers les lois de la République française. L'autorité des juges musulmans qui géraient les conflits sociaux n'est plus reconnue. Non seulement les liens de parenté avec les populations des îles sœurs de Comores et particulièrement avec celles d'Anjouan sont niés par la France, mais les populations sont contraintes d'aligner leur nom et prénom (souvent à rallonge) sur le modèle français. Les traditionnelles relations commerciales avec l'Afrique, Madagascar, et les autres îles des Comores subissent désormais des taxes afin d'obliger Mayotte à ne commercer qu'avec la France et plus largement avec la communauté européenne.

            Le public de la Halle aux grains de Joigny a été très sensible au drame humain que pose la séparation administrative et juridique de Mayotte de ses îles sœurs des Comores. Une séquence d'environ 10 minutes du documentaire "Mayotte, où va la République"* a été projetée pour illustrer ce drame humain que le pouvoir métropolitain couvre de son silence. Au XIXe siècle, le partage de l'Afrique entre les grandes puissances européennes avait séparé des familles, des villages, des royaumes et causé des traumatismes qui agitent encore ce continent. Nous pensions que cette erreur ne se reproduirait plus. Eh bien, nous avions tort. L'histoire se répète à Mayotte.

Photo Kodak 2

            Monsieur Bernard Moraine, maire de Joigny, ainsi que Madame Françoise Roure, conseillère départementale, nous ont fait le plaisir d'honorer de leur présence cette première conférence de La France noire. Nous avons été également sensibles à la présence de Madame Célia Davaine, directrice du collège Saint-Jacques, ainsi que celle de Madame Blandine Vassaux, directrice de l'école Sainte-Thérèse, de Monsieur Claude Josselin, Adjoint au maire chargé des associations patriotiques.

Le président de La France noire   

             Raphaël ADJOBI

* L'affaire de l'esclave Furcy, Mohammed Aïssaoui, édit. Gallimard

* Un film de Frédéric Lambolez et Jean-Marie Pernelle, Enquête prod. août 2008       

Posté par St_Ralph à 12:59 - La France noire info. - Commentaires [4] - Permalien [#]

24 janvier 2017

Les voeux 2017 de La France noire à ses adhérents, amis et sympathisants

      Les vœux 2017 de la France noire

                        à ses adhérents, amis et sympathisants

La France noire 0001

            Le bureau et le Conseil d'administration de la France noire vous souhaitent une Bonne Année 2017 pleine de joie et d'heureux moments en famille ainsi qu'avec ceux qui vous sont chers. La France noire vous remercie particulièrement pour l'intérêt que chacun de vous porte aux projets pédagogiques qu'elle propose pour la construction d'une plus grande fraternité en France. "Mieux connaître l'autre pour respecter sa différence" est sa devise.

             Cette devise a été portée à la connaissance du public lors du pot de présentation des vœux 2017 de l'association à la salle des fêtes de La Halle aux grains de Joigny. Des Français noirs et blancs partageant la même conviction - faire connaître la contribution des Noirs à l'histoire de France - ont levé leur verre autour de la traditionnelle galette des rois. Des retrouvailles pilotées du début à la fin par Françoise PARRY, Secrétaire et Trésorière de La France noire.

La France noire - Conférence

Un rappel de la suite des activités de l'association a été fait : le 21 février, une conférence sur Les Français noirs dans l'Océan indien sera donnée à La Halle aux grains de Joigny par M. Luis-Nourredine PITA, docteur en philosophie politique ; le 10 mai, en collaboration avec la mairie de Joigny, sera organisée la deuxième commémoration de l'abolition de l'esclavage dans cette ville. Une magnifique chorale gospel accompagnera de ses chants cette cérémonie.

Amitiés à tous

Le président : Raphaël ADJOBI

Posté par St_Ralph à 19:35 - La France noire info. - Commentaires [2] - Permalien [#]

13 mai 2016

Commémoration de l'abolition de l'esclavage à Joigny - 2016 - Le discours du président de La France noire

 Commémoration 2016 de l'abolition de l'esclavage à Joigny

                Allocution du président de la France noire

Discours 10 mai 2016

Monsieur le maire,

Merci de tout cœur pour l'enthousiasme avec lequel vous avez accueilli la proposition de notre association "La France noire" d'organiser sous votre patronage la commémoration de l'abolition de l'esclavage à Joigny. Merci aussi pour votre soutien et vos conseils pratiques ainsi que pour les actions des différents membres de votre équipe qui ont facilité l'organisation de cette cérémonie.

Mesdames et messieurs les chefs d'établissements scolaires ou leurs représentants,

Mesdames et messieurs les présidents des organisations associatives ou leurs représentants, "La France noire" vous est reconnaissante pour avoir répondu à son appel de commémorer dans la fraternité le souvenir de la fin d'un crime qui, durant presque trois siècles, a décimé l'Afrique et permis à la terre des Amériques d'enrichir l'Europe grâce à la sueur des Noirs, c'est-à-dire la fin d'une histoire qui a profondément modifié le visage de la population de la France et les rapports entre les individus.                                                                       *

Chorale Ebène 2016

Le 4 février 1794 – deux ans après la Révolution française – au cours des débats ayant abouti ce jour-là à la première abolition de l'esclavage, la Convention nationale avait qualifié la traite atlantique et l'esclavage des Noirs dans le Nouveau monde de « crime de lèse-humanité ». En d'autres termes, de crime contre l'humanité. En effet, jamais dans l’histoire humaine on n’a vu autant d’Etats s'associer pour asservir dans un rythme accéléré les peuples d’un même continent. Oui, c'était bien d’un esclavage industriel pratiqué par des Etats coalisés dont il s'agissait. Malheureusement, il a fallu attendre 1848 pour que l’abolition de l’esclavage outre atlantique et de la traite négrière qui l’alimentait soit définitive en France. Une fois la liberté et l’égalité de tous les Français déclarées, l’œuvre de la Fraternité pouvait enfin commencer ; car la fraternité, elle, ne se déclare pas par la loi. Elle nécessite d’autres considérations pour être effective. 

Quand en 2001, reprenant les termes entendus lors de la première abolition, la députée Christiane Taubira avait entrepris de faire reconnaître officiellement à notre pays que cet esclavage était effectivement un crime contre l'humanité, et qu’il convenait de déterminer une date pour commémorer la fin de cette pratique dans laquelle avait été impliquée la France, des voix s'étaient élevées de toutes parts pour s'opposer à ce projet.

Que n'avait-t-on pas dit alors ? « On cherche à culpabiliser les Blancs ! C'est du racisme anti-Blanc ! Il n'est pas question de se repentir ! Des réparations sont impossibles parce que cela fait presque deux siècles que l'esclavage est aboli. Il faut tourner la page et tout oublier. De toutes façons, l'esclavage existait aussi en Afrique ! » On avait alors tout entendu et souvent n'importe quoi. Ce débat avait fait apparaître la grande méconnaissance d’une mémoire commune  et les efforts qu’elle demandait aux uns et aux autres. Il nous a fait découvrir que nous cohabitions dans un silence hypocrite qui menaçait la construction de notre idéal de fraternité nationale sans que nous nous en rendions compte.

A vrai dire, tous les prétendus spécialistes qui s'adressaient à nous étaient des gens qui ne connaissait rien d'autre de l'esclavage que ce que l'on appelait faussement un "commerce triangulaire". Je dis bien "faussement" car il n'y a jamais eu de commerce avec l’Afrique mais de la corruption, de la violence et des massacres. Quand, des fusils à la main, on prend en otage des femmes, des enfants, des vieillards, et que l'on exige pour leur libération la livraison par les hommes d'une certaine quantité de captifs, cela s'appelle-t-il du commerce ? Quand pour avoir la paix, surtout pour éviter d'être violemment embarqués par les négriers européens, les villages côtiers jouent les dociles intermédiaires de cette chasse à l'homme, peut-on se permettre de parler de commerce ? Et dans quelle monnaie ce commerce se fait-il ? Aucun historien n’est capable de vous le dire parce que la seule monnaie qui avait cours était la mort au bout du fusil ou la captivité à fond de cale d'un navire ! Il n'y en avait pas d'autre.

Ce sont les armateurs et les négriers qui parlaient de commerce pour se donner quelque peu bonne conscience. En effet, le problème de tout un pan de l'histoire humaine, c'est que les victimes ne laissent pas de trace écrite pour témoigner de leur souffrance et de l'injustice qui leur est faite. Savez-vous ce que disent les vieux Africains quand ils entendent ce récit partial véhiculé en Europe ? Ils disent tout simplement : « tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse glorifieront toujours le chasseur ». En clair, l'histoire n'a jamais été une science exacte ! C'est un récit qui n'exprime qu'un point de vue. Et dans ce cas précis, c'est celui du vainqueur qui est enseigné parmi nous.

Cependant, il n’y a pas qu’autour du récit de la traite négrière que des idées erronées circulent et fragilisent notre idéal de fraternité. Quand ce crime contre l’humanité a été aboli, que s'est-il passé ?  Partout en Europe, les colons qui ont perdu leurs biens humains – ce qu’ils appelaient leur commerce – ont tous été indemnisés par leur Etat. En France, cela a été possible grâce à l'amende infligée à Haïti qui avait déclaré son indépendance ; une amende que ce petit pays a dû payer durant un siècle et demi. Quant à ceux qui étaient en esclavage, on leur a dit : « vous êtes libres ». Dans toutes les colonies, ceux-ci ont alors quitté les plantations des maîtres. Mais quand ils ont voulu créer les leurs, les anciens maîtres leur ont dit « non ! Ces terres sont déjà prises ; elles sont à nous ». Devant l’impossibilité d’avoir des terres leur permettant de travailler pour leur propre compte, qu’ont fait les nouveaux affranchis ? Ils sont revenus travailler sous le joug des anciens maîtres moyennant un salaire qui leur permettait de ne pas mourir de faim mais les empêchait de devenir autonomes. Voilà comment s'est terminé l'esclavage dans les anciennes colonies ! Tous libres, oui ! Tous égaux en droit, oui ; mais pas tous égaux en économie !

Comment des gens qui n'ont rien peuvent-ils concurrencer ceux qui ont tout ? Cet état de fait explique pourquoi les quatre départements les plus pauvres d'Europe - selon l'agence Eurostat, chargée des statistiques officielles de la Communauté européenne - sont les quatre départements français d'outre-mer essentiellement peuplés par des descendants d'esclaves.

Comment voulez-vous que nous puissions construire la fraternité nationale sur des bases aussi tronquées ? Comment voulez-vous qu’il soit possible de construire une nation fraternelle quand on traite avec mépris toutes les doléances liées à ce passé commun qui conditionne notre mode de vie et nos pensées actuelles ?                                                                      *                                                                

Avouons-le : après l'abolition de l'esclavage, le chantier de la construction de la fraternité nationale n'a jamais eu les ouvriers que l'immensité de la tâche demandait. D’un côté, les Noirs sont trop nombreux à croire naïvement que c’est en rasant les murs, en se faisant petits, en ne demandant rien, qu’ils vont être bien  intégrés dans la société française. Aussi, ils sont ouvertement opposés à toutes les associations qui militent pour la mise en valeur de leur passé. Leur seul désir, c’est d’oublier ce passé ; tourner cette page. Ces Noirs ignorent que si leurs ancêtres ne figurent pas dans les manuels d’histoire de notre pays, cela veut dire qu’eux-mêmes viennent de nulle part, qu'ils ne sont pas intégrés à l'Histoire de la France. Sans passé, on n’est qu’un étranger, un inconnu ! Il est à constater que très souvent, ce sont des Français blancs qui se battent à leur place. La présence plus nombreuse de Français blancs au sein de notre association « La France noire » en est la preuve.

Si les Noirs sont passifs, du côté de nos autorités, très rares sont les personnes clairvoyantes mues par une réelle volonté politique. Le cas de Nantes et de son ancien maire Jean-Marc Ayrault mérite d'être cité au nombre des volontés qui ne cèdent pas devant ceux qui refusent de regarder l'Histoire en face. Alors que son prédécesseur avait rejeté le projet d’une exposition sur l'esclavage au château des ducs de Bretagne, M. Jean-Marc Ayrault a autorisé dans ce même lieu l'exposition "les anneaux de la mémoire" en 1992. Devant le succès extraordinaire de cette exposition, à l'occasion du 150e anniversaire de l'abolition de l'esclavage en 1998, il organise une cérémonie au cours de laquelle il dévoile une statue dédiée à la mémoire des victimes de l'esclavage. La statue est vandalisée le 1er mai 1998. Deux mois plus tard, le maire et son équipe décident la construction d'une œuvre de grande envergure pour témoigner de la participation de Nantes à la traite négrière. C'est le mémorial de l’abolition de l’esclavage. Par ce monument - aujourd'hui le plus beau de France dédié aux victimes de la traite atlantique - Nantes a inscrit le passé des Noirs dans son histoire. La ville reconnaît que les Noirs ont contribué, malgré eux, à sa prospérité d'hier.

Cet exemple précis montre clairement que pour que le passé des Noirs retrouve sa place dans l'Histoire de la France, il faut d’un côté des associations, c’est-à-dire une société civile pleine de désirs et de projets, et de l’autre une volonté politique compréhensive et réaliste. 

Cet exemple nous montre aussi que parmi les trois idéaux de la République française – la Liberté, l’Egalité et la Fraternité – le dernier semble indiscutablement le plus difficile à atteindre et aussi celui qui est le plus souvent malmené. La fraternité suppose la connaissance de l’autre, la connaissance et le respect de son histoire inscrite dans le patrimoine national.

Avec l'Allemagne, son ennemi d'hier, notre pays a fait l'expérience du long cheminement vers la paix qui passe par la conciliation, la cohabitation, la coopération pour aboutir à sa forme achevée qui est l'appréciation mutuelle. Il a fallu pour cela consentir à des efforts, faire preuve d’une réelle volonté politique tout en évitant de travestir le passé commun.

Pourquoi le cheminement vers la fraternité à l'intérieur de la France – c’est-à-dire entre concitoyens français – s’avère-t-il plus difficile à réaliser que la paix entre deux anciens ennemis ?

Soyez certains que l'absence de courage politique devant les besoins des Noirs de France de voir leur passé inscrit dans l'histoire de notre pays ne fait qu'encourager les bonimenteurs et les falsificateurs de l'histoire qui sabotent allègrement notre marche vers la fraternité. L'absence de volonté politique est le terreau sur lequel prospèrent les ennemis de la fraternité nationale : ceux parmi nous qui clament haut et fort que la France est blanche et chrétienne.       

Est-il bien raisonnable après plus de trois siècles de présence sur cette terre de France que les Noirs entendent encore des hommes politiques parler d’intégration alors qu'eux-mêmes ne font rien pour intégrer les Noirs à l’Histoire de France ? Il s'avère absolument nécessaire que la France reconnaisse que son Histoire ne s’est jamais écrite autrement qu’avec la contribution de l’Afrique et donc des Noirs. Il serait temps que les manuels scolaires en portent le témoignage et que nos enfants et petits-enfants apprennent enfin que nos destins sont liés depuis très longtemps.                                                                                                                               *                     

Raph et M

Voilà, Mesdames et Messieurs, la revendication constructive qui justifie la création de l'association "La France noire". Nous n'aimerions pas que certains enfants grandissent dans le mépris des autres avec des manuels scolaires qui laissent croire que les ancêtres de tous ceux qui ont la peau quelque peu foncée n'ont jamais rien fait pour la grandeur de la France. La France noire veut résolument œuvrer pour faire grandir la fraternité nationale dans le cœur de nos enfants et petits-enfants en leur enseignant, en leur montrant que nos ancêtres ont été des frères d'armes pour défendre l'honneur de la France depuis le XVIIIe siècle et plus particulièrement durant les deux guerres mondiales.   

En effet, le projet de notre association est de mettre en place une imagerie à vocation pédagogique destinée à un large public - particulièrement le public scolaire - pour mettre à l'honneur les héros noirs français. De réels efforts sont faits par des individus amoureux de la fraternité nationale qui écrivent des livres, réalisent des films, exhument des documents qui dorment dans les archives, afin de nous instruire sur la contribution des Noirs à l'Histoire de France. Malheureusement, ces livres et ces documents d'archives ne sont pas encore entrés dans le circuit de l'enseignement scolaire, et les films ne bénéficient pas encore des heures de grande écoute. La France noire a pour ambition de porter cette connaissance dans les collèges et les lycées afin de changer le regard des enfants sur les autres et sur eux-mêmes. Mais ce projet ne peut être l'œuvre des seuls Français noirs ; il serait voué à l'échec et avec lui l'entreprise de la construction de la fraternité nationale. C'est avec vous tous, c'est ensemble, en constituant une association dynamique, une société civile constructive, prête à aller à la rencontre des autorités politiques attentives et compréhensives, que nous allons réussir ce que d'autres croient impossible.

La France noire voudrait dire, aux autorités politiques et aux citoyens qui se montrent toujours attentifs et disponibles à l'appel à la construction de la fraternité nationale, toute sa reconnaissance. Oui, nous sommes reconnaissants à tous les Français qui prennent le temps d'écouter, de chercher à savoir avant de prononcer des paroles définitives. Notre association est particulièrement reconnaissante à vous tous qui l'avez rejointe sans hésitation, et à vous aussi qui êtes prêts à le faire parce que vous jugez légitime la nécessaire visibilité des Noirs qui ont contribué à la grandeur de notre pays. Merci à Monsieur le maire, à ses collaboratrices et à ses collaborateurs, qui, en nous accompagnant dans l'organisation de la commémoration de l'abolition de l'esclavage à Joigny soutiennent par la même occasion le projet pédagogique de La France noire.   

Raphaël ADJOBI

10 mai 2016

Posté par St_Ralph à 23:43 - La France noire info. - Commentaires [2] - Permalien [#]

11 mai 2016

La France noire sur France Bleu Auxerre

      La France noire sur France Bleu Auxerre le 9 mai 2016

Dans l'après-midi du 9 mai 2016, quelques membres de l'association La France noire ont travaillé à la mise en place de l'exposition devant accompagner la cérémonie de commémoration du 10 mai. C'est donc dans les salons de l'hôtel de ville de Joigny que les a rejoints Renaud Candelier, journaliste à France Bleue Auxerre, pour s'entretenir avec la Secrétaire de l'association Nakeva Régent-Adams et Raphaël ADJOBI le président.

Au moment d'écouter l'un et l'autre des intervenants, prenez le temps de lire les belles analyses de l'entretien faites par le jeune journaliste. Il a pris le temps de nous écouter longuement afin de se faire une idée exacte de nos objectifs et aussi de nos attentes. Cette écoute lui a permis de faire ces analyses précises et claires des paroles prononcées ce 9 mai 2016. Bravo, Renaud Candelier ! Et merci !

Ecoutez Nakeva Régent-Adams et Raphaël ADJOBI sur France Bleu Auxerre

x464x261_association_la_france_noire_a_joigny_-_rc

 

Posté par St_Ralph à 17:57 - La France noire info. - Commentaires [0] - Permalien [#]

31 août 2015

La France noire (association loi 1901)

                            L A   F R A N C E   N O I R E

                                              (Association, loi 1901)

100_0402

Afin de promouvoir d'une part la commémoration de l'abolition de l'esclavage chaque 10 mai et d'autre part les figures illustres noires et leur contribution à la grandeur de notre pays, une association est née : La France noire.                               

L'absence de figures noires dans le paysage historique de notre pays est difficilement compréhensible, d'autant plus que nombreux sont les Noirs qui ont été, par le passé, hissés au rang de héros. Pourquoi donc les manuels d'histoire les ont-ils exclus de notre enseignement, privant une catégorie de nos enfants et petits-enfants de références valorisantes ? 

Nous ne pouvons pas nous contenter de déplorer cette blessante réalité ; si nous n'agissons pas nous en devenons les complices. La France noire fait donc appel à vous pour un devoir moral : donner un sens à l'avenir de tous nos enfants en les rendant fiers de leur passé. 

Vous pouvez, Noirs et Blancs, aider La France noire à atteindre ce but en lui accordant votre soutien ou en la rejoignant. Avec une cotisation annuelle de 10 € ou un don de votre choix, vous nous aiderez à commémorer le 10 mai 2016 l'abolition de l'esclavage avec une grande exposition, dans l'Yonne, sur les Français noirs illustres. Exposition qui sera ensuite prêtée aux enseignants des lycées et collèges comme prolongement des œuvres qu'ils auront étudiées. Vos cotisations ou vos dons nous permettront aussi de participer au financement - comme le font d'autres associations françaises - des sorties scolaires sur les sites historiques mettant en évidence la contribution des Noirs à l'Histoire de France. Ce sera la meilleure façon d'encourager les enseignants à introduire dans leur pratique des œuvres qui parlent des Noirs.    

N'apprenons pas seulement le passé des Français blancs ; apprenons aussi le passé des Français noirs ! Avec La France noire, inscrivons enfin l'œuvre des résistants et des combattants noirs dans l'histoire de notre pays et dans la culture de tous nos enfants. Votre adhésion ou votre contribution volontaire participera donc à promouvoir une plus grande fraternité dans notre pays.            

      Le président                                 La secrétaire et trésorière

     Raphaël ADJOBI                                 Nakeva Régent-Adams

 

Adhésion La Frc Noire 0001

 

courriel : lafrance.noire@gmail.com                                Tel : 06.82.22.17.74

Posté par St_Ralph à 22:01 - La France noire info. - Commentaires [3] - Permalien [#]