Lectures, analyses et réflexions de Raphaël

Vous trouverez ici des comptes rendus de lectures livresques concernant essentiellement l'histoire des Noirs d'Afrique et celle des Afrodescendants des Amériques et d'Europe. Les actualités de la diaspora africaine ne sont pas oubliées.

17 septembre 2009

Le Gabon, l'Afrique francophone et la démocratie

                          Le Gabon, l’Afrique francophone

 

                                         et la démocratie

 

Carte_du_Gabon

 

           Les récentes élections présidentielles et les affrontements qu’elles ont engendrés nous obligent à une sérieuse réflexion sur l’idée que nous nous faisons de la démocratie en Afrique et les moyens à mettre en œuvre pour la réussir.

            Afin de faciliter la compréhension de la démarche que je vous propose, éliminons momentanément la pieuvre Françafrique et retrouvons le socle nu de la chose gabonaise et africaine. Dès lors, posons-nous ces quelques questions : le peuple gabonais, dans sa majorité, était-il désireux de tourner la page de la famille Bongo ? Les leaders de l’opposition au régime qui a toujours dirigé le pays désiraient-ils sincèrement un changement du mode de fonctionnement et de gouvernement de l’état ?

            A la première question, on peut répondre sans hésiter par l’affirmative au regard  des totaux des voix de l’opposition. A la deuxième, je suis bien obligé de répondre par la négative. Car, quoi ? Malgré des années d’opposition, les adversaires d’Omar Bongo n’ont-ils jamais pensé à la nécessité d’une coalition pour affronter celui que tout le monde savait qu’il serait l’héritier du père ? 17 candidats, drainant chacun ses partisans - et donc en rangs dispersés - à l’assaut d’un pouvoir qui semblait déjà détenu par Ali Bongo, voilà le spectacle qu’il nous ont offert. Signe que cette opposition n’était point sérieuse et donc absolument pas crédible. En privilégiant l’égoïsme et l’opportunisme, elle a démontré que le seul objectif qu’elle poursuivait était s’asseoir sur le trône du roi afin de jouir à son tour des honneurs et de tous les autres avantages attachés à cette fonction. S’il s’avère qu’ils ont été loyalement battus (malgré quelques tricheries), les opposants ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes.

            Mais dans cette entreprise électorale, un autre maillon incroyablement faible a été la commission nationale chargée de sa gestion. Qu’il y ait des fraudes dans une élection d’une telle importance n’est nullement un signe de sous-développement puisqu’elles sont courantes sous tous les cieux. Mais que la commission électorale ne soit pas capable de juger de l’ampleur de la fraude pour invalider le vote de telle ou telle circonscription ou pour déclarer l’invalidité des élections pour fraude généralisée est la preuve même d’une incapacité à assumer une charge dans une structure qui se veut démocratique. La commission électorale gabonaise a-t-elle joué la transparence ? A-t-elle pris toutes les dispositions pour que le doute ne soit pas jeté sur son action ? La clarté et la fermeté à ce moment crucial d’une élection sont absolument nécessaires. A ce sujet, je voudrais saluer ici l’intégrité de la commission électorale de la Côte d’ivoire lors des élections de 2000 au cours de laquelle son président a refusé de se plier aux injonctions du pouvoir du général candidat, l’obligeant à s’autoproclamer élu avant d’être chassé par la rue.Gabon_les_3_pr_tendants

            Ce qui manque en effet à la base des élections troubles africaines, c’est cette assise solide des institutions. Mais je reconnais qu’avant d’être l’œuvre du temps, cette solidité doit avant tout être l’œuvre de la ferme volonté de quelques individus capables de faire abstraction de leurs intérêts personnels pour se sacrifier sur l’autel des idées républicaines. C’est par la volonté des hommes que commence la force des institutions. L’habitude ou le temps ne fait que leur donner la respectabilité nécessaire à leur ancrage dans le paysage politique d’une nation.

 

Le poids de la relation avec la France

            Mais voilà que dans le cas de l’Afrique francophone, un joug pèse lourdement sur les événements politiques et les font apparaître comme la chaleur d’une marmite qui tente vainement de se débarrasser de son couvercle pour laisser voir la réalité de son contenu. L’Afrique francophone est aussi malade de sa relation excessivement exclusive avec cette France dont les institutions interdisent à son peuple et à ses élus d’avoir un droit de regard sur ce que son président et ses hommes d’affaire font sous d’autres cieux. Ce qui autorise une manipulation sans borne de l’opinion publique via les médias.

            Un fois n’est pas coutume. Alors qu’elle a fermé les yeux devant le pétrissage des institutions ivoiriennes dans le giron chiraquien sur les bords de la Seine, alors qu’elle est restée muette devant les images des urnes togolaises en fuite sur les épaules des militaires, la presse française cette fois n’a pas hésité à montrer du doigt la nébuleuse Françafrique qui a accentué l’opacité des élections gabonaises à travers les propos de ses multiples intervenants. Voilà qu’on ose enfin déclarer publiquement qu’un ministre français a été « proprement viré » par Omar Bongo, le président défunt. Voilà qu’elle juge que les saccages des biens français au Gabon sont le résultat du mécontentement populaire à l’encontre de l’attitude de la France qui est très loin d’être impartiale.

            Profitons donc de l’occasion pour enfoncer le clou et apportons des éclaircissements à deux affirmations récurrentes dans les propos publics français. Ici, je requiers l’attention des lecteurs français.

L’Afrique francophone n’est pas un boulet pour la France mais un marché d’exploitation et d’exportation ! Le sous-sol de l’Afrique francophone n’est pas pauvre ; bien au contraire il permet aux voitures des français de rouler, à leurs avions de voler et à leurs usines de tourner ; sa population est grande consommatrice de produits français permettant de préserver des emplois ; son espace est un champ d’investissements pour les entreprises françaises privées comme publiques (ce  n’est point dans les pays déjà développés que l’on investit !). La pauvreté de l’Afrique est donc une occasion de richesse pour la France. Il est connu que ce sont les pauvres qui entretiennent les maisons des riches ; sans eux, le désordre s’installerait dans la demeure. Qu’est-ce qu’un châtelain sans les pauvres serfs ?

Aussi, il est incorrect de dire que l’Afrique francophone n’est rien sans la France ; il convient plutôt de dire que la France n’est rien sans l’Afrique francophone. La chute de celui qui est plus proche du sol est moins douloureuse que celle de celui qui est juché sur un piédestal. Il y en a qui peuvent se contenter de rien et d’autres incapables de se contenter de peu. La France est ainsi dans l’incapacité de lâcher prise par peur de sa propre chute. Et pourtant un autre rapport entre elle et ses anciennes colonies est possible pour qu’il n’y ait pas à proprement parlé de chute pour ses affaires. Mais la peur est maîtresse de bien des maux infligés à ceux qui vous l’inspirent. Le commun des africains sait aujourd’hui que quand un pays Européen lâche un pays du tiers-monde, il s’entend avec ses amis au sein de l’Onu pour mettre le pays rebelle sous embargo afin de ruiner toutes ses chances de développement loin du giron néo-colonial. On tue en quelque sorte pour l’exemple, pour obliger les autre pays pauvres à se tenir tranquilles. Les cas de la Guinée de Sékou Touré et de Cuba de Fidel Castro ne s’effaceront jamais de nos mémoires.

  La démocratie dans les pays francophones dépend donc dans sa forme – c’est à dire dans la structure de ses institutions et de leur maniement - des africains eux-mêmes. Mais elle ne peut atteindre son objet qui est le développement dans une gestion libre de l’économie que lorsque les relations avec la France seront défaites de l’opacité du joug françafricain. Malheureusement, les interférences entres les intérêts du joug françafricain et la vie politique de ces nations sont telles que l’entreprise démocratique s’avère une véritable épopée avec les soubresauts que nous connaissons.

 

Raphaël ADJOBI

Posté par St_Ralph à 20:41 - Actualités Monde - Commentaires [19] - Permalien [#]

Commentaires

    Les USA : 1er partenaire commercial de l'Afrique

    La France perd inexorablement du terrain...
    Actuellement le 1er partenaire commercial de l'Afrique c'est les USA suivis de la Chine puis de la France.
    Voir lien : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/afrique-subsaharienne-decolonisation-mondialisation/eldorado-africain.shtml
    La Chine (20 x plus d'habitants que la France) importe d'Afrique le 1/3 de son pétrole, alors que la France en importe que 15,7% de ses besoins !
    Quant au total des exportations françaises vers l'Afrique il est de 5,5% incluant l'Afrique du Nord.

    Très bon article par ailleurs.

    Cordialement

    Posté par Alenya, 18 septembre 2009 à 16:09
  • L'éléphant rose

    Ali Bongo, fils et héritier de son père et de la françafrique a été fait président officiel mais illégitime du Gabon par le même procédé que pour sa désignation comme candidat du Parti prétendumment démocratique gabonais. Le hold up. La Cour suprême, instance du régime vieux de bientôt 50 ans qui dirige le pays, s'est empressé de publier des résultats que n'ont pas entérinés les opposants au prince, membres de l'organisme de gestion de l'élection. Des présidents de bureaux de vote ont été forcés de signer des procès verbaux différents de ceux qui avaient été entérinés par les représentants de l'opposition au sortir des bureaxu de vote. Voilà la vérité d'une spoliation. L'éventuel candidat unique de l'opposition n'aurait rien changé à une issue décidée d'avance. Il aurait juste poussé le régime à grossir le trait de la tricherie.
    Au delà de ce cas, la quête récurrente en Afrique(francophone notamment) de l'éléphant rose qui, en tant que candidat unique de l'opposition, permettrait de vaincre le candidat du système, est non seulement irréaliste mais aussi à ne pas souhaiter. Irréaliste parce les politiques sont des êtres humains parfois mus par les projections qu'ils font de leur petite personne. Ils se pensent presque toujours en leaders les plus qualifiés. C'est très humain mais c'est comme ça. Demander que tous s'effacent pour un est donc voué à l'échec.
    Cette quête n'est même pas souhaitable parce qu'enfin l'idéal pour nos nations est d'enfin sortir de cette relation de vassalité à la France, à penser enfin nos sociétés en fonction de nos quêtes et de nos aspirations. Au delà du caractère monarchique de la succession qui se dessine au Gabon, je doute qu'il y ait une différence réelle entre Bongo et Mba Obamé ou Oyé Mba. Je veux dire une différence de l'ordre de quelque chose qui pourrait s'approcher de la construction d'un système qui penserait ses problèmes de manières autonome. Je veux dire que Bongo contre Obame ça ne serait pas une personnanlité contre un régime; juste un combat ed coq dans une arène. Une lutte peut-être âpre pour diriger le même régime!

    Posté par segou, 19 septembre 2009 à 16:54
  • Le diable qu’on connaît déjà...

    Merci pour réquisitoire exhaustif et cinglant, qui n’a pas épargné les soi-disant opposants ne visant qu’à « s’asseoir sur le trône du roi ». Je pousse la réflexion plus loin : au moins Ali Bongo, déjà assis sur le trône du roi, n’a peut-être plus besoin de voler le pays. Ces opposants ne visaient qu’à gonfler leurs portefeuilles. Les Gabonais ont, à mon avis, été épargnés par le sort— triche ou pas triche lors de ce scrutin. Qu’on pense à la catastrophe qu’aurait été l’intronisation de ces assoiffés de pouvoir et d’argent ! Car mieux vaut traiter avec le diable qu’on connaît déjà…

    Posté par Alex Engwete, 19 septembre 2009 à 18:15
  • Étonnés?

    Désolé pour ceux qui sont surpris par le comportement des hommes politiciens (au pouvoir ou non en Afrique). Quelque soit leurs camps, jamais ils ne servent les intérêts des populations. Le jour ou les populations africaines trouveront les moyens de gérer leurs communautés et leurs cités, leur quotidien sans attendre quoi que ce soit de ceux qui détiennent un pouvoir dont ils ne savent pas se servir, on avancera. Les présidents, les dirigeants, les hommes politiques africains sont comme des mécaniciens d'avion qui se retrouvent à piloter cet appareil...

    Posté par Guy Mbarga, 20 septembre 2009 à 01:12
  • L'émergence de nouveaux.... / L'éléphant rose !

    @ Bonjour Alenya !

    Certes la France perd du terrain par rapport à l'émergencence en Afrique de nouvelles forces comme la Chine et les Etats-Unis. Mais malgré ses importations de l'Afrique appraremment maigres, personne ne sait avec exactitude le profit qu'elle tire de ce qu'on appelle le "pillage", c'est-à-dire tout ce qui passe discètement entre les mains de la France comme l'argent en espèce ou les exploitations non comptabilisées parce que personne n'a aucun regard là-dessus. Difficile d'évaluer le profit que tire la France de la Face cachée de ce que François-Xavier Verschave appelle la face cachée de l'ice-berg Françafrique. La différence semble tellement grande entre les chiffres officiellement annoncés et la réalité des faits que je préfère ne pas evaluer en terme d'argent. Une chose est sûre aujourd'hui, les pays africains francophone veulent avoir d'autres partenaires commerciaux que la France.

    @ Cher Segou,

    D'abord, je voudrais te dire que je ne suis nullement partisan d'un parti unique, même de l'opposition. Mais j'estime que quand on mène un combat, il est juste et bon de forger ses armes au regard de de la force adverse. Quand une coalistion s'impose, il faut avoir l'intelligence de la réaliser pour atteindre son but. Le contraire n'est que folie.
    Tu fais remarquer que dans tous les cas le parti au pouvoir fera tout pour gagner les élections. Je crois sincèrement que dans ce cas, la tricherie ne pourra qu'être plus visible. Et c'est ce que je recherche. Pour moi, il faut pousser les malhonnêtes à la faute de manière évidente.
    Ce que je refuse, ce sont les "gouvernements d'union". L'entente entre le parti au pouvoir et ses adversaires pour diriger le pays est la pire des choses que l'on puisse avoir dans un pays. La situation actuelle de la Côte d'Ivoire le prouve. Tout le monde est au pouvoir, personne ne gouverne, personne n'est dans l'opposition pour critiquer ce qui se fait ou faire d'autres propositions. Dans une telle situation, critiquer le pouvoir du président, c'est critiquer tout le monde.

    Posté par St-Ralph, 21 septembre 2009 à 19:01
  • Les mauvais pilotes...

    Bonjour Alex,

    La recherche du pouvoir, rien que le pouvoir finit par pousser à des attitudes incompréhensibles. Les deux principaux opposants étaient sans doute chacun très sûr de son étoile et surtout de l'impopularité de l'advesaire commun pour oser se passer l'un de l'autre !
    Comme je le fais remarquer dans ma réponse à Segou, il n'est nullement question de prôner le parti unique d'opposition mais de stratégie de combat politique. Ils ont montré qu'ils ne vallent pas mieux que l'adversaire. Comme le fait remarquer Guy, ce ne sont que des mécaniciens qui veulent piloter l'avion.

    @ Très heureux de te lire Guy !
    Un mécanicien ne s'improvise pas, en effet, pilote d'avion. Il faut non seulement en avoir les qualités mais aussi l'esprit.
    Je continue de suivre et de me passionner pour tes travaux.

    Posté par St-Ralph, 21 septembre 2009 à 20:34
  • La science est d'abord d'observation

    Cher Ralph!
    Je suis de formation scientifique. Et de la science, le premier mouvement est l'observation de laquelle découlent parfois des lois. J'observe qu'en politique comme en d'autres aspects de la vie humaine, dès qu'il y a foule, il y a volonté de la part de certains de dominer. Nécessité dans une certaine mesure, le leadership peut devenir improductif quand la culture ne définit pas/plus ce qu'il en faut pour prétendre au "titre". Une sorte de cahier des charges. Or donc qu'en Afrique, depuis que ni le duel physique ni la connaissance médicinale ni l'ascendance dans les sciences occultes ne servent plus au choix du chef - depuis l'intrusion coloniale occidentale - les peuples ont été dépossédés du droit de choisir leurs dirigeants. Suite à la défaite coloniale, les "métropoles" ont choisi les dirigeants jusqu'aux victoires tronquées des indépendances. Et depuis les années soixante, les marionnettes installées par l'ex colon ont banni le challenge aux positions dirigeantes. Résultat est leader aujourd'hui celui qui peut se construire une certaine visibilité, puisqu'aucun consensus social ne permet de le définir autrement. Le candidat unique de l'opposition est donc une idée irréaliste parce qu'humainement irréalisable. En outre avaliser une telle idée consisterait à niveler l'exigence d'alternative par le bas. Dans le cas du Gabon, tu fais une regrettable confusion: tu mêles opposition d'hommes et opposition de régime. Mba Obamé, ex grand ami d'Ali, Eyeghe Ndong dernier premier ministre de Bongo père ni Oye Mba (pour ne s'en tenir qu'à quelques ténors) ne peuvent raisonnablement passer pour alternative au régime PDGiste. Ce qui n'est pas le cas - laissons lui l'avantage de sa non implication dans ce régime scélérat - de Pierre Moumboutou. Est-il dès lors souhaitable de construire un attelage entre ce dernier et les précédents? Ma réponse est NON... Les premiers s'opposent à un ex ami. Le dernier, laissons lui le bénéfice du doute et de sa virginité dans le gestion de son pays durant les 4 dernières décennies, est un espoir d'alternative au régime PDG. Et puis comment comptes-tu éviter un gouvernement d'union si une coalition renverse un homme?
    @ Alex!
    Est-ce une boutade ou préfères-tu vraiment le diable de qui tu n'attends rien de bon?

    Posté par segou, 21 septembre 2009 à 23:12
  • Bonjour St ralph

    Permettez que je vous cite au sujet de la France : >> " malgré ses importations de l'Afrique apparemment maigres, personne ne sait avec exactitude le profit qu'elle tire de ce qu'on appelle le "pillage", c'est-à-dire tout ce qui passe discrètement entre les mains de la France comme l'argent en espèce ou les exploitations non comptabilisées parce que personne n'a aucun regard là-dessus. Difficile d'évaluer le profit que tire la France de la Face cachée de ce que François-Xavier Verschave appelle la face cachée de l'ice-berg Françafrique. "
    -----------------------------

    Hélas, toutes les tractations commerciales sur cette planète ont une face cachée et n'en doutons pas une seconde, il existe une Chinafrique et une Américafrique. Le dénommé F-X Verschave ne parle que de ce qu'il a fouillé dans notre belle France, il ne peut à l'évidence enquêter sur la Chine un pays n'ayant pas encore atteint le statut de démocratie et aura beaucoup de mal aux USA qui, pour imager, sait fermer à double-tour les portes des couloirs.

    La France descendra encore dans le classement des pays faisant commerce avec l'Afrique subsaharienne dans les 10 ans à venir. L'Inde s'invite et la Chine va bientôt prendre la première place.

    C'est surtout AfricaMaat qui parle de pillage de l'Afrique par la France oubliant au passage que des sociétés françaises implantées comme Total, France Télécom, Bolloré et d'autres sont privées et payent des impôts à la France et aussi des royalties aux pays qui les accueillent sur leur sol et probablement aussi quelques pots de vins à leurs dirigeants ??? Ces multinationales n'ont aucun compte à rendre au Gouvernement français et preuve en est que Sarkozy ne peut pas faire descendre le prix de l'essence à la pompe malgré des menaces envers Total.

    "AfricaMaat" dans son rejet de tout ce qui est français, a perdu - à mes yeux - du crédit en salissant Senghor juste parce qu'il aimait la France. Senghor, l'ami de Césaire, grands poêtes tous les deux...
    A noter que Césaire sa vie durant a veillé à conserver la Martinique dans le giron de la France où il l'avait lui même placée en 1946, et - c'est mon avis - il n'aurait pas approuvé les récents mouvements qui ont secoué "son" Ile.

    Excusez-moi si j'ai été un peu long.
    Cordialement.

    Posté par Alenya, 21 septembre 2009 à 23:48
  • @ Alenya
    Qui vous en voudrait d'être long? Mais tâchez au moins d'être dans le sujet et de ne pas confondre d'espace. On n'est pas sur AfricaMaat. Votre propos manque donc vos contradicteurs.

    Posté par segou, 22 septembre 2009 à 07:53
  • Vivre l'éthique de la responsabilité

    Raphaël,
    Ta réflexion sur la situation géo-politique africaine est tout à fait réaliste. En même temps, elle doit être l'occasion pour nous de nous poser cette question : Quelle Afrique voulons-nous ? Car c'est bien de faire, quotidiennement, le procès de ceux ou celles qui hypothèquent notre bond vers le développement et vers la prospérité.
    Mais, sachons-le définitivement, nous sommes la clef et le verrou de notre avenir. Pour cela, il nous faut vivre cette exhortation à une éthique de la responsabilité. La conduite irréprochable de chacun (tant dans sa vie professionnelle que dans sa relation avec le corps social) peut être source de grands changements (...) Le sommet peut et doit changer à condition que nous soyons habités (tous) par une conviction inébranlable et rédemptrice pour nos populations qui ne cessent de souffrir au quotidien. La fatalité doit être combattue : elle sape notre aspiration à un meilleur futur.
    Bien à toi,
    Guillaume

    Posté par Guillaume Camara, 22 septembre 2009 à 15:40
  • De l'erreur...

    Cher Segou,

    Sans doute que j'ai commis l'erreur d'ignorer le passé de certains leaders de l'opposition gabonnaise. Les amis d'Ali Bongo passé dans l'opposition te semblent mener une lutte de personne plutôt que politique.

    Pour ma part, je me suis exprimé en m'inscrivant dans une configuration qui se veut une généralité où tous les partis s'opposent à une seule et même personne. Aux dire des manifestants et des perdants qui crient à la fraude, c'est sur le nom de famille du vainqueur que se concentrent leurs imprécations. Aussi, je me dis que c'est avant qu'il faut savoir le but que l'on veut atteindre.

    Tu remarqueras, mon cher Segou, qu'en raisonnant de la sorte, on finit parfois par donner au combat politique un sens qui n'est d'autre qu'un désamour pour une personne. Mais dès lors que le verdict se passe dans les urnes, doit-on s'interdire cette façon de concevoir le combat politique ? Pour moi, la coalition qui renverse un homme aura pour opposant cet homme et ses partisans et certainement une grande partie de ses électeurs (avec plus tard, un nouveau leader). D'autre part, il n'est jamais dit que cette configuration est immuable. Les choses bougent sans cesse et elles bougeront. C'est d'ailleurs pourquoi j'attache beaucoup d'importance aux poids des institutions. C'est, je crois, le premier combat que doit gagner l'Afrique.

    Posté par St-Ralph, 22 septembre 2009 à 22:31
  • Ce qui n'est certainement pas comptabilisé...

    Bonjour Alenya,

    Si j’avais trouvé que pour les besoins de la France les chiffres de ses importations d’Afrique (15,7 %) et de ses exportations vers ce continent (5,5 %) sont trop maigres, c’est sincèrement ce que je pense au regard de la réalité du pays et de mes lectures qui confirment certains de mes sentiments.
    Je constate que dans toute l’Afrique francophone, les sociétés françaises (publiques et privées) ont le monopole des travaux des routes, de l’équipement en matière d’électricité, de l’eau et du secteur de la téléphonie. Je me limite à ces quatre secteurs et je dis que je ne crois nullement que ces travaux qui sont facturés aux pays francophones depuis leurs indépendances sont comptabilisées dans les chiffres cités plus haut.
    Or, ce monopole est sans doute la plus belle prise néo-coloniale de la France qui l’oblige à se battre contre tous les leaders africains qui prônent une ouverture de ces marchés aux autres puissances étrangères et notamment aux pays émergeants. C’est pour ne pas perdre ces exclusivités qui n’entrent pas dans les exportations mais qui représentent un trésor inestimable que la France finance les coups d’état ou soutient les pouvoirs qui lui sont favorables. Quiconque parle de révision de ces vieux contrats est mal vu. Même les sociétés privées agissent au-près de l’état français auquel elles paient des impôts pour qu’il défende (par les armes si possible) leurs intérêts en terre africaine.
    Les Etats-Unis ou la Chine peuvent exploiter des gisements de pétrole ou de fer à des endroits différents d’un même pays. Cela semble plus facile à faire parce que c’est chaque fois des recherches nouvelles. Mais céder du terrain sur ce sur quoi elle a la mainmise depuis l’époque coloniale lui semble inacceptable. C’est pourquoi, au plus fort de la guerre en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens ont rendu public le document d’un accord signé entre la France et les E.U pour se partager les domaines d’exploitation du pays : aux E.U le sous-sol et à la France tout ce qui se rapporte à la surface qu’elle détient déjà. Voilà comment on peut s’entendre pour traire la vache.
    Le pillage de l’Afrique ne se limite donc pas seulement à une exploitation abusive et à une importation à moindre frais des produits africains. Inutile de parler longuement des objets d’art volés en Afrique et qui rapportent des milliards aux pays européens via les musées. Aujourd’hui, pour se donner bonne conscience, certains affirment que c’est grâce à l’Europe que ces objets sont bien conservés. Comme si depuis des siècles les Africains les jetaient après usage.

    Moi aussi j’ai été long, très long. Mais j’espère ne pas avoir cassé l’intérêt de la discussion.

    @ Bonjour Guillaume,

    Je pense aussi qu'il est inutile de se borner à critiquer ceux qui sont au pouvoir en Afrique. Il convient en effet que tous ceux qui s'expriment dans les milieux africains d'Afrique et d'ailleurs et qui pensent faire partie des bâtisseurs de demain sur ce continent tirent de bonnes leçons de ce qu'ils voient, entendent et lisent.
    Oui, il convient que les jeunes soient non seulement mieux instruits des besoins matériels de l'Afrique mais aussi des besoins de changements au niveau des comportements.

    Posté par St-Ralph, 23 septembre 2009 à 19:12
  • Import-Export, les chiffres

    Bonsoir St Ralph,

    Désolé de vous contredire, le total des importations françaises d'Afrique est de 4,5%, ce chiffre que j'ai trouvé sur le site du 23è sommet Afrique/France, est confirmé par "Africamaat" (voir @@) dans son article sur "le pillage de l'Afrique par les entreprises françaises" et le total des exportations est effectivement de 5,5%.

    Par contre 15% des produits importés par l'Afrique viennent de France (qui est le 1er fournisseur de l'Afrique) et 10% des exportations de l'Afrique vont vers la France.
    Dans les exportations françaises et jusqu'à preuve irréfutable du contraire, tout est compris dont les matériaux de construction des routes, la téléphonie, l'équipement électrique, l'eau, etc...

    Tous les chiffres ci-dessus s'entendent pour l'Afrique dans sa globalité.

    Alors c'est vrai que vendre des produits de télécom c'est une chose et prendre les profits des télécoms c'est autre chose. Mais France Telecom est une Société privée et une société qui réalise des bénéfices hors de France n'est normalement pas tenue de payer des impôts à la France mais dans le pays où elle réside.

    On ne peut évaluer le total des oeuvres d'art volées, car la plupart des musées rachètent des collections privées qui contiennent des oeuvres inestimables.
    Ces oeuvres ont-elles été achetées, négociées, pillées (c'est-à-dire volées) par les amateurs privés qui en fin de vie revendent aux musées, on n'en sait rien. Mais en fait ce sont les tableaux qui "aspirent" les gens dans les musées et la plupart des grands peintres sont français ou résidaient en France comme Picasso l'Espagnol, ou Van Gogh le Hollandais...
    En conclusion et même si c'est pas tout à fait exact, on pourrait dire que les musées français font de l'argent en exposant des produits français.
    Il existe toutefois un "musée des arts premiers" pour l'Afrique inauguré par J. Chirac que je n'ai pas encore visité (j'habite loin de Paris).

    Cordialement.

    Alenya

    @@- ("Africamaat" rejette en bloc tout ce qui est français donc s'ils publient des chiffres, il doivent avoir vérifié... à noter que les auteurs d'"Africamaat" résident ... à Paris!!!)

    Posté par Alenya, 24 septembre 2009 à 00:02
  • Alenya

    Bonjour Alenya,

    Je ne crois pas qu'Africamâat rejette tout ce qui est français. Ils font une critique virulente des institutions françaises, des élites françaises qui copinent avec les princes africains sur les dos des Africains etc.mais de là à dire qu'ils rejettent tout ce qui est français, il y a un fossé que je ne franchirai pas.

    Obambé

    Posté par Obambé GAKOSSO, 25 septembre 2009 à 14:27
  • gabon

    Les dirigeant africain sont-ils si différent des peuples qu’ils sont censé leader ? – avons-nous les valeur, (nous les citoyens) , les valeurs que l’on aurait voulu voir chez nos leaders ?

    Combien d’africain riche ou pauvre ne sont pas corrompu, ne sont pas intègre dans leur tache quotidienne ?

    Avons-nous, en Afrique, prôner et promu l’intégrité, le courage, la compétence, le discernement, la générosité comme trait de caractère déterminant pour le choix de nos leader ?

    Ces traits de caracter sont –ils des valeurs encouragées par nos cultures ?...

    Les Gabon ont le président qu’ils se sont donné ou qu’ils n’ont pas su s’offrir –
    L’opposition dans sa division démontre l’importance qu’elle accorde à ses égoïstes desseins

    @st-ralph:
    gracias por su comentario sobre mi poste - no hablo español - yo puede leer poco pero i m no el mejor en él - soy un locutor mucho mejor inglés y francés.

    dios le bendice

    Olivier N’da
    http://dolindacafe.blogspot.com/

    Posté par olivier N'da, 25 septembre 2009 à 16:57
  • Africanisation de la démocratie

    Les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent. Les Gabonais ont décidé de poursuivre la destinée de leur pays en confiant la gérance à Ali Bongo, Fils de Bongo.Donc même Parti, même régime. Ont-ils pris en compte qu'un tel choix, perpétue la politique qui a jusqu'alors sévit au Gabon, entre le Gabon et l'ex-puissance Coloniale, car le fils en succédant à son père, (avec la bénédiction de la France) prend en héritage la charge de pérenniser la Françafrique? Et d'ailleurs combien d'électeurs Gabonais savent ce qu'est la Françafrique et les rouages de ce système?

    Les cas de fraudes signalées ne démontrent pas que le candidat Bongo n'aurait pas eu un score honorable sans cela ,étant donné que le scrutin se faisait à un tour.Bien au contraire.Un front d'opposition aurait contribuer à limiter l'ampleur de la tricherie ou la mettre à nu comme l'a expliqué st-ralph. De plus , on savait le fils "costaud" avec sa campagne pulvérisante sur les médias d'état, on le savait membre d'un gouvernement-monarchique dont il était "pressenti" à la succession de son "roi" de père lorsqu'il fut choisi par la direction du parti.Je pense que l'urgence ici, était de faire barrage à ce régime vieux de 40 ans par une coalition d'opposition, puis gérer par une cohabitation après la victoire. C'était la moins mauvaise des solutions. les résultats sont ceux qu'on connait aujourd'hui.

    Posté par Mohamed Billy, 25 septembre 2009 à 19:50
  • Les relations franco-africaine sans les chiffres

    Bonsoir Alenya,

    Sortons des chiffres et avançons des hypothèses et des questions pour une meilleure compréhension de la situation que les africains vivent et voient et dont le grand public français a déjà entendu parler.

    Si en ayant en main tout l'aménagegement du territoire de l'Afrique francophone depuis 1960 - construction de routes, de bâtiments publics, gestion des réseaux électrique et eau, des ports et tout ce qui touche à la communication, et la quasi-exclusivité (jusqu'à ces dernières années) du marché pour la vente de ses produits manufacturés - si donc malgré cela la France ne tire qu'un maigre avantage par rapport à la Chine et aux E.U, les nouveaux venus, alors on peut se demander :

    1. Comment comprendre que la chine et les E.U. qui n'ont pas cet espasce de domination et d'exclusivité voient en l'Afriqueun un immense trésor où ils annoncent des chiffres d'affaire plus élevés que la France ?

    2. Comment la France qui affirme n'être qu'au chevet d'une Afrique malade entretient-elle des armées là-bas, organise ou soutient des coups d'état pour le si maigre butin qu'elle annonce ?

    Ou la France joue à l'hypocrite en disant que la grande majorité des sociétés qui battent pavillon français et y travaillent sont privées et donc leurs bénéfices n'entrent pas dans les calculs bilatéraux (alors on comprend les chiffres) ou la face cachée de l'ice-berg Françafrique dont parle F-Xavier Versch. doit être extrêmement immense et son opacité insondable.

    Dans tous les cas, les actions de la France auprès des dirigeants africains et dans le paysage politique de l'Afrique francophone appuyées par ses armées cache de manière évidente quelque chose : ou sa présence militaire et ses immissions dans la vie politique des états africains visent à protéger les sociétés privées françaises (puisque l'état dit n'avoir qu'une maigre part de ce commerce), ou Chinois et américains sont plus doués en affaire que la France qui possède un monopole.

    François-Xavier Verschave dit avoir mis dix ans pour comprendre le fonctionnement et l'opacité des transactions de la Françafique via les paradis fiscaux. J'avoue être très loin de son expérience. Mais la disproportion entre ce sur quoi elle a la mainmise (et les moyens militaires qu'elle met en oeuvre pour la conserver) et les chiffres d'affaire qu'elle avance m'oblige à me poser les questions ci-dessus et à oser même des conclusions qui me semblent aller dans la logique des choses que même des journarlistes français conçoivent comme une évidence.

    Mais finissons par dire ce que de nombreux Africains et Français attendent de la France : que celle-ci entretiennent de vraies relations d'affaire avec les pays africains en acceptant le jeu de l'offre et de la demande. Quand les marchés africains ne seront pas obtenus par la force des armes et l'intimidation, alors, à l'image de la Chine et des Etats-Unis, la France n'aura pas besoin d'entretenir des armées pour sauvegarder ses intérêts quelque maigres soient-elles.

    Posté par St-Ralph, 26 septembre 2009 à 19:52
  • L'Europe n'est rien sans le tiers monde. Confirmation en image !

    Je soutiens toujours que c'est un gros mensonge que de croire que ce sont les pays africains qui vivent aux dépens de l'Europe. Je soutiens toujours que la France ne serait rien sans les pays francophones. Les preuves existent. Mais c'est le mensonge qui semble plus fort.
    Voici des extraits du film "La fin de la pauvreté". Le premier extrait confirme mes dires. http://alexengwete.afrikblog.com/archives/2009/12/22/16249295.html

    Posté par St-Ralph, 03 janvier 2010 à 05:25
  • Changer de système

    La Gabon , l'Afrique francophone , la démocratie et l'alternance .
    Trop facile de refuser d'engager la responsabilité aussi , des peuple eux même : A écouter monsieur J. CHIRAC ou monsieur N. SARKOZY a Dakar . Ces propos difficiles , oblige les intellectuels a une auto critique pour prendre la part de responsabilité qui revient a cette catégorie d'africains , a partir des indépendances, la caution aux partis uniques , la baule , les conférences nationales , le faux multipartisme , l'émergence proclamée partout . Ces africains formés a grand frais , par nos états pauvres . Cette élite corrompue et incapable a finit par détruire notre continent .
    Nelson MANDELA et sa lutte pour sont peuple, le discours de BARRACK OBAMA lors des obsèques de MADIBA , nous donnent l'espoir et la force de mobilisation pour refuser les spectacles électoraux de mauvais goût que nous imposent Ali BONGO et ses amis au Gabon .
    Merci

    Posté par Mouk', 21 décembre 2013 à 01:10

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