Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

02 octobre 2012

Les manoeuvres de Ouattara autour de la guerre au Mali dévoilées

                    Les manoeuvres de Ouattara

           autour de la guerre au Mali dévoilées 

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26 septembre 2012

Tombouctou, mon amour

      Tombouctou, mon amour

En prenant pour prétexte la défense de ce patrimoine de l'humanité,

veut-on nous pousser à la boucherie ? Quel est le crime des Touaregs ?   

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Tombouctou, mon amour

 

 

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24 septembre 2012

Le visage du racisme américain sous Obama vu par Toni Morrison

       Le visage du racisme américain sous Obama

                                 vu par Toni Morrison  

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            Dans le cadre du festival América, - manifestation littéraire française consacrée aux littératures américaines – un journaliste de France Inter a pu approcher Toni Morrison pour avoir son sentiment sur l’état du racisme aux Etats-Unis sous Obama. La clarté et la netteté de la réponse de l’Américaine, Prix Nobel de littérature, mérite réflexion. 

            A la question de savoir si le racisme persiste sous Obama, Toni Morrison a répondu, sans aucune hésitation « oui ! » Puis elle a expliqué que sous Obama le racisme est devenu plus voyant, plus « explicite ». Un racisme « décomplexé ». Désormais, ajoute-t-elle, certaines personnes ne cachent plus leur animosité à l’égard des Noirs sous des politesses conventionnelles. Le racisme semble pour beaucoup une valeur officielle.

            Ces propos ne peuvent que nous ramener à notre actualité française où il est question pour certains – depuis quelques années - de clamer haut et fort qu’ils font partie de « la droite décomplexée » ; ce qui suppose qu’ils ne renient pas le racisme. En effet, par le mot « décomplexé », la droite française montre son refus de laisser à l’extrême-droite le monopole du racisme. Bien au contraire, elle veut l’assumer et en faire son fonds de commerce. 

            En France comme en Amérique, les choses sont donc claires. Point de silence hypocrite, point de vote dénué de toute intention raciale ou anti-raciale. C’est peut-être mieux ainsi, non ? Ici comme aux Etats-Unis, on va pouvoir choisir plus facilement avec qui cheminer dans la vie conjugale comme dans la vie politique. 

Raphaël ADJOBI

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20 septembre 2012

Zamore et Mirza ou l'esclavage des Noirs (Olympe de Gouges)

                                             Zamore et Mirza

                                        ou l'esclavage des Noirs

                                                (Olympe de Gouges)

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            L'une des premières grandes figures du féminisme en Europe, Olympe de Gouges, auteur de la célèbre Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), était aussi une grande militante de la cause des Noirs. Des deux combats qu'elle a menés de front, ce dernier est celui qui lui a coûté le plus d'énergie et d'ennemis. Une pièce de théâtre, Zamore et Mirza (1785), et un essai, Réflexions sur les hommes nègres (1788), sont les marques de son engagement qui nous permettent, aujourd’hui, de la compter au nombre des grands abolitionnistes. 

            Zamore et Mirza est une pièce assez brève, en trois actes, qui a pour but clair et net la dénonciation de l'esclavage des Noirs. Elle compte six personnages principaux dont un couple d'esclaves en fuite. L'intendant blanc du gouverneur de leur île avait jeté son dévolu sur la belle Mirza, amante de Zamore. Pour avoir été repoussé, il choisit ce dernier pour être l'instrument du supplice à infliger à Mirza. Le jeune esclave désobéit ; et  aux yeux du colon blanc, cela mérite la mort !

            Voilà donc Zamore et Mirza devenus des esclaves marrons. Leur isolement est propice à des réflexions sur la nature humaine et la place des esclaves dans la société coloniale. « Dis-moi, pourquoi les Européens et les habitants (1) ont-ils tant d'avantages sur nous, pauvres esclaves ? Ils sont cependant faits comme nous, nous sommes des hommes comme eux : pourquoi donc une si grande différence de leur espèce à la nôtre ? » demande Mirza. « Cette différence est bien peu de chose ; elle n'existe que dans la couleur, mais les avantages qu'ils ont sur nous sont immenses. L'art les a mis au-dessus de la nature : l'instruction en a fait des dieux, et nous ne sommes que des hommes », répond Zamore. Au cours de leur fuite, ils sauvent un couple de français naufragés d'un navire en provenance de l'Europe. Avec l'aide de ce couple de blancs, comment Zamore et Mirza vont-ils convaincre le gouverneur et les colons - qui exigent leur mort - de leur innocence ? 

            Certes, l'amour de Zamore et de Mirza est le reflet du romantisme du XVIII è siècle et rappelle à certains égards celui de Roméo et Juliette. Et certains sentiments évoquent ceux de Jean-Jacques Rousseau quant à la bonté naturelle de l'homme. Mais, dans un cas comme dans l'autre, rien n'apparaît excessif. Et si l'auteur oppose la pureté des sentiments des amoureux à la rigueur ou la férocité des colons, il ne manque pas de montrer qu'il y a des blancs qui ont non seulement le sens de la justice mais sont également capables de compassion. Le gouverneur est un homme bon et un maître exemplaire. Zamore fait la différence entre les colons, injustes et cruels, et les Français d'Europe qu'il imagine plus humains et prêts à changer leur sort : « Une morale douce et consolante a fait tomber en Europe le voile de l'erreur. Les hommes éclairés jettent sur nous des regards attendris ; nous leur devrons le retour de cette précieuse liberté, le premier trésor de l'homme, et dont des ravisseurs cruels nous ont privés depuis si longtemps ». 

Non, les Blancs ne sont pas tous mauvais ; et l'auteur a tenu à le souligner afin de bien montrer que la justice et l'amour entre les humains sont des combats qui dépassent la couleur de la peau. Ce sont des idéaux qui sont ancrés dans le cœur des humains - Blancs et Noirs - et qu'il convient de ne pas laisser supplanter par l'artifice et la cupidité de certains. Vous trouverez dans l'introduction de cette pièce une juste idée à la fois des remous suscités par sa représentation à la Comédie Française en décembre 1789, et de l'animosité des colons à l'égard de son auteur. Une abolitionniste et une humaniste, telle était Olympe de Gouges. N’oublions jamais que pour avoir dénoncé la violence sous toutes ses formes et plus particulièrement la peine de mort, elle est morte guillotinée.             

(1) : les Indiens 

Raphaël ADJOBI 

Titre : Zamore et Mirza, ou l'esclavage des Noirs ; 78 pages

Auteur : Olympe de Gouges

Editeur : Flammarion, collection Librio, 2007 (2 euros) 

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13 septembre 2012

La grande déprime des médias français

          La grande déprime des médias français

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   La grande déprime

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10 septembre 2012

Les petites mains d'Anvers et les têtes de nègres ou le cannibalisme dans la pâtisserie européenne

 Les petites mains d’Anvers et les têtes de nègres

                                                 ou               

          Le cannibalisme dans la pâtisserie européenne 

1. Les petites mains d’Anvers                                                                    

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          Un élément assez étrange de la pâtisserie belge, ce sont ces petits morceaux de chocolat représentant des petites mains. On les appelle communément les petites mains d’Anvers. Depuis quelque temps, elles ont été déclinées en petits biscuits. Une façon assez maladroite de cacher leur inspiration nègre ou africaine. 

          A propos justement de l’origine de ces petites mains en chocolat, ne vous laissez pas abuser par les explications fantaisistes que vous pourrez trouver çà et là. L’histoire des peuples est souvent un mensonge que l’on fabrique pour se donner bonne conscience. N’adhérez donc pas à l’idée qu’elles ont pour origine une légende romaine selon laquelle un individu aurait payé le passage d’un pont en se coupant la main. Combien de gâteaux européens ont un nom attaché à une légende romaine, mérovingienne ou gauloise ? 

          L’origine macabre de ces petites mains en chocolat – désormais déclinés en biscuit – est plus récente. Leur histoire se rattache directement aux mains des nègres que les colons belges du roi Léopold II coupaient en guise de punition dans son « Etat indépendant du Congo » ! Afin de s’assurer que les surveillants de la récolte du lait de caoutchouc utilisaient bien les balles pour traquer les paysans qui refusaient les travaux qu’on exigeait d’eux – au lieu d’aller chasser des animaux pour se nourrir – on leur demandait de justifier chaque coup de feu tiré par une main coupée. Résultat, ces surveillants tuaient des hommes et ramenaient leur main droite coupée ; et quand les balles avaient servi pour tuer des animaux, ils amputaient des vivants. Forcément, avec une telle pratique, au Congo, « la population baisse ; On raconte qu’une fois, on amena à Fiévez en un seul jour 1308 mains. 1308 mains droites. 1308 mains d’homme » (Eric Vuillard, Congo, p. 66, éd. Actes Sud). Les photographies de ces mains coupées, vous pouvez les voir aujourd’hui sur Internet.

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          Messieurs les Belges, vous aimez bien les petites mains nègres ! Ce cannibalisme était à l’origine une façon de montrer votre toute puissance, votre supériorité ! Vous pouvez sans vergogne continuer à manger des mains nègres de génération en génération pour montrer votre domination. Cependant, de grâce, n’inventez pas des mensonges pour vous donner bonne conscience. Les nègres seront là pour vous rappeler la vérité de génération en génération ! Bon appétit, messieurs les cannibales !

 

2. Les têtes de nègres  

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          Une autre étrangeté de la pâtisserie européenne, ce sont les « têtes de nègres » françaises. A chaque peuple son histoire avec les Noirs : les mains pour les Belges, les têtes pour les français. 

          Ici non plus il n’est pas nécessaire d’aller chercher une origine romaine au nom de ces boules de chocolat que vous proposent les pâtissiers. Certes, quand on remonte dans le passé, on découvre que les Romains avaient coutume de couper les têtes puis de les placer sur des pieux pour ensuite les exposer sur une place publique en signe d’exemple de châtiment auquel s’exposent tous ceux qui contreviendraient à leurs lois.

          Pendant la colonisation de l’Afrique, les Français se souviendront de cette pratique romaine

Tête de nègre

et l’appliqueront sans vergogne et sans retenue. Par malignité ou par une sorte de plaisanterie, ces têtes aux cheveux crépus vont devenir des petites boules en chocolat. C’était bien amusant ; même pour ceux qui ignoraient l’évocation macabre de ces gâteaux. Aujourd'hui, un débat est ouvert sur un éventuel changement de nom. Forcément, certains sont pour et d'autres contre. 

          « Une tête de nègre, s’il vous plaît ! » Ben quoi ? Ce n’est qu’un gâteau ! On n’a plus le droit de prononcer le mot nègre ? Ben si ! Mais au moins, sachez bien ce que vous dites. Les mots et les choses ont une histoire. Cannibale, va !

Raphaël ADJOBI

 

                             

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04 septembre 2012

L'armée française assure l'intérim du président des Ivoiriens

                L'armée française assure l'intérim

                       du président des Ivoiriens       

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01 septembre 2012

Sexe, harems, haras et esclavage des nègres Outre-Atlantique

        Sexe, harems, haras et esclavage des nègres

                                        Outre-Atlantique

                                          (par Raphaël ADJOBI)

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            D'une façon générale, dans la conscience populaire européenne, le harem évoque l'Orient et la liberté sexuelle des sultans, des rois et des princes. En d'autres termes, le pouvoir sans conteste du sexe fort sur le sexe faible ! Aussi, le mot et les images qu'il évoquait ont généré en Europe toute une littérature et des oeuvres artistiques des plus fantaisistes. Une véritable débauche de fantasmes sexuels masculins dont il serait difficile aujourd'hui de faire aisément la somme. Grâce à la littérature, on peut découvrir en ce XXIe siècle que la traite atlantique a offert aux Européens l'occasion de satisfaire les fantasmes qu'ils cachaient sous le vernis de l'art. 

            Il importe, avant toute chose, de connaître les gestes qu'accomplissaient les acheteurs d'esclaves au moment de prendre possession de leur marchandise. Précisément quand il s'agissait d'esclaves mâles.  N’est-il pas vrai que chacun de nous pense tout de suite à la vérification de la dentition et l'apparence physique du captif ? C’est, en effet, ce que nous montrent tous les livres d’histoire. Eh bien, les connaisseurs ne se limitaient pas à cela. Selon eux, le goût de la sueur du nègre permettait d'apprécier sa santé. Aussi avaient-ils coutume de s'en imprégner le doigt puis le porter à leur langue. Deuxième geste qu’ils ne négligeaient sous aucun prétexte : tâter les parties intimes du nègre. Cela leur permettait de vérifier s’il n'avait pas été l’objet de quelque mutilation. De nombreux individus ayant subi l'ablation de leur sexe par les arabes parce qu'ils voulaient en faire des eunuques ont, par la suite, fui ou été abandonnés. Il fallait donc s'assurer que la marchandise était entière. Imaginez l’humiliation que cela constitue pour tout homme ; surtout quand le geste est accompli par une femme ! 

            Compléter sa fortune en faisant de son esclave un étalon reproducteur que l’on peut louer à telle ou telle plantation était une pratique connue de tous les colons (Voir dans Belovedde Toni Morrison P. 135-136 ; p. 198 et 315 . éd. 10/18 ). Violer les esclaves noires, les séquestrer dans des cachettes pour abuser d'elles en temps voulu, les entretenir comme concubines dans des habitations loin du regard de leurs épouses, étaient des pratiques ordinaires des colons que l'on retrouve çà et là dans les littératures caraïbéenne et américaine. Presque toujours, les enfants nés de ces unions étaient vendus vers l'âge de 9-10 ans ; une façon aussi pour le maître de les éloigner afin de ne pas ternir sa réputation.

XVIII e siècle 0013

    

            Comme l’appétit vient en mangeant, « certains colons du Brésil - remarque le cubain Lino Nova Calvo, en 1933 dans Pedro Blanco, el Negrero, - avaient (…) découvert que des enfants obtenus de ces unions avec de bons spécimens de négresses s'avéraient extrêmement beaux, au point que de riches brésiliens se les disputaient » (Le Négrier roman d'une vie ; traduction française publiée en 2011). Dès lors, ils décidèrent d'avoir le plus d'enfants possible avec des Noires et de les vendre. Très vite la nouvelle pratique se répandit dans toute l’Amérique latine et dans les îles Caraïbes. Plutôt que d'acheter des esclaves mâles pour leur force de travail, des colons se mirent à acquérir des filles noires pour les ensemencer eux-mêmes ! Ainsi naquirent les premiers haras humains. 

            Voici ce qu'écrit Lino Nova Calvo, à propos d'un des colons qui tenait ce type d'établissement : « Il se lança dans des opérations de croisements et obtint des espèces rarissimes, dont il tirait des femmes qu'on lui payait à prix d'or. » Mais comme le génie de l'homme ne connaît pas de limite quand il est aiguillonné par la cupidité, les propriétaires de ces haras vont perfectionner la marchandise. Un bel esclave métissé qui maîtrise un métier vaut forcément encore plus cher.  L'écrivain cubain dit donc du même colon : « Son établissement comprenait des écoles où il préparait la progéniture à différentes fonctions. Il élevait des cochers, des demoiselles de compagnies, des houris, des éphèbes, des danseuses, tout ce qu'on lui demandait ». Remarquez que l'auteur ne dit pas "sa progéniture" mais "la progéniture" afin de montrer l'absence de tout sentiment paternel dans cette entreprise industrielle. Voilà la réalité que vivaient certaines contrées de l'Amérique comme le Brésil où l'on compte un très grand nombre de personnes métissées. 

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            Poursuivons avec Lino Novas Calvo : « Beaucoup d'Anglais vivaient de ça [...]. Dans leurs îles, ils avaient des pépinières où ils élevaient ces belles créatures pour les harems hollandais. Ils avaient des haras d'hommes aux yeux bleus et aux corps de palmier, dont ils sélectionnaient la semence pour les croiser avec des mulâtresses, choisies elles aussi, et qui donnaient des sirènes. » Vous savez désormais d'où vient la ferme croyance selon laquelle une seule goutte de sang noir suffit à faire de n'importe quel Blanc un nègre. Dans L’autobiographie d’une esclave de Hannah Crafts, nous avons l’exemple édifiant de la veuve blanche d’un colon menacée par son notaire de révéler sa goutte de sang nègre s’il n’obtenait pas ses faveurs.  

            Tous les enfants - filles ou garçons - nés de ces unions industrielles entre les Blancs et les négresses devenaient donc très utiles dans tous les domaines et étaient très recherchés. Les filles métissées servaient souvent de concubines ou d'amantes et rendaient follement jalouses les épouses des colons. C'est encore dans Autobiographie d'une esclave d'Annah Crafts (Petite bibliothèque payot, 2007) que le lecteur trouvera le plus bel exemple. Mais les femmes de leur côté savaient aussi tirer profit de ce commerce. C'est, dit Lino Novas Calvo, dans ces haras que les grandes dames du Brésil, de Guyane et d'ailleurs venaient chercher leurs amants. Voilà ce qu'il dit en particulier des veuves : « Il y avait alors beaucoup de Hollandaises en Guyane. Certaines devenaient veuves jusqu'à six et même sept fois. Des femmes louves. Elles étaient plus résistantes que les hommes et vivaient vieilles. Il y en avait qui héritaient de nombreux maris et qui se retrouvaient avec un important personnel de nègres triés sur le volet. Des harems d'hommes déguisés ». En clair, des femmes blanches s'offraient plusieurs amants nègres. De toutes les façons, « la loi punissait sévèrement l'infidélité d'une femme avec un Blanc, mais elle fermait les yeux quand la femme du maître forniquait avec ses esclaves », conclut-il. 

            Le sexe, vous n’y pensiez certainement pas quand il vous arrivait de parler de l’esclavage. Alors cher lecteur, retenez pour votre gouverne et une fois pour toute ces paroles de l’esclave métisse Hannah Crafts, l’auteur de L’autobiographie d’une esclave : « Ceux qui s’imaginent que les plus grands maux de l’esclavage résident dans la souffrance physique n’ont pas une idée juste ou rationnelle de la nature humaine ». C’est dans la réglementation de la sexualité des esclaves par les Blancs, dans les humiliations publiques ou privées qui y ont été attachées qu’il faut aller chercher le vrai crime de l’esclavage. Ce sont ces humiliations sans retenue qui ont contribué à la négation du nègre au point d’en faire un animal ou un meuble.  Et pour comble de tout, cet animal ou ce meuble se transmettait de génération à génération ! Ce qui fait dire à Hannah Crafts que « le plus grand fléau de l’esclavage, c’est son caractère héréditaire. » Ainsi, le crime de l'esclavage était parfait !

Raphaël ADJOBI       (Pour contacter l'auteur du blog, cliquer sur sa photo)

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25 août 2012

Ouattara "a perdu le volant" de la Côte d'Ivoire, ou Quand le peuple découvre les porteurs du trône du préfet

Dramane Ouattara "a perdu le volant" de la Côte d'Ivoire

    ou Quand le peuple découvre les porteurs du trône du préfet

Dramane A           Lire l'article ici

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20 août 2012

Catfish, une histoire de combats, de liberté et de courage (de Maurice Pommier)

                                                 Catfish

        Une histoire de combats, de liberté et de courage

                                     (de Maurice Pommier)

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                       Voici un livre qui ravira les collégiens ! Un livre qui séduit d'abord par sa présentation : cartonné, large (format bande dessinée) et plein de belles illustrations - souvent pleine page - accompagnant le texte écrit en caractères suffisamment gras pour ne pas obliger le lecteur à écarquiller les yeux. Le récit est l'histoire d'un petit garçon qu'un vieil esclave d'Amérique du Nord a, un jour, trouvé dans la porcherie dont il a la charge.

            Le vieux George, qui comptait finir sa vie d'esclave sans plus d'histoire, est donc obligé de s'occuper de l'éducation d'un petit inconnu qui ne parle même pas. Selon la volonté de son maître blanc, l'enfant sera baptisé ; il s'appellera Scipio et apprendra toutes les corvées de la plantation pour être un bon esclave. Très vite, l'enfant et le vieil homme deviennent inséparables. Et quand Scipio retrouve l'usage de la parole, c'est avec fascination que le vieux George écoute les mésaventures qui l'ont conduit des Antilles à la porcherie de son maître. A son tour, sous l'insistance de l'enfant, le vieil homme lui raconte les conditions de sa capture en Afrique puis le voyage jusqu'aux côtes du Nouveau Monde. Deux récits qui plongent le lecteur non seulement dans les conditions de la traite mais aussi celles du travail épuisant et parfois dangereux des esclaves noirs.

            Cependant à cette époque, on ne passait pas son temps à se raconter des histoires. Le travail n'attendait jamais ! Comme Scipio est très habile de ses mains, il sera placé chez le tonnelier Jonas, un ancien esclave blanc, que la misère a entraîné en Amérique avec ses parents alors qu'il était enfant. Scipio - appelé Catfish par un vieil apprenti noir (vous saurez pourquoi en lisant le livre) - va donc grandir en apprenant à fabriquer des tonneaux et des barriques pour l'exportation du tabac vers l'Europe. Un vrai métier, un métier de blanc, selon le vieux George. 

            Malheureusement, un jour, Jonas, l'ancien esclave blanc, est obligé de quitter précipitamment son employeur. Il emmène Catfish avec lui. Ensemble, ils vont çà et là proposer aux planteurs leurs services. Mais c'est alors qu'éclate la guerre entre les colons et le roi de leur pays d'origine, l'Angleterre.

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            Ce livre allie excellemment l'histoire et l'aventure. Au-delà de la traite négrière et de l'esclavage avec les atrocités et les souffrances qui en découlent, c'est l'histoire de la naissance des Etats-Unis d'Amérique que les jeunes lecteurs découvriront ici. Ils apprendront comment des européens devenaient esclaves en Amérique, comment les esclaves blancs et noirs obtenaient leur liberté, comment était la vie dans les campagnes au moment de la guerre d'indépendance des Etats-Unis. Un livre très instructif mais écrit comme un roman d'aventure et non pas comme un livre d'histoire. C'est exactement ce qui le rend passionnant et fera sûrement son succès auprès des enfants dès la première année de collège. 

Raphaël ADJOBI

Titre : Catfish, une histoire de combats,                                                                                                  

            de liberté et de courage, 84 pages

Auteur : Maurice Pommier

Editeur : Gallimard Jeunesse, 2011 (20 euros)

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